La spirale du coronavirus liée aux couacs de communication médicale ?

La pandémie à Coronavirus n’est pas un évènement rationnel, il le devient seulement pour ceux qui sont touchés personnellement. Il ne se passe rien en pratique dans la vie des gens pas concernés.

La question qui se pose depuis le début est donc de motiver toute une population à prendre conscience d’une menace invisible et à agir en conséquence

Pour ce faire, on constate qu’a été adopté un choix de communication reposant sur l’inlassable répétition de mots guerriers, de menaces, d’ordre intimés. Ordre de lutter, se mobiliser, s’enfermer, se masquer, de contrôler physiquement sa proximité des autres.  

On peut reconnaitre au politique qu’il est fidèle à sa décision de départ, à savoir émettre toujours la même information et dans le même registre de rationalité, versant militaire, guerre, mobilisation, lutte, et maintenant couvre-feu. On peut en profiter au passage pour déplorer le brouillage venant du corps médical, et relayé avec délectation par l’information.

Ceux qui veulent mobiliser la population contre la pandémie virale qui nous menace (menace uniquement potentielle pour la majorité de la population), comment ont-ils été amenés à choisir leur mode de communication ? Ils décident eux-mêmes, comme Véran qui est docteur, et sait donc normalement communiquer sur la santé ? ou bien ils font confiance à leur armée de conseillers dont aucun n’a jamais rencontré de sa vie un malade, un cancéreux à qui on annonce une mauvaise nouvelle ou un bon vivant auquel il faut expliquer la prévention ?

En tous cas, au quotidien, la communication ayant pour but d’enrayer la progression du Covid ne semble pas véritablement convaincre, au vu de la spirale d’augmentation dans laquelle nous nous trouvons.  Manifestement, les gens perçoivent plus le désagrément qu’on impose à leur vie personnelle que la menace de la réa. Manifestement, la communication de mobilisation a éventuellement démobilisé un certain nombre de personnes en les conduisant à se trouver un système personnel de défense, basé sur leurs  propres croyances, ce qui est une échappatoire face aux menaces de maladie et de mort profilées derrière le Covid.

Pourquoi tous ces grands spécialistes qui communiquent autour du coronavirus ne tiennent pas compte du fait qu’ils s’adressent à des personnes qui ne sont pas sur la même longueur d’onde qu’eux ? La communication en matière médicale n’a rien de commun avec celle du gars qui veut des voix pour se faire élire ou réélire. La communication médicale présente un certain nombre de caractéristiques qui n’ont pas été forcément prises en compte, on dirait.

  1. On sait  de longue date, que  prévention, et dépistage, ça ne mobilise que les plus motivés, ceux qui se seraient d’ailleurs motivés d’eux-mêmes. Une donnée est acquise, hélas : en matière de prévention, on n’a jamais réussi en France à mobiliser plus de la moitié des personnes concernées, que le discours soit aimable, incitatif ou menaçant.
  2. On sait aussi que la communication doit s’adapter à celui qui la reçoit.
    En voici une illustration imagée : tu parles avec un sourd. Il ne t’entend pas ! que fais tu ? tu répètes la même chose, mais en parlant plus fort, jusqu’à crier. Est-ce que refaire inlassablement la même chose en élevant progressivement le volume de ta voix va apporter la solution ?
    Eh bien, c’est pourtant ce qui est effectué depuis des mois par les politiques. Pour sensibiliser, ils ont appliqué inlassablement un modèle de communication basé sur un cours de savoir médical répété en boucle, suivi d’ordres de se conformer aux mesures préconisées d’auto-contrôle. Certes délivrer une information est utile. Mais pour être entendu et que le message soit reçu, il faut utiliser des techniques de communication adaptées aux patients.

    Car, en réalité, les patients potentiels n’écoutent et ne reçoivent que ce qu’ils ont envie d’entendre. Contrairement à ce que croient beaucoup de médecins, la plupart d’entre eux ne sont pas en recherche de savoir médical, en tous cas pas que de savoir médical. Un autre exemple imagé est celui du malade auquel on vient d’expliquer qu’il a un cancer, et dont la première préoccupation va être : mais qui va garder le chien. Eh bien, si le médecin élude cette question, qui est la plus importante pour le patient, le patient n’écoutera plus rien de ce qu’on lui dit ensuite, et ne retiendra aucune information médicale. Il s’en fiche, il a SON problème à résoudre. Si personne ne s’occupe prioritairement de son problème, cette question va emboliser son esprit. Le médecin sera convaincu d’avoir correctement informé et expliqué, et ne comprendra pas la surdité émotionnelle du malade.
  3. La communication médicale doit permettre aux gens de donner un sens à ce qu’on leur annonce .
    Aussi, un mode unique, rationnel à connotation de lutte  part d’un  présupposé inexact, qui serait que tout le monde a le même mode de pensée que l’informateur, que tous vont comprendre et recevoir une information stéréotypée, des explications et des réexplications, une vérité crue, des chiffres… Mais tout cela est au contraire d’une grande violence pour certains. Or la violence émotionnelle induit, on le sait dès l’annonce d’un cancer, la mise en place immédiate de mécanisme de protection. La personne n’entend plus ce que dit celui qui croit l’informer.

On se trouve dans une situation paradoxale et assez grave:

Les politiques répètent inlassablement un message qui n’est pas entendu. Ils pensent remplir leur devoir information et les gens maintiennent et affirment pourtant  ne pas avoir été informés. Les mauvais choix de communication autour du problème épidémique induisent dans la population un état de dissonance cognitive. On a beau leur expliquer qu’il y a un problème, ils ne comprennent pas la nature du problème, et du coup, nombre d’entre eux se protègent en faisant comme s’il n’y avait en réalité PAS de problème. En fait il faudrait trouver un moyen pour que ceux que l’on veut informer comprennent la nature du problème. C’est loin d’être le cas.

Un exemple. Il peut sembler évident que vos amis, et vos relations, ont enfin compris qu’il ne faut pas que les lits de réa soient saturés parce qu’il en manque, et que les soignants sont épuisés, physiquement et moralement.  Et pourtant,  une ou plusieurs personnes qu’on croit bien informées, en l’occurrence pas plus tard qu’hier soir pour moi (et chez vous?) demandent: « pourquoi on n’a pas ouvert de nouveaux lits de réa depuis mars ? pourquoi on n’a pas embauché de nouveaux médecins, de nouvelles infirmières ? ». S’ils posent actuellement cette question, cela atteste avec évidence de la mauvaise qualité de l’information qu’on leur a donnée.

Il y a un phénomène de longueur d’onde. Le politique dit, le médecin dit, et la population n’entend pas. A cela, ajoutez la cacophonie de médecins ayant trouvé dans cette situation de crise un faire-valoir de leur écoute, et qui viennent brouiller les messages. forcément, les gens vont suivre celui dont la parole correspond à ce qu’ils ont envie d’entendre, et en déduire que leur propre croyance est la bonne puisque un grand docteur invité à la télé la partage et la diffuse

Le coronavirus a ceci de commun avec la maladie grave, que son arrivée dans la vie de la planète induit traumatisme, pertes, remaniements psychiques, réactions de défense (protection contre l’angoisse)

L’extension  actuelle de la maladie démontre à quel point les gens n’ont pas compris l’information.

Parce qu’on n’a pas pris soin de vérifier ce qu’ils avaient compris,

Parce que l’on n’a pas tenu compte du pas à pas psychique qui permet aux gens d’assimiler les mauvaises nouvelles. Au contraire les discordances d’informations sont telles que se développent plutôt une sorte de surdité émotionnelle, d’indifférence à la menace, d’incompréhension de mots tels que mobilisation, lutte

En effet, quelle que soit la situation, quelle que soit la maladie, quelle que soit la menace, les gens veulent continuer à vivre une fois le mal nommé, et il faut leur donner les éléments de compréhension pour qu’ils intègrent qu’actuellement continuer à vivre, c’est accepter au moins pour un temps de vivre différemment, TRES différemment.

Actuellement, il m’apparait que ceux qui informent « officiellement » omettent 2 choses importantes:

  • La première c’est qu’Informer c’est mettre en forme un message pour l’adapter à celui à qui on veut le dire.
  • La seconde c’est qu’en tant qu’émetteurs ils sont responsables du message donné, mais aussi et surtout du message reçu.

Peut-être aurait t’il été bien de  mettre en place, peut-être est-il encore temps de mettre en place, un « dispositif » de sensibilisation qui puisse être écouté par différentes personnalités, qui s’adapterait mieux en pratique à ce que les différents patients potentiels souhaite entendre et peuvent entendre. Les influenceurs devraient cesser de vouloir prédire l’avenir, se lamenter sur ce qui a été fait ou pas, bien ou mal, et se mettre en ordre de marche pour s’adresser à leurs publics avec leurs mots, et leurs attentes, de manière à être non seulement écoutés mais entendus, et surtout compris. Afin d’enrayer la spirale de l’inflation des cas de Coronavirus avec des moyens compris et acceptés par la population, et auxquels elle adhérerait, comme cela se produit dans d’autres pays.

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