Le Lévothyrox et les hormones thyroïdiennes expliqués en robinet

Imaginons que la thyroïde est un robinet. Le robinet fait couler de l’eau, l’eau en l’occurrence ce sont les hormones thyroïdiennes,  la T4 et la T3.

Ce robinet thyroïdien produit la T4/T3, mais en fait, ce n’est pas le chef de production. Ce robinet est un subalterne, dont le taux de production est commandé par une centrale, nommée l’hypophyse. Le pouvoir central hypophysaire surveille en permanence le taux sanguin d’eau/T4-T3 . Il se base sur cette production d’eau (le taux de T4/T3, ou plus globalement sur l’équilibre hormonal circulant) pour donner l’ordre au robinet, d’augmenter ou baisser sa production.  Le vecteur des ordres de la direction est un carburant secrété  par l’hypophyse, la TSH. Elle accélère ou ralentit le débit du robinet thyroïdien.  

IMG_6384.jpg

Un tel système, appelé régulation par rétrocontrôle, fonctionne en permanence chez les gens sains n’ayant pas de maladie de la thyroïde et régule le taux circulant d’hormones thyroïdiennes

Dans le cas d’une maladie de la thyroïde, hyper ou hypothyroïdie, la partie du système qui dysfonctionne est celle du milieu, le robinet, c’est-à-dire la thyroïde. Un beau jour, de lui-même, le robinet se met à faire couler trop de T4 et T3 (hyperthyroïdie) ou au contraire plus assez de T4-T3 (hypothyroïdie), ou bien il s’entartre sans modifier sa production (cancer). Continuer de lire « Le Lévothyrox et les hormones thyroïdiennes expliqués en robinet »

Peut-on faire confiance à un diagnostic fait en télémédecine, sans examiner ni voir un patient ?

Je vais vous prouver par 1,2,3, 4, 5, 6,  qu’il est possible de faire de la « vraie médecine » à distance, d’établir des diagnostics, de communiquer, par télémédecine, et sans voir le patient.

Faire un diagnostic sans examiner ni même voir physiquement un patient ?  Mais oui, on dispose de pas mal d’arguments pour dire que c’est possible !

1- premier argument : la valeur de l’interrogatoire.

Cet argument est solide, et tient la route, jugez plutôt :

L’interrogatoire d’un patient comporte 2 temps

  • La plainte du patient ou motif principal de consultation (parfois plusieurs plaintes)
  • L’anamnèse

De nombreuses études en médecine générale montrent que la plainte principale et l’anamnèse sont les temps de consultation les plus contributifs au diagnostic.

Près de 10 études, anciennes comme récentes, dans des pays différents, avec des médecins seniors, juniors, étudiants, aboutissent toutes à une conclusion homogène. La plainte principale et l’anamnèse sont les facteurs largement prépondérants de l’établissement du diagnostic en consultation de soins primaires, autour de 80%. Tandis que l’examen clinique permet de faire au maximum un diagnostic sur 5. Continuer de lire « Peut-on faire confiance à un diagnostic fait en télémédecine, sans examiner ni voir un patient ? »

Pourquoi je pense qu’il serait bien de garder encore un peu l’ancienne formule du Lévothyrox…

Ce n’est pas la première fois que le Lévothyrox fait parler de lui…

Retournons en arrière, il y a quelques années, en 2009. 2 ou 3 génériques du lévothyrox ont été mis sur le marché. Au même moment, les pharmaciens se sont vus obligés de délivrer des génériques. 

Chez beaucoup de patients, (dont j’ai fait partie), les génériques ont déstabilisé l’équilibre thyroïdien.

Au bout de quelques mois, l’AFSSAPS a édicté des règles de suivi après introduction du générique :  Faire un contrôle de TSH 2 mois plus tard.

L’objectif économique était loin d’être atteint au final. Gagner un euro mensuel par boite sur 3 millions de personnes était intéressant, mais leur faire obligatoirement un (ou des) examens biologiques de contrôle tarifés 12,45 euros s’est révélé désastreux financièrement. De nombreux patients n’ayant pu se stabiliser avec ces nouvelles formules, la mention « non substituable  a fleuri sur les ordonnances, et finalement, les génériques ont tous été abandonnés puis retirés du marché.

Même si beaucoup de patients à l’époque ont été concernés par la déstabilisation endocrinienne, il n’y a pas eu de scandale sanitaire, Annie Duperrey a probablement repris comme moi l’ancienne formule dès qu’elle a constaté que le générique n’était pas adapté à son cas. Elle n’est pas allée le dire à la radio. 

La nouvelle formule du lévothyrox est en fait un générique, ou plutôt un générique inversé. Continuer de lire « Pourquoi je pense qu’il serait bien de garder encore un peu l’ancienne formule du Lévothyrox… »

Changement de formule du LEVOTHYROX: comment cela s’est passé ailleurs ?

L’émotion autour du lévothyrox est grande, une pétition de patients circule, des effets indésirables liés au changement d’excipient du lévothyrox apparaissent chez beaucoup de patients.

La communication des autorités autour de ce changement de composition a été plus que désastreuse.  Si l’ANSM avait pris la peine de regarder ce qui se passait dans d’autres pays lors de changement de composition, elle aurait réalisé qu’une campagne de communication digne de ce nom devait accompagner l’évolution.

Il est plus que probable que tout changement d’excipient du lévothyrox induit des modifications d’absorption, en plus ou en moins selon les patients, et donc des modifications d’équilibre thyroïdien, responsable en grande partie des effets ressentis

C’est pourquoi je relaie ici un post rédigé par Béate Bartes sur le forum de patients « Vivre sans Thyroïde ». 

Elle explique clairement comment le changement de formulation du médicament s’est bien passé en Belgique en 2015 grâce à une information des patients, en amont et durant une année suivant le changement. Et comment cela s’est mal passée dans les pays qui n’ont rien expliqué, un peu à l’image de la France. Rater la partie didactique et communicationnelle de ce changement quand 3 millions de personnes prennent du lévothyrox, il est normal qu’un changement ne se fasse pas en douceur dès lors qu’il est susceptible de modifier l’absorption de l’hormone. Il est donc normal que les patients soient actuellement dans le désarroi, voire très mécontents pour certains. 

Bonne lecture !

Voir aussi : _Nouveau Levothyrox : que faire en cas d’effets indésirables 

_______________________________________________________________________________________ Continuer de lire « Changement de formule du LEVOTHYROX: comment cela s’est passé ailleurs ? »

Nouveau Levothyrox : que faire en cas d’effets indésirables

Je reproduis ici en intégralité le texte du post publié ce jour 31/08/2017, sur  le forum « Vivre sans Thyroïde » Conseils « des patients aux patients » rédigés par l’équipe du forum « Vivre Sans thyroïde » qui ne peuvent en aucun cas remplacer l’avis de votre médecin !  Lien vers le fichier PDF : https://www.forum-thyroide.net/VST_Guidelines_Patients_Levothyrox_NF.pdf Depuis quelques mois, la formule du Levothyrox® (laboratoire Merck) a changé en France. Le principe actif, la lévothyroxine, reste exactement la même – mais pour rendre le médicament plus stable, certains excipients ont été modifiés. Le lactose (excipient à effet notoire) a été remplacé par du mannitol et … Continuer de lire Nouveau Levothyrox : que faire en cas d’effets indésirables

La pénurie médicale expliquée à mon arrière-grand-mère

Apprenant qu’avait lieu cet été une grande fête de famille réunissant 187 de ses descendants, mon arrière grand-mère Brunette, morte en 1934, a décidé de venir nous rendre visite.

Comme elle est quand même assez morte depuis un bon moment, on s’est dit que la priorité, pour honorer son retour, était de lui rendre la santé en l’amenant chez un médecin au plus vite, voire en urgence.. parce que tout de même, après 83 ans de mort, ça devient urgent de consulter !  dès fois qu’elle ait de la tension, du diabète, du cholestérol… Continuer de lire « La pénurie médicale expliquée à mon arrière-grand-mère »

Quelle écoute médicale en télémédecine ?

Ceux qui pratiquent pour de vrai la Télémédecine, par exemple les médecins de l’équipe dans laquelle je travaille, affirment tous faire de la « vraie » médecine.

Les opposants pensent qu’il est insensé de dire que l’on fait de la médecine sans voir le patient, et sans pouvoir l’examiner.

Pour me dévoiler un peu, je consulte en télémédecine depuis plus de 2 ans, ai même présenté un poster aux Journées Francophones de Gastroentérologie, sur les 100 premières consultations de gastro en TM. De plus, je partage avec un collègue la direction médicale de la plateforme Médecin Direct. 

Continuer de lire « Quelle écoute médicale en télémédecine ? »