A quoi pourrait servir le Conseil de l’ordre des Médecins? (partie 2: on rêve!)

On voit bien, en médecine, en santé, que l’évolution pousse vers une organisation collective.

Le rêve (mon rêve?) serait que l’impulsion de l’organisation et l’impulsion du collectif vienne de la profession elle-même, d’autant plus que c’est une profession autonome, qui n’a de compte à rendre à personne sur son organisation. A personne ? non ! Juste à son conseil de l’ordre, en tant que profession réglementée. cf article 1

Justement, le conseil de l’ordre est un organisme de médecins, un organisme autonome, dont on attendrait volontiers qu’il pilote, en collaboration avec le corps médical, la transformation et l’évolution de la profession.

Ne serait-il pas temps qu’on cesse de cotiser juste pour avoir une réponse comme celle du Dr Bouet dans un colloque organisé par le Quotidien du médecin : « La cotisation voulue par la loi a été établie indépendamment de toute forme d’exercice ou de tout mode d’exercice et de tout statut. Même si vous avez le sentiment que vous n’aurez jamais recours à l’Ordre, le simple fait de l’action constante de notre institution vous garantit dans votre indépendance et votre liberté. »

Revenons aux missions de l’ordre telles que définies par la loi . « L’ordre est le garant du respect des les principes de dévouement, de compétence et de moralité et de probité ». Ne faudrait-t-il pas revoir, collectivement avec le corps médical, ce que en 2020, signifient exactement ces notions ? En effet, que veut dire dévouement des médecins? : peut-on continuer à laisser ce mot dans les missions d’un ordre?. Peut-on laisser encore croire que le dévouement des médecins consiste à ce qu’ils soient disponibles à tous et à tout moment? Et que signifie compétences : OK on veut des médecins compétents, mais qui vérifie cela de manière effective ? et sur quels critères ? Enfin, qu’en est t’il de la question de la moralité dans la profession, la maintenir n’imposerait-il pas d’intervenir auprès de tous ceux qui ne la respectent pas et pas seulement de quelques-uns plus voyants que les autres.

Et si on regardait un peu, juste en passant, et dans la mesure des informations dont je dispose, ce qui est le présent, et ce qu’on rêverait de faire évoluer des missions du conseil de l’ordre ?

La Probité : La probité des relations médecins/industrie pharmaceutique

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A quoi sert le conseil de l’ordre des médecins ? (partie 1)

Commençons cette série de 2 posts par du descriptif. Ici, le conseil de l’ordre, sa vie, son rôle, son pognon, et à suivre, ce qu’on aimerait qu’il fut Si l’on se réfère à ce qu’en pense la large majorité du corps médical, le conseil de l’ordre sert en premier lieu à leur ponctionner obligatoirement une somme annuelle de plus de 300 euros, Cotisation obligatoire puisque la profession est comme on dit « réglementée » Remarquons ici que je m’expose. En effet, Le code de déontologie faisant interdiction aux médecins d’attenter à l’honneur de la profession médicale, la critique de l’Ordre par les médecins … Continuer de lire A quoi sert le conseil de l’ordre des médecins ? (partie 1)

Il faut remettre les médecins au cœur du soin …

Pendant des siècles, l’hôpital était la maison des soignants Les médecins étaient identifiés à 100% avec leur profession et leurs pratiques. C’était leur seule identité professionnelle : soigner Dans cette pratique du soin, les médecins et les soignants n’étaient concernés que par les contraintes de leurs métiers, et pas par celles de la structure ou de l’organisation technique ou financière de l’établissement au sein duquel ils exerçaient https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2012-6-page-573.htm# Il était indiscutable que les médecins étaient régis par le principe de l’indépendance, qui sous-entend la responsabilité de chaque praticien vis à vis des patients qu’il prend en charge, et l’habitude qu’aucun supérieur … Continuer de lire Il faut remettre les médecins au cœur du soin …

Mesures de bon sens pour un repas de déconfinement entre amis .

Chez des particuliers, c’est permis d’être plus de 10 personnes, car seuls sont encadrés les rassemblements sur la voie publique ou dans les lieux publics. Cependant dans ces premiers jours de déconfinement, mieux vaut ne pas être trop nombreux, afin de ne pas multiplier les vecteurs potentiels présents et de pouvoir garder la distance de 1 mètre entre chaque personne.

La recommandation est de créer des « bulles sociales », c’est-à-dire limiter le nombre d’amis différents avec lesquels vous serez en contact. Il vaut mieux partager du temps plusieurs fois avec les mêmes amis que de le faire chaque jour avec des personnes différentes. Ainsi, vous interagissez avec quelques personnes désignées, mais pas trop nombreuses.

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Déconfinés  inconscients? Nous, médecins, on est désolés..

A force d’être perfusé d’informations contradictoires,
Tu as un peu renoncé, tu n’y comprends rien, tu ne veux plus savoir,
Tu ne sais plus quelle attitude adopter,
On comprend, car les info sont plutôt embrouillées,
Dois tu, chez toi, rester le mois de mai entier
Comme dans une bulle, encore confiné,
Ou bien sortir en te persuadant que cette histoire de Covid,
Te parait finalement une sorte de coquille vide,
Un truc informationnel,
En pratique totalement irréel,
Tu te souviens qu’en mars, un masque il ne fallait pas porter
Et on t’affirme qu’en mai, un masque est obligé ?
Oui, c’est ainsi et nous, médecins, on est désolés,
C’est notre devoir de te rappeler
Que les recommandations ont évolué
En n’y prêtant pas assez attention, c’est ta santé que tu vas risquer.

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l’application StopCovid ne déconfinera pas le 11 mai

Un point actuel sur la très prometteuse application pour les portables, appelée StopCovid, qui ne sera en fait pas prête pour le déconfinement. Sortie prévue début juin si tout va bien Il s’agit d’une application actuellement développée en France par des chercheurs et des entreprises sous la houlette du gouvernement, mais dont le prototype n’est pas suffisamment abouti pour qu’on puisse l’utiliser en mai. Il y a un problème notamment d’accord avec Apple pour pouvoir faire fonctionner l’appli sur les Iphones. Idem avec Google pour Android. C’est un problème technique autour du Bluetooth des smartphones et d’un blocage par Apple … Continuer de lire l’application StopCovid ne déconfinera pas le 11 mai

Le virus qui oblige à prendre en main son propre destin

  Directives données, directives imposées, injonctions floues, consignes contradictoires. Le risque de cette saleté de Coronavirus est tellement conceptuel que c’est compliqué pour des décisions pratiques sur la vie quotidienne de futurs déconfinés.  Et cette large part d’inconnu oblige chacun à réfléchir de manière à la fois collective sur injonction politique mais aussi de manière individuelle. Les orientations qu’on va donner à son propre déconfinement suivront obligatoirement un certain nombre de consignes de santé publique, mais leurs modalités de réalisation effective seront largement teintées d’orientations et de décisions personnelles. Se confiner encore un peu ou sortir librement, prendre ses distances … Continuer de lire Le virus qui oblige à prendre en main son propre destin

INDICATION DES TESTS SÉROLOGIQUES DU CORONAVIRUS en date du 2 mai 2020

A quoi sert un test sérologique     Voici les indications pour faire un test sérologique identifiées par la HAS à la date du 2 mai 2020 https://www.has-sante.fr/jcms/p_3182370/en/premieres-indications-pour-les-tests-serologiques-du-covid-19    I POUR DES PATIENTS HOSPITALISES   pour faire un diagnostic d’infection active à Covid patient grave hospitalisé non porteur de coronavirus sur le prélèvement PCR mais qui a des symptômes cliniques ou un scanner évocateurs d’un COVID-19 Pour faire tardivement un diagnostic (diagnostic de rattrapage) chez des patients symptomatiques graves hospitalisés mais qui n’ont pas eu un test RT-PCR dans les sept premiers jours.    II POUR DES PATIENTS NON HOSPITALISES   Personne ayant des symptômes cliniques évocateurs + … Continuer de lire INDICATION DES TESTS SÉROLOGIQUES DU CORONAVIRUS en date du 2 mai 2020

Le Coronavirus ou « de l’art de la décision médicale en milieu inconnu ».

La cacophonie autour du traitement de l’infection à Coronavirus en France, invite à la réflexion.

Non de savoir qui a tort ou qui a raison,

Mais d’essayer une approche des stratégies de décision médicale.

Pour cela, plongeons dans un vieux bouquin (sur ma table de chevet depuis longtemps) : Lucien Israël, la décision médicale « essai sur l’art de la médecine », ed Calmann Levy, 1980, auquel je vais emprunter des phrases lues et relues maintes fois.

La médecine est la science des pannes. Mais le médecin est le dépanneur d’une machine dont il ne connait pas tous les plans et à l’heure actuelle d’une maladie dont il ne connait pas grand-chose, à part qu’elle est éminemment contagieuse, tueuse, et  sans traitement connu ni préventif, ni curatif.

C’est bien ennuyeux pour les médecins. Car la médecine une profession dont la mission est de soigner. Et les progrès de la médecine des maladies infectieuses ont presque conduit à croire qu’on savait se battre contre toutes les infections. Certes, en réa, on sait soigner les conséquences des destructions pulmonaires du Coronavirus, mais en ville, pour des malades non graves, on ne sait rien, et cela conduit à l’obligation de prendre des décisions en milieu inconnu. En gros, face à la situation actuelle : ne rien faire qu’attendre, ou prescrire un ou des traitements n’ayant pas démontré la preuve de leur efficacité. Continuer de lire « Le Coronavirus ou « de l’art de la décision médicale en milieu inconnu ». »