Je suis trop performant pour me contenter de gérer l’existant

Feuilleter le catalogue des offres de l’établissement lui  prit quelques secondes, s’attarder sur l’existant n’était pas son fort ; Pour un tel manager, armé de la certitude de ses qualités, si tout va bien, c’est la dépression assurée. Pour un tel manager, diriger suppose obligatoirement que l’existant n’est pas satisfaisant, et qu’on doit en changer. Avec pour horizon principal sa vision personnelle, imperméable à la remise en cause de ses convictions, et même au malaxage de ses idées. La seule vision bonne est par définition la sienne, et cette vision implique : du passé faisons table rase, remettons à plat, et en route pour les performances…

 

Certes, tout n’était pas parfait ! Certes, des ralentissements méritaient redynamisation, et certains secteurs pouvaient être développés.  Mais ce manager performant, toujours à la poursuite de plus hautes ambitions, toujours en quête de sensation et d’aventure avait besoin d’imposer, de bousculer. Qu’il faille des idées neuves et des chantiers, OK … . Sauf que là, ils furent lancés tous en même temps. On dit qu’une parole médisante est une parole lancée en l’air et qui aura pris du poids en retombant. Et le changement ? lancé en l’air, il prend en retombant le poids de la bousculade et ce poids l’entraine vers les  gouffres sans fond de l’insécurité. Pourquoi après tout vouloir à tout prix tout changer, et à toute vitesse, y compris ce qui donnait satisfaction au plus grand nombre des participants de l’entreprise. Et surtout, pourquoi vouloir changer pour changer, sans que l’objectif de toutes ces remises en cause, de toutes ces remises en question, ne soit compris, et in fine, approprié, clé d’un changement réussi.

 

Dans le contexte de la remise en cause permanente, la sensation de stabilité, de sécurité, décroit au profit d’une impression de rentabilité, et d’une perte de sens. Les nouveautés se font au détriment de l’existant, or ce sont bien les ancrages qui sont le ciment de la reconnaissance, et de la pérennisation des bonnes choses.

 

Il eut été mieux de voguer sur la mer des certitudes, tout en intégrant petit à petit des doses de nouveautés.  Petit à petit, telle une mayonnaise,  émulsionner les innovations dans l’existant, telle eut été selon moi, la vision d’une croissance positive.


lien vers l’article original sur le blog de Robert Branche

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