loosing informatic



Le logiciel de prescription médicamenteuse imposé par la direction du groupe ou j’exerce, n’a jamais été foutu jusqu’à présent, de permettre la moindre prescription hospitalière digne de ce nom. Installé en premier temps dans un service médical, on s’est vite rendu à l’évidence que la volonté d’exhaustivité de l’éditeur avait transformé la  prescription la plus simple en véritable parcours de combattant. Il fallait cliquer dans toutes les directions, abattre des tonnes de cases, en haut, en bas, a droite et puis à gauche, puis se souvenir des codes rouges, verts et blancs d’authentification; Rédiger une simple ordonnance de 2 lignes de médicaments simples nécessitait une demi heure d’efforts. Et mieux vallait ne pas tenter une prescription conditionnelle du genre « en cas de douleur » et encore moins une prescription alternée de style « un jour sur 2 ». Dans tous les cas de figure le médecin sortait défiguré par l’énervement , la prescription obtenue de haute lutte était bancale le plus souvent. Dans tous les cas, après quelques efforts louables, mais restant infructueux, l’ensemble des praticiens amenés à utiliser le logiciel avait déclaré  un forfait obstiné et sans retour

Comble d’innoncence de la part de l’éditeur, des oublis assez stupéfiants. Pas de prescription de perfusions…  mais oui ! ce genre de prescription étant apparu comme … accessoire dans un premier temps … aux conseilleurs qui n’étaient pas, et c’est bien évident, les utilisateurs

Le logiciel tomba vite dans l’oubli, seul le magnifique matériel informatique installé pour en apprécier la puissance, fit au moins le bonheur des praticiens qui continuèrent dans leurs vieilles habitudes antérieures, a savoir le stylo et le papier. La mauvaise conscience de leur mauvaise volonté étant tout de même soigneusement entretenue par une direction informatique, incapable de se poser des questions sur elle-même, et bien aise de pouvoir se défausser de ses erreurs sur le corps médical.

Evidemment on considéra aussi le groupe de projet de l’établissement comme une bande de fainéants, incapables de conduire les médecins sur la voie des décisions de saint général de service informatique.

Suivit donc un temps de latence, les prescriptions informatiques étaient arrêtées mais les chefs de projets de la direction informatique eux, se succédaient. Dès lors qu’ils qu’ils comprenaient les difficultés rencontrées sur le terrain de la prescription médicale, et qu’ils admettaient que le logiciel n’était pas utilisable en l’état de prématurité actuel,  ils étaient dégommés…

Si bien qu’ils ont fini par mettre enfin la main sur la perle du chef de projet informatique. Celui qui a manifestement en tête que notre cerveau est capable de s’abstraire de toutes les difficultés et aléas rencontrés. Celui qui estime que sa simple venue efface d’un coup toute l’aventure qui l’a précédé, et que cela doit sans aucun conteste nous faire repartir d’un pied joyeux et enthousiaste. A t’il  subi un lavage de cerveau  ou ce tempérament est il sa nature ?

Enfin, pour ne pas se mettre définitivement à dos la direction informatique, et aussi parce que l’informatisation est obligatoire à terme, on a fait des efforts, fouillé dans les tréfonds de notre âme pour retrouver une motivation perdue. On a décidé de faire simple et d’installer cette fois le logiciel dans un service où peu de médicaments, toujours les mêmes, étaient prescrits. On a repris les réunions, les plans de formation, d’action, les  décisions de date que l’on sait d’avance ne pas pouvoir tenir. On a pris 6 mois de retard, bien sur, sans être sur de rien encore…

Mais finalement nous voila au pied du mur de l’amélioration…
Hier, connection sur le serveur et mise à jour , pour nous offrir enfin la fameuse nouvelle version , censée  nous apporter tout ce que nous en attendons (mais que l’on n’a pas pu nous faire essayer jusqu’à maintenant …)

Que pensez vous qu’il se passa. Bien sur cela ne marchât pas. Et notre ami, cadre admirablement calibré d’envoyer mail sur mail incendiant notre informaticien, pour finir par s’apercevoir que le dysfonctionnement venait de son côté.

 Comment concilier la vision de ces gens, avec celle d’un corps médical au contact permanent d’une réalité faite des patients, de leurs vies, de leurs demande de réponse immédiate …
 
L’inefficacité réglée de la direction informatique d’un grand groupe d’établissements français  est assez affligeante.

2 réflexions sur “loosing informatic

  1. Ah mais oui ça me rappelle quand ils ont mis le bouzin en place à l’APHP… quelle merde, d’abord il fallait écrire les pres° sur papier pendant la visite (si, si…) puis aller les recopier (13 h, j’ai faim…) sur un logiciel à l’ergonomie pourrie de chez pourrie. En plus le patron pour gagner trois bons points et une image offerts par le dirlo, avait accepté qu’on prenne les toutes premières moutures en expérimentation… Je passe sur les dialogues tendus avec la pharmacie centrale à 3 h du matin « ah ben non du paracetamol il vous en reste 11 cp donc je peux pas vous en envoyer » / « ah peut-être mais là je suis devant l’armoire et je peux vous dire qu’il en reste pas 11, mais zéro et que j’ai un malade qui a 40 ». Bref… BG

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