Quand se faire vacciner contre la COVID? Immédiatement? Avec du recul? Jamais?

Les réactions face à l’arrivée promise sous peu de vaccins Covid , parlons-en

Image par Ray Shrewsberry de Pixabay

VACCIN ANTI-COVID: PROFILS DE CEUX QUI VEULENT, DE CEUX QUI VEULENT PAS ET POURQUOI

J’évoquerai d’une part 2 publications récentes sur l’adhésion au vaccin, d’autre part une « étude » 100% non scientifique, faite par ma pomme, c’est juste un sondage réalisé sur Twitter les 21 et 22 novembre, dont je trouve les résultats suffisamment intéressants pour faire l’objet d’un post et d’une discussion

Ne cachons pas qu’il y a une part de raison personnelle dans ma question.  Habituellement, et je l’ai été dans ma pratique médicale, je suis toujours un peu attentiste vis-à-vis d’une nouvelle molécule déclarée comme miraculeuse. C’est d’ailleurs une question qui était régulièrement posée par un institut de sondage aux médecins : quand un médicament nouveau est introduit sur le marché 1) vous l’utilisez de suite 2) vous attendez que le médicament ait déjà été utilisé largement. ?  

Pour ma part, j’ai plutôt eu tendance à opter pour la solution 2, attendre un peu et voir.

En effet, ce que l’on sait des effets indésirables des médicaments est clair : dans les essais cliniques, quelques centaines de personnes seulement sont explorées. De cette manière, des effets indésirables rares mais graves ne sortent pas forcément, mais par contre ils se révèleront dès que le médicament sera administré en même temps à des milliers voire des millions de personnes.

C’est exactement ce qui pourrait se passer avec le (les) vaccin anti-Covid.

Si ces  vaccins ont des effets indésirables graves, ils se révèleront lors de l’utilisation sur de larges populations.

Le risque de mourir suite au vaccin devra donc en effet être mis en balance avec le risque de mourir du Covid.

Pour le vaccin, cela se saura quand il sera diffusé largement et qu’ainsi apparaitront les effets indésirables graves, qui ont, je crois, été estimés à 0,5% sans que l’on n’ait d’information si l’on en meurt ou pas.

TOUT D’ABORD, QUEL EST LE RISQUE INDIVIDUEL DE MOURIR DU COVID ?

Pour prendre décision sur l’intérêt de se faire vacciner, il faut déja avoir une idée sur ce qui risque de vous arriver si vous ne le faites pas !

Le risque de mortalité du Covid commence à être bien estimé. Une récente et intéressante étude publiée par un équipe de l’Imperial College de Londres https://www.imperial.ac.uk/mrc-global-infectious-disease-analysis/covid-19/report-34-ifr/  a colligé 175 études publiées dans le monde. Dans les pays à revenu élevé comme la France, les scientifiques situent le taux de mortalité après infection par le Sars-CoV-2 à 1,15 %, tandis que, dans les pays à revenu faible, il avoisinerait plutôt les 0,23 % ».

Concernant la France, en rester à ce seul chiffre de 1% de mortalité est trompeur. Car la mortalité du Covid est fortement corrélée à l’âge du patient et donc à ses facteurs de risque. L’âge est un facteur de risque non isolé. Les comorbidités associées sont des facteurs de risque associés à l’âge. Ainsi, le taux de mortalité passe de moins de 0,1 % chez les moins de 40 ans à plus de 14% chez les patients de plus de 80 ans, et même 17 % au-delà de 90 ans.

https://cdn.trt.net.tr/images//6042/9f9b/6e4f/5e6a40b2b1862.jpg?time=1606143435

ENSUITE, QUELLE EST LA POSITION DES GENS VIS-A-VIS DU VACCIN ANTI-COVID ?

La fondation Jean-Jaurès vient de publier une étude sur le vaccin Covid et sur les raisons des antivax. https://jean-jaures.org/nos-productions/vaccins-la-piqure-de-defiance

Ils ont analysé l’influence de l’âge, du sexe, et de l’appartenance partisane et politique, et analysé les influences qui conduisent à la méfiance.

Pour résumer rapidement, leur étude indique que seuls 53% des français déclarent qu’ils se feront vacciner contre la Covid-19 si un vaccin était un jour disponible (Données Ipsos)

Elle conclut également que les plus âgés, sont plus enclins accepter de vouloir se faire vacciner contre la Covid-19.

Dernier point de cette étude, les femmes refusent plus la vaccination que les hommes. 35% de refus chez les hommes, 50% chez les femmes.

Je ne parlerai pas ici des corrélations effectuées entre les pensées politiques, les influences partisanes qui éloignent ou conduisent à l’adhésion au vaccin futur.

CHERCHER UNE AUTRE REPONSE QUE LE BINAIRE OUI/NON, TEL ETAIT MON PROPOS

Mon idée se fixait le postulat suivant : ne pas juste chercher à obtenir une réponse binaire du style OK vaccin ou antivaccin. D’abord proposer un choix « trinaire », vaccin de suite, ou vaccin mais après avoir vu un peu les premiers résultats ou antivax. Ensuite, relier le comportement d’enthousiasme ou de recul vis-à-vis du vaccin au statut « à risque » ou « pas à risque ».

Je rappelle la méthodologie : Sondage sur twitter (compte @crisetchuchote) effectué le WE du 21-22 novembre

Voici les résultats de mon sondage

 Personnes « à risque »Personne « non à risque »
Nombre de répondants53114
Ok pour se vacciner dès l’arrivée du vaccin45.3%55.3%
Se dit Antivax3.8%1.8%
Préfère attendre et voir 50.9%43%
question: « importante et imminente décision : si un vaccin Covid est proposé en janvier, serez-vous pro ou anti ou attentiste? Votre motivation dépend -elle de vos facteurs de risques ? Attention: 2 sondages personne à risque et sans risque »

Commençons par écumer les biais, qui ne manquent pas

  • Le sondage concernait un public particulier, des twittos
  • On  ne sait pas qui a répondu, si c’était des hommes ou des femmes, ni l’âge moyen des répondants
  • La définition de risque était une auto-définition laissée à l’interprétation de celui qui répondait.

Nonobstant ces biais , je vais me permettre quelques analyses de mon petit sondage, car je le trouve malgré tout intéressant.

31,7% des 167 répondants se disent faire partie des personnes à risque sans qu’on n’ait le détail du risque. Ce résultat indiquerait que sur Twitter, environ 1/3 des gens présentent une situation qu’elles estiment à risque pour le coronavirus (âge, pathologie intercurrente, obésité ?). Est-ce que c’est ainsi en population générale ? je n’ai pas trouvé de chiffre sur le pourcentage global de gens considérés comme à risque pour le coronavirus.

Ce qui est intéressant à remarquer, c’est que les personnes se disant à risque semblent moins décidées à se faire vacciner immédiatement dès l’arrivée sur le marché du vaccin. Elles ne sont que 45.3% à se dire d’accord pour un vaccin immédiat, contre 55.3% des personnes sans risque.

Cela introduit une certaine notion de méfiance vis-à-vis des effets indésirables d’un vaccin inconnu.

Or c’est bien cette population à risque qu’il faudra convaincre d’aller vers le vaccin rapidement.

L’opposition formelle au vaccin (se déclarant antivax) n’est pas évidente, pour aucun des groupes. Certes, et la encore c’est un peu étonnant, car on trouve un peu plus d’antivax dans le groupe à risque (presque 4%), alors qu’il n’y a que la moitié (environ 2%) d’antivax chez les personnes non à risque. Nous ne traitons pas ici des principes de ceux qui refusent, c’est leur problème, et ils sont somme toute assez peu nombreux, 4 sur 167 répondants.

Une autre chose très intéressante, c’est la part importante de gens qui ne sont pas contre le vaccin, mais préfèrerait avoir du recul. En fait, hormis les quelques irréductibles antivax, tous ceux qui disent ne pas vouloir se faire vacciner immédiatement se retrouvent dans ce groupe la.

On peut en conclure qu’il n’y a en réalité aucune opposition formelle à la vaccination. 98% de ceux qui ont répondu à cette enquête sont d’accord pour le vaccin. La remarque intéressante, c’est que plus les gens se disent dans un groupe à risque, moins ils semblent enclins à aller se faire vacciner dès la sortie d’un vaccin, et plus ils se disent enclins à attendre un peu pour voir. Ce qui est parfaitement logique. Ayant déjà un risque, on n’a pas forcément envie d’être parmi les premiers à tester un traitement dont on ne connait pas bien les effets indésirables.

Je n’ai pas pu répondre à mon propre sondage. Néanmoins, l’honnêteté de celui qui se base sur une étude non scientifique pour en tirer des conclusions est pour le moins de donner son propre avis ! Je fais partie des gens à risque (trop ronde, un peu trop vieille, même si juste sur le chiffre bas des âges à risque), et personnellement, je suis disposer à aller d’emblée me faire vacciner…

2 commentaires sur “Quand se faire vacciner contre la COVID? Immédiatement? Avec du recul? Jamais?

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