Pour réfléchir à cette question, appliquons à la santé 🩺 la métaphore de l’écharpe relationnelle 🧣
La métaphore de l’écharpe relationnelle illustre le fait que chacun est responsable à 100 % de son côté de la relation, mais seulement à 50 % de la relation dans son ensemble.
Si un seul bout de l’écharpe relationnelle est tiré trop fort, l’écharpe sera trop tendue et finalement pourra se déchirer ou bien être lâchée de l’autre côté.
On évoque, on incrimine, on ne parle que des manquements des médecins
– Pourquoi les médecins ne s’installent-ils pas dans les déserts médicaux ? => on va les obliger à s’y installer ou à aller y travailler quelques jours par mois
– Pourquoi ne consultent-ils pas plus tôt, plus tard, plus longtemps ? => on va les obliger à prendre des gardes
– Pourquoi ne sont-ils pas plus disponibles, plus présents?
Il ne faut pourtant pas méconnaitre qu’une prise en charge médicale implique forcément au moins 2 protagonistes : un patient et un médecin
Autrement dit, peut-on faire porter tout le poids des dysfonctionnements d’accès aux soins sur les médecins, et ne pas parler des patients ❓
La situation:

– du côté médical de l’écharpe, pénurie.
– et du côté patient de l’écharpe, pléthore de patients mais aussi de demandes de soins.
Et si une partie d’amélioration de l’accès aux soins se trouvait du côté des patients ❓
En règle générale, Il est acquis que toute demande de soins de la part d’un patient est légitime, parce que le fait d’être malade ou seulement inquiet, le met en situation de faiblesse à laquelle un médecin est tenu de répondre aussitôt et sans délai.
Mais, les patients, qui sont, comme on le sait, des personnes engagées, et responsables et comprenantes, ne pourraient-ils pas être incités à s’impliquer pour gérer la pénurie médicale❓
Par exemple, on leur demanderait
– D’apprendre à réguler leurs demandes, à écouter les conseils d’orientation (pharmaciens, infirmiers, régulation, téléconsultation), afin de formuler des demandes adaptées, et pas des exigences immédiates
– D’accepter que l’accès aux soins repose sur une régulation et une priorisation, pas sur l’immédiateté, d’accepter de sortir de l’illusion d’une disponibilité permanente et obligatoire a toute demande de soins, y compris pas nécessairement urgente : Le médecin n’est pas un prestataire, le patient n’est pas un client.
– De respecter le temps du soin, qui ne peut pas être un horaire à la carte.
– De valoriser les comportements responsables : rendez-vous honorés, bonne orientation
Cela ne veut pas dire culpabiliser les patients, mais leur rappeler qu’ils sont des acteurs responsables de 50% de la relation de soins 🧣 , et donc de la moitié de l’équilibre du système ⚖️
L’accès aux soins ne se résoudra pas par la seule pression portée sur les médecins. Ne doit-il pas passer par une évolution clarifiée de la culture relationnelle entre soignants et soignés ❓ .
il y a le médecin, le patient et vous oubliez le financeur.
J’aimeJ’aime