C’est bien une guerre…

C’est bien une guerre que nous menons contre la pandémie à Coronavirus, Macron avait raison

C’est bien une guerre en ce sens qu’elle perturbe totalement nos vies personnelles mais aussi la vie de l’ensemble de la nation, la vie économique, et que l’on ne peut pas échapper au contexte, ou que l’on se trouve.

C’est une guerre mondiale. Fuir pour se réfugier ou se mettre à l’abri dans un autre pays ne sert à rien. Soit il mène la même guerre, soit il ferme ses frontières pour s’en protéger.

C’est bien une guerre en ce sens qu’il y a des morts. La nouveauté, c’est que les militaires ne sont pas en première ligne. Ce sont les civils, c’est bien le peuple civil tout entier qui  peut être touché par la bombe (comme dans beaucoup de guerres, direz-vous), mais normalement les civils sont plus protégés que les militaires.

C’est bien une guerre parce qu’il y a des destructions. Ce ne sont pas des murs qui s’écroulent, ce sont des magasins, des activités, des entrerprises, des salles de sport, des cinémas. Sauf qu’on ne peut pas les laisser vivre, parce que la mort vient potentiellement de chez eux, c’est démontré. C’est même une guerre ou l’on ne peut plus aller prier son dieu personnel que ça finisse et qu’il protège sa famille, car la mort vient de tout lieu de réunion, y compris ceux des cultes.

C’est donc une drôle de guerre, une guerre bien différente des précédentes, celles vécues par nos parents, nos grands-parents ou nos ancêtres plus lointains

C’est une guerre dans laquelle la menace n’est pas la bombe tombant du ciel, mais un virus qui peut s’abattre sur tout un chacun sans prévenir, venant de n’importe où. C’est de cet ennemi invisible, pas identifiable sauf au microscope, que l’on doit, tous, sans exception possible et en permanence, se méfier et se protéger. Ce n’est pas simple de faire face à un ennemi invisible. Mais dans le cas présent, même si on est optimiste, ou pas compliant, ce n’est pas possible de faire comme s’il ne se passait rien.

C’est une guerre dans laquelle on se cache, comme dans toutes les guerres. Mais une guerre dans laquelle se terrer chez soi est, en pratique, la seule option utile et nécessaire au combat. Une guerre dans laquelle la résistance n’est pas un idéal, une guerre dans laquelle être résistant, ce n’est pas une lutte collective et secrète, ce n’est pas de l’action, mais au contraire c’est accepter l’inaction, accepter de moins partager avec les autres.

C’est une guerre dans laquelle résister vraiment, constitue en fait à collaborer activement ! En se pliant aux mesures préconisées, comme limiter ses relations sociales, protéger les proches de sa respiration en portant un masque même avec eux, comme avec tous. C’est une guerre marquée par la nécessité de ne pas s’approcher de l’autre, de ne pas toucher l’autre. C’est une guerre qui demande un gros effort personnel de la part de chacun. Avec en plus une certitude: ceux qui font ces efforts ne seront jamais considérés comme des héros.  

C’est une guerre qui fait de toute autre personne rencontrée un attaquant potentiel. L’autre, dès lors qu’ils est face à toi, même si c’est un proche, même si tu l’aimes, même si tu lui fais une confiance absolue en tout, la, maintenant, tu sais que tu ne peux ni ne dois lui faire confiance lorsqu’il est avec toi, car il t’apporte peut-être le virus, il est potentiellement ton ennemi sans lui-même s’en douter. L’autre devient porteur de mort éventuelle pour toi rien que par son souffle, qui est pourtant la chose la plus naturelle et indispensable que puisse avoir un humain.

Comme dans toute guerre, certains disent faire de la « résistance ». En réalité, dans la situation actuelle, résister, c’est obéir aux consignes. Ceux qui se disent résistants ne font rien pour résoudre le problème et finir la guerre au plus vite, le mot résistant n’est donc pas adapté. On dirait plutôt désobéissance, ou manifestation officielle de désaccord. Cela n’a rien à voir avec la véritable notion de résistance qui consiste, en vrai, à s’opposer à l’ennemi. Il y a différentes méthodologies chez ceux qui se disent résistants. La plus conne est d’organiser des réunions clandestines, une vraie déviance de la notion de clandestinité, si elle consiste juste à braver des consignes de sécurité et pas à lutter contre l’infection ! D’autres résistants utilisent l’arme de la parole et des réseaux sociaux, leur opposition se manifeste seulement par le fiel qui sort de leur bouche et de leurs écrits, critiquant sans relâche les actions entreprises, argumentant des données contraires à ce que dit la grande majorité des scientifiques. Ils allèguent entre autre, que ce n’est pas comme ça qu’il eut fallu faire, que c’est une gripette, que c’est un virus inventé, construit en labo, et finalement que c’est pas grave de voir les vieux mourir blabla on ne supporte plus la mort…
La aussi, il y a une certitude, c’est que aucun d’eux ne sera jamais considéré comme un héros une fois la pandémie derrière nous, mais plutôt comme un crétin qui a contribué à ce que cela se termine moins vite.

Et puis, il y a toute la cohorte de petits résistants, je nomme les résistants aux masques,. La grande cohorte silencieuse et perturbante de ceux qui mettent un masque, mais mal. Sous le nez… Et refusent de comprendre qu’ils respirent aussi par le nez. Ca fait un peu réaction infantile, comme celle des enfants qui se cachent les yeux et pensent qu’on ne les voit pas.
Souvent, ils justifient ce demi-masquage par « je ne peux pas respirer avec le masque ». Mais faire la guerre, c’est aussi cela, c’est être obligé d’agir contre son gré pour se défendre, et comprendre que se défendre comporte parfois une action que l’on n’a pas envie de faire, comme mettre correctement un masque, par exemple. Ce qui, au regard des contraintes advenues dans les guerres précédentes, au regard de ce qui se passe dans les innombrables guerres en cours sur la planète, est, reconnaissons le, un minime effort. Se couvrir la bouche ET le nez, voici l’effort demandé …

C’est aussi une guerre judiciaire. La liberté d’expression n’a pas souffert dans cette guerre. Elle permet à tout un chacun de pouvoir affirmer que les décideurs ont tout mal fait, ont tout faux et demander à ce que ce soit prouvé, y compris alors que la crise n’est pas terminée, y compris pour des décisions prises dans l’incertitude. Au lieu de cela, au lieu de se grouper pour affronter cette nouvelle forme de vie sociale perturbée, que font certains ? ils attaquent le gouvernement sur sa gestion de la crise. Ils n’attendent même pas que la guerre soit perdue ou gagnée. Ceux qui conduisent le pays dans ce contexte savent que dans tous les cas, pour eux, c’est au tribunal que cela se finira.  

C’est une guerre dans laquelle les gens ont trouvé, au début, des héros: les soignants. Ils avaient en effet tout de l’héroïsme, les soignants. Pendant 2 mois, la bataille de Mars à mai, toute la France enfermée, les soignants sacrifièrent leur vie personnelle pour soigner les malades, au péril de leur propre santé, car bien plus touchés que les autres par l’épidémie. On les a applaudis chaque soir, on s’est ému de leur mort dans les premières semaines, ces héros. Mais c’était l’enthousiasme du premier combat, celui dont on pensait qu’il serait le seul et permettrait de gagner la guerre. Hélas, la guerre est revenue, la bataille doit reprendre. Entre temps, certains soignants n’ont pas été irréprochables sur les ondes, alignant tant de point de vue différents et contradictoires, que la confiance en leur science a flanché et que ça s’est généralisé sur tous les soignants du front.  Du coup, les médecins, les infirmières, les aides-soignantes, sont maintenant redevenus de simple soldats, des travailleurs lambda, juste bons à soigner les autres, juste parce que finalement c’est leur métier, et ce qu’on leur demande c’est bien de défendre leur pays en soignant les gens, avec leurs armes oxygénées et intubatrices, mais plus de la ramener en se croyant des héros. Et tant pis s’ils sont épuisés, c’est leur métier de soignants, point.

C’est bien une guerre, notre guerre. La guerre de plusieurs générations qui n’en ont vécu aucune, qui ont grandi dans la paix. Sauf que ce n’est juste pas la guerre qu’on attendait, comme on avait appris à l’école que c’était.

C’est une guerre au cours de laquelle ce n’est pas le souffle des bombes qui tue, c’est le souffle, la banale respiration d’un autre humain.
Ce n’est pas le souffle des bombes qui tue, c’est l’absence de souffle du malade dont les poumons sont attaqués par le virus ….

4 commentaires sur “C’est bien une guerre…

  1. Bonjour, je lis attentivement depuis très longtemps vos publications dont j’apprécie le ton, les analyses et les remarques. Je voulais réagir sur le port du masque : notamment, le port du masque donné en exemple par les soignants. J’ai regardé sur France 5, la semaine dernière, le reportage tourné pendant le premier confinement à l’hôpital La Pitié Salpêtrière et j’ai été effarée de voir les soignants le masque sous
    le menton à maintes occasions ! Si le reportage voulait nous faire partager la réalité des hospitalisations, des drames, du courage, c’est loupé encore une fois sur la technique du port du masque.
    Mercie pour vos articles

    Aimé par 1 personne

  2. Je rejoins ce concept d’une guerre paisible: il n’y a aucune raison d’avoir peur personnellement, et toutes les raisons de se sentir responsable collectivement et de faire le nécessaire. C’est tellement simple, et tellement peu suivi.
    l’Allemagne a publié une vidéo très drôle et pertinente à ce sujet récemment.

    Aimé par 1 personne

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