Vous voulez des médecins comme au bon vieux temps ? Soyez comme les patients d’autrefois !

Les patients sont souvent plein de nostalgie parce que les médecins ne sont plus comme au bon vieux temps. Ne comptant pas leurs heures, à leur écoute, bienveillants, pas surchargés, pas pressés, pas le nez dans leur ordinateur …

Vous-même, peut-être aussi, regrettez cette époque , où on appelait son médecin et il passait dans la journée ou la soirée, même si sa journée de travail avait été rude et longue,  il ne reportait pas au lendemain, il n’alléguait pas qu’il voulait voir sa famille. Le médecin était alors non pas médecin « traitant », mais « médecin de famille », un peu psychologue, beaucoup confident, voire substituant ou complétant la place du curé.

Vous-même, peut-être, faites-vous partie de ceux qui se plaignent : les médecins ne sont plus comme avant…

Donc, c’est bien cela ? vous aimeriez que les médecins du XXIè siècle se comportent encore comme les médecins d’autrefois ?

D’accord, mais en ce cas, il faut vous comporter comme les patients d’autrefois…

Je viens donc vous remettre en mémoire quelques 10 fondamentaux des patients d’antan. Après, c’est à vous de voir si vous êtes OK. Vous retrouvez les médecins d’autrefois, et en échange nous retrouvons les patients d’autrefois.

Les patients d’autrefois Continuer de lire « Vous voulez des médecins comme au bon vieux temps ? Soyez comme les patients d’autrefois ! »

Ce que la salle d’attente d’un médecin français m’a appris sur le système de santé.

Après avoir lu nombre d’articles récents sur les déserts médicaux français et les inégalités d’accès aux soins, je ne résiste pas à mettre en ligne la traduction de cet article paru début 2019 dans le New York Times.  Relativisons à propos du désastre médical français…

Opinion Par Erica Rex

What a French Doctor’s Office Taught Me About Health Care

J’ai déménagé en Europe parce que je ne pouvais pas me permettre d’être un patient atteint de cancer en Amérique. Je préférerais pouvoir rester à la maison.

France – Une douzaine d’entre nous sont assis dans la salle d’attente du chirurgien orthopédiste. Nous sommes ici pour les suivis. Certains, comme moi, ont eu des oignons enlevés. D’autres ont eu des hanches ou des genoux remplacés. La plupart sont des femmes plus âgées.

Les exemplaires de Paris Match et du Monde sur la table ont au moins six mois. La seule œuvre d’art est une reproduction encadrée de «Champs de coquelicot près d’Argenteuil» de Claude Monet. Comme je n’ai que deux semaines après la chirurgie et que je ne peux plus conduire, je suis venue en taxi. Le tarif a été souscrit par le système de sécurité sociale français, connu sous le nom de La Sécu, qui fournit également une assurance maladie à tous les résidents.

La femme assise en face de moi me dit qu’elle est opérée pour la deuxième fois. Son médecin, un grand chirurgien orthopédiste, facture plus que l’indemnisation normale de Sécu, à l’instar de nombreux spécialistes. La plupart des Français souscrivent une assurance complémentaire pour couvrir les frais non pris en charge par la Sécu. En tant que résident français et contribuable, j’en ai un aussi. Continuer de lire « Ce que la salle d’attente d’un médecin français m’a appris sur le système de santé. »

Où s’arrête la médecine et où commence la #MAD ‘médecine alternative/douce’

 

La médecine, si on se réfère à son étymologie latine, médica, signifie art de guérir. C’est un art, basé sur des données scientifiques, et qui a pour objet l’étude, le traitement, la prévention des maladies; art de mettre, de maintenir ou de rétablir un être vivant dans les meilleures conditions de santé possibles

A l’heure actuelle, il semble bien que la délimitation de ce qui est médecine et de ce qui ne l’est pas soit source de débat

Dire que toute acte, geste, ou personne qui remédie à certaines souffrances, qui réconforte, aide, est une personne faisant de la médecine est inexact. C’est pourtant une extrapolation, une métaphore, une extension de définition, souvent utilisée,  qui autorise d’interprétations et mène directement à diverses prestations de remédiation de souffrance, effectuées par des médecins hors contexte de leur formation initiale, ou par des non-médecins qui argumentent du caractère médical de leur pratique.

De tout temps, les malades ont cherché dans beaucoup de directions des remèdes à leurs maladies, à leurs souffrances, à leur mort. De la pierre philosophale, aux guérisseurs, aux sorciers, aux médecines alternatives ou douces #MAD , la quête de la santé, du bien-être, et l’éloignement de la mort se font au-delà du médecin, et avec une certaine constance inhérente à la nature humaine. Les malades veulent un remède, et ils continuent à chercher un remède magique avant de s’adresser à la science, car l’expérience prouve, depuis des siècles, que la médecine n’empêche ni la maladie ni la mort. Elle remédie à certaines maladies, prolonge la vie, c’est déjà beaucoup de progrès, mais pas éblouissant aux yeux de certains, qui veulent plus de garanties. Eh oui !  même médecins, nous n’avons pas le pouvoir de guérir tout, nous n’évitons pas la maladie, nous reculons parfois l’échéance sans jamais éviter la fin… cela remet en cause pour certains la médecine telle qu’elle se pratique à l’heure actuelle, dans la continuité de ce qu’elle a toujours fait. Cela remet même en cause pour certains de grandes avancées de la médecine moderne, à titre d’exemple les vaccins, dont l’impact extraordinaire en matière de santé publique est décrié par de plus en plus de gens, (ce qui est pour moi, assez consternant, au vu des progrès que cela a apporté à l’humanité entière) Continuer de lire « Où s’arrête la médecine et où commence la #MAD ‘médecine alternative/douce’ »

Le monde fascinant de la médecine vu par les enquêtes grand public

Il n’y  a jamais d’enquête sur ce que les gens pensent des coiffeurs, ni sur ce qu’ils pensent des ministres, ni sur leur jugement des boulangers ou des plombiers, ou des garagistes. En revanche, sur les médecins, tout le monde est invité à donner son avis, lors de multiples enquêtes.  

Peut-être que cette légende qui affirme que la société nous a payé nos études, laisse penser à tous qu’on leur appartient un peu, et que cela leur donne un droit de regard sur notre pratique, puisqu’ils nous auraient, parait-il, payé notre formation par leurs impôts.  

C’est ainsi que les dernières semaines, les médecins ont appris ce que les gens estiment qu’ils devraient gagner mensuellement.  Selon un baromètre de la Drees , à la question « Que devraient gagner en moyenne les médecins généralistes ? », la réponse est : 5000 euros net par mois

Qu’est ce qui donne à un public questionné par sondage,  les compétences pour estimer ce qu’un médecin devrait gagner ? Bien sur, toute personne sondée a forcément déjà bénéficié d’une ou plusieurs consultations médicales. Pour autant,  avoir consulté un ou des médecins, avoir été soigné à l’hôpital, ou en clinique, s’être rendu aux urgences, tout cela confère t’il l’aptitude à estimer la rémunération d’un médecin ?   Sans compter que le gain est une chose, mais quid du temps de travail pour gagner 5000 euros ?

Justement, à propos du temps de travail des médecins, le grand public est également invité à donner son avis. En effet,  Monsieur Johnny Blanc, vendeur de fromage, récemment invité à la télé, a expliqué qu’on devait impérativement demander leur avis aux « utilisateurs ». et il a donné le sien, d’avis. Selon lui,  : «  les médecins se doivent d’être disponibles quand vous avez besoin de consulter , car sinon, vous vous tournez vers les urgences » . A l’appui de ses arguments sur la contrainte qu’il faudrait imposer aux médecins, il indique « Certains médecins ne travaillent que 3 jours dans la semaine. Tout le monde va aux urgences parce qu’à 18 heures les médecins sont fermés ». Continuer de lire « Le monde fascinant de la médecine vu par les enquêtes grand public »

Quand un médecin fait déjà de la Télémédecine sans le savoir…

On dit qu’il y a plusieurs différences significatives entre consultation présentielle et consultation en télémédecine.  En particulier, une : l’absence d’examen clinique.

En effet, en téléconsultation, il n’y a JAMAIS d’examen clinique, en tous cas pas de palpation, ni d’auscultation (hors objet connecté)  cependant un examen visuel est possible.

Alors qu’en médecine présentielle, il y a TOUJOURS (théoriquement) un examen clinique. Ce qui ferait  toute la différence dans la relation médecin patient entre l’une et l’autre des modalités.

parcours de soin MD Continuer de lire « Quand un médecin fait déjà de la Télémédecine sans le savoir… »

Dessines-moi un territoire de santé en 2019.

Voulez-vous connaitre le dernier mot terriblement à la mode en santé ? C’est « territoire »… territoire, territoire, médecine de territoire.  Ce mot figure 35 fois dans le projet de loi de santé 2019. Exactement autant que le mot « professionnel ». Le mot médecin quant à lui n’apparait que 14 fois. Et le mot « santé » : 365 fois !

On l’aura compris, il faut répondre aux besoins de santé.  Le changement majeur de paradigme, c’est qu’il ne faut plus répondre aux besoins de santé des patients, il faut répondre aux besoins de santé des territoires.

Du coup, simple curiosité ou conséquence d’une réunion la semaine dernière sur le thème des CPTS*, j’ai décidé de me poser une question simple et unique.

Un territoire de santé ? C’est quoi, au juste ? 

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Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (6: homéopathie = économies de dépenses de santé?)

VI- L’homéopathie  fait-elle faire des économies de santé ?

Sixième chapitre du post consacré aux homéopathes

L’argument des économies de santé est  un argument très utilisé pour défendre le remboursement de l’homéopathie par la sécurité sociale.

Plusieurs arguments non scientifiques sont mis en avant pour expliciter des économies liées aux médicaments homéopathiques :

  • Les médicaments homéopathiques remboursables se situent à un niveau de prix quatre fois inférieur à la moyenne de prix des médicaments remboursables français
  • Les médecins homéopathes prescrivent moins de traitements allopathiques en complément, notamment antibiotiques et anxiolytiques et ils produisent en moyenne moins d’actes :  c’est exact (mais rien ne dit que les patients ne vont que chez l’homéopathe…).  Les statistiques de la Sécurité sociale montrent que les coûts remboursés annuellement pour un médecin homéopathe représentent en moyenne 1027 K€ contre 1939 K€ pour un médecin généraliste, soit une économie de l’ordre de 47 %. Cependant, peut-on comparer les activités ?. Les patientèles des généralistes et celles des homéopathes sont différentes. Les patients sont souvent soignés par une double filière, homéopathe d’un côté, généraliste de l’autre, et peut-être finalement que le coût total des prescriptions additionnées est plus élevé ? De plus, dans une époque ou l’on aurait besoin que tous les médecins fonctionnent au max, un médecin qui voit moins de patients n’est pas économiquement souhaitable.

De plus, comme c’est pas cher, et que c’est remboursé par la sécu (avant à 40%, maintenant à 30%), et qu’on est français ma foi, autant ne pas s’en priver. La France fait partie des plus gros prescripteurs/consommateurs mondiaux d’homéopathie. Un français consommerait 6 fois plus d’homéopathie qu’un américain du nord. Du coup, un grand laboratoire français spécialisé en homéopathie  « affiche 617,5 millions d’euros de chiffre d’affaires au compteur, dont 61,3% réalisé en France. Dans l’Hexagone, ses résultats sont même en hausse annuelle de 2,1%. Une situation confortable qui lui permet d’employer 3718 salariés dans le monde, dont 2528 en France » lien article Continuer de lire « Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (6: homéopathie = économies de dépenses de santé?) »

Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (5: homéopathie =placebo?)

Cinquième chapitre du post consacré aux homéopathes.  

Un des grands arguments en faveur de l’homéopathie et surtout de son remboursement serait liée au fait que  la grande valeur de l’homéopathe serait liée à la prescription raisonnée d’effet placebo ?

Le raisonnement est le suivant :

De nombreux partisans de l’homéopathie soulignent, parmi les avantages de cette pratique que :

  • L’homéopathie est un traitement placebo;
  • A ce titre, elle permet de soigner – au pire elle ne fait pas de mal;

Et concluent que cet effet justifie sa diffusion et son remboursement partiel par l’assurance maladie.

S’appuyant sur ces arguments, posons la question suivante:  le placebo étant réputé être une molécule neutre, sans effet indésirable sérieux, si l’homéopathie est un placebo, alors elle est largement utilisée en médecine pour cet effet ? Et donc, la question est la suivante : la  prescription d’homéopathie dépasse t’elle le cadre des médecins homéopathes ?

Pour savoir si la prescription d’homéopathie dépasse le cadre des médecins homéopathes, j’ai trouvé cette intéressante thèse récente : « État des lieux de la prescription d’homéopathie par les médecins généralistes non homéopathes : étude quantitative auprès de 298 médecins généralistes normands » Aurélie Nguyen-Cornuault  lien

L’étude consistait à = établir un état des lieux de la prescription d’homéopathie par les médecins généralistes non homéopathes,

Les résultats : Continuer de lire « Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (5: homéopathie =placebo?) »

Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (3: nombre et activité et 4: mode d’exercice)

Troisième chapitre du post consacré aux homéopathes.

III- Nombre d’homéopathes en France, activité exclusive ou non

La caisse nationale d’assurance maladie distingue les MEP (médecins à exercice particulier) des généralistes.  Cependant, tous les généralistes ne déclarent pas leur activité MEP a la caisse, ce n’est pas obligatoire. Et cela rend difficile l’appréciation du nombre de médecins pratiquant l’homéopathie.

2008 : l’Assurance maladie recense environ 7 300 MEP, soit près de 12% des omnipraticiens libéraux, dont 1 730 acupuncteurs et 1 680 homéopathes. lien

2011 : La cour des comptes dans le rapport sécurité sociale 2011 se soucie de l’augmentation du nombre de MEP, dans un contexte ou la baisse du nombre de généralistes fait qu’ils « sont ainsi devenus minoritaires alors qu’ils font l’objet d’attentes particulièrement fortes pour l’optimisation du parcours de soins. Une des raisons est le développement, au sein des omnipraticiens, des modes d’exercice particulier (MEP) comme l’homéopathie, l’acupuncture, la médecine du sport etc., à la place de la médecine générale. Les MEP permettent notamment de demander une exemption à la participation à la permanence des soins (PDS) – ( NDLR : c’est écrit dans le rapport)» Quelques chiffres à l’appui: « parmi les 61 300 omnipraticiens libéraux recensés par la CNAMTS, seuls 53 700, qui représentent 46 % du total des médecins libéraux, sont effectivement généralistes » c’est-à-dire en mesure de se consacrer entièrement à la médecine de premier recours. Il suffit de calculer d’après le tableau, qu’il y a 7663 MEP soit 12,5% de MEP parmi les omnipraticiens.

Et ils ajoutent : « cette évolution en faveur des MEP continue de se renforcer parmi les omnipraticiens libéraux : les effectifs de MEP ont crû de 17 % entre 2000 et 2009 tandis que ceux des généralistes ont légèrement diminué (-1 %) ». Rapport de la cour des comptes 2011 rapport Continuer de lire « Qui sont donc les HOMEOPATHES ? (3: nombre et activité et 4: mode d’exercice) »