Petit cancer du sein deviendra t’il grand ? Faut-il le dépister ?

En matière de prévention et de dépistages, le remue-méninge de ceux qui sont contre domine souvent les échanges des réseaux dits sociaux.

Le dépistage du sein n’échappe pas aux controverses. Convictions contre convictions, croyances contre croyances, cas individuels érigés en généralités, articles lus et rapportés sous l’angle de ce que l’on y cherche, les échanges sont nombreux.

Ce qui est sur, c’est que la connaissance et les progrès médicaux n’avancent pas au rythme que l’on aimerait. Il en est ainsi des actes de prévention. Ont-ils le mérite d’exister, apportent t’ils vraiment une amélioration de la santé publique, ou bien le fait qu’ils soient faillibles à titre individuel doit-il les faire bannir les uns après les autres ? Faut-il directement passer à la trappe le dépistage du cancer du sein, les vaccins de toute sorte, et bien d ’autres préventions ou dépistages remis en cause par certains ? Ou peut-on être plus objectif que subjectif ?

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La chance de ne pas pouvoir travailler plus…

Finalement, j’ai de la chance…

La chance d’avoir un bureau partagé…

J’explique. Nous sommes  4 associées et disposons de 2 bureaux de consultation.  Ce sont nos bureaux uniquement quand nous sommes en consultation. Le reste du temps, le bureau est à un autre médecin.

En pratique, cela veut dire que nous n’avons pas de liberté pour ajouter des consultations supplémentaires, et donc pour augmenter notre nombre de consultations de manière à faire face à l’explosion des demandes de rendez-vous.  En effet, à l’heure actuelle, un phénomène inhabituel s’aggrave un peu plus chaque jour : la demande augmente de manière presque exponentielle, et les délais de rendez-vous s’allongent.  Je n’ai jamais vu ça. Nous en sommes à minimum un mois pour un rendez-vous. Et encore, c’est beaucoup moins que beaucoup d’autres confrères de la spécialité, car nous sommes 7 sur le site, très réactifs, et organisés ensemble.

En une année, la constatation est sans appel. Nous sommes passés d’un délai de rendez-vous à une voire 2 semaines maximum, à maintenant 4 semaines. Continuer de lire « La chance de ne pas pouvoir travailler plus… »

Pénurie de médecins: des chiffres qui parlent d’eux mêmes

Évolution du numerus clausus annuel en médecine depuis 1972numérus clausus courbe

Avant 1972, il n’y avait pas de limitation du nombre de médecins formés. Il suffisait d’avoir la moyenne à l’examen de première année pour entrer dans les études de médecine. Comme il y avait progressivement trop de médecins en exercice, en 1972, un numerus clausus a été instauré, limitant le nombre de praticiens reçus en seconde année.

Les médecins ayant passé le concours de première année en 1972  sont actuellement âgés d’environ la soixantaine, entre 60 et 62 ans.  8588 médecins ont été admis en seconde année de médecine en 1972. Jusqu’en 1978, il y a toujours eu plus de 8000 médecins admis.

Dans les années 80, de grands penseurs, économistes et autres personnes bien plus intelligentes que nous ont eu une idée lumineuse. Persuadés que « plus il y avait de médecins, plus il y avait d’activité médicale » (l’offre créant selon eux la demande), ils ont décidé que réduire le nombre de médecins était la solution. L’équation leur apparaissait simplissime. Moins de médecins = moins de malades.

A partir de ce moment, ils ont commencé à baisser le numerus clausus, d’abord progressivement, puis drastiquement. Continuer de lire « Pénurie de médecins: des chiffres qui parlent d’eux mêmes »

Chers patients, bientôt l’heure de la médecine en fauteuil roulant

Commençons par un bref résumé de la vie professionnelle de votre vieux praticien: 

Toute sa vie il a été biberonné au travail.

Très jeune, on lui a expliqué que plus d’heures à l’hôpital = meilleure formation.

Très jeune on lui a expliqué qu’il avait droit de maugréer, de râler, d’être contre, à une condition : ne pas cesser de travailler.

Très jeune on lui a inculqué l’abnégation au service de «ses» patients.

Du coup, les loisirs, il n’a pas eu le temps de s’en délecter. Pas le temps. Le mot culture lui est la plupart du temps étranger. Pas le temps. Tout au plus arrive-t-il à faire du tennis et du golf, activités dans lesquelles il rencontre ses semblables, et parle de médecine.

Il aurait bien aimé profiter plus de ses enfants. S’est toujours promis de le faire plus tard. Plus tard est venu, et les enfants sont grands maintenant. Ca lui laisse plus de temps pour bosser. Continuer de lire « Chers patients, bientôt l’heure de la médecine en fauteuil roulant »

La Télémédecine 2017 en 10 questions

La télémédecine 2017 en 10 questions

1- Les actes de Télémédecine

Allo docteur, je ne vous connais pas, mais j’aimerais votre avis, c’est mon ami bidule qui m’a dit de vous appeler…:  Au quotidien, les médecins font déjà de la télémédecine !

Il suffit juste que le médecin et le patient ne soient pas face à face dans le même lieu, et nous voila transporté à l’époque épique de la télé quelque chose.

Reconnaissons un défaut aux défricheurs de ces nouvelles technologies de e-santé : leur manque d’imagination. C’est simple. Tout acte médical effectué à distance est toujours un Télé/quelquechose. Continuer de lire « La Télémédecine 2017 en 10 questions »

Chers patients, on est désolés

On est désolés

Chers patients, on est désolés

Sincèrement, on est vraiment désolés. Vous ne trouvez pas de médecin. Vous vous lamentez de voir partir les généralistes de vos villes et villages. Vous êtes insatisfaits des délais d’attente pour consultation de spécialistes. Vous vous énervez des heures d’attente aux urgences débordées.

Sincèrement, on est désolés.

Car ce n’est pas de notre faute, à nous, les médecins.

Ce n’est pas nous qui avons mis en place le numérus clausus, limitant le nombre de médecins formés. Au contraire, nous nous sommes battus contre ça. D’année en année, nous avons alerté, les patients et leurs représentants, le conseil de l’ordre, les gouvernants, sur la pénurie prévisible de médecins. On ne nous a pas écoutés. Ou plutôt, on n’a pas voulu écouter. Vous savez ce qu’ils pensaient, ceux qui ont organisé sciemment cette pénurie ? Ils pensaient que baisser le nombre de médecins allait baisser la demande de soins… Mais oui ! Ils étaient convaincus que c’était nous, les médecins, qui générions de l’activité. Raisonnement simpliste, moins de médecins = moins de patients, raisonnement simpliste reconduit de gouvernement de droite en gouvernement de gauche. Tous formés dans les mêmes écoles, méprisants la voix du peuple, obsédés de leurs propres convictions. Continuer de lire « Chers patients, on est désolés »

Grippe : l’urgence est… l’arrêt de travail

  • La grippe est très caractéristique, et généralement celui qui en a les symptômes en pleine période d’épidémie sait aussitôt ce qu’il a. Le début est souvent brutal. Le symptôme principal est la fièvre, très élevée, accompagnée de frissons. La vraie grippe se caractérise par une évolution particulière de la fièvre, appelée le V grippal. La température baisse transitoirement vers le 2è-4è jour et remonte les 48 heures suivantes.

Typiquement sont associées des courbatures, des douleurs articulaires, des maux de tête,  une rhino-pharyngite, une toux, une bronchite, ainsi qu’une conjonctivite éventuelle.

Bref, une vraie grippe voue cloue au lit au moins 2 ou 4 jours, meilleur endroit acceptable pour le grippé, qui, de plus est énormément fatigué. Continuer de lire « Grippe : l’urgence est… l’arrêt de travail »