Multiplication des structures, organisations en silo, empilement des agences de tutelle, inflation des administratifs : tant de raisons rendent le système de santé complexe et dysfonctionnel.
Et si, au lieu de vouloir tout réorganiser d’en haut, on commençait par analyser les vrais besoins des patients, et comprendre comment cesser d’ajouter des étages et des étapes à un système mal organisé pour le soin aigu comme chronique
Prenons l’exemple d’une pathologie « aigue » : un nouveau symptôme, récent, d’emblée inquiétant ou bien se prolongeant suffisamment pour questionner.
Les attentes du patient sont simples. Il veut savoir :
- Si c’est grave
- Si c’est urgent
- Ce que c’est
- Quoi faire
- Comment ça se soigne
- A qui poser toutes ces questions
Peu importe la gravité. Toute inquiétude cherche réponse, et réponse la plus rapide et la plus satisfaisante possible
Quelles solutions rapides de prise en charge aigue ?
- La plus adaptée est le médecin traitant.
- Avantage, il connait bien le patient. .
- Obstacle, le délai de rendez-vous (indisponibilité vraie ou ressentie), puis les possibilités de suivi par le même médecin.
- Le service d’urgence ou la permanence de soins
- Si c’est une urgence vraie, l’entrée dans le parcours est acquise ;
- Le plus souvent, pas d’urgence immédiate. La consultation urgente apportera des réponses partielles, axées sur le symptôme, des examens à pratiquer, un traitement conseillé. Mais en pratique, trop peu d’explications, et pas d’orientation : que faire si ça ne va pas mieux ? que faire des résultats des examens demandés ?
- La médecine à distance en plateforme, rapidement disponible.
- Même réponses partielles, avec conseils de traitement ou d’examens à pratiquer.
- ou bien un conseil embarrassant : votre symptôme relève d’une consultation présentielle, et nécessite un examen clinique rapide. Retour à la situation initiale : se débrouiller pour obtenir une consultation rapide.
Résultats sur la qualité de prise en charge du problème aigu :
- Sauf symptôme simple et qui se traite en une ordonnance, le patient est déjà en errance. Il débute trop souvent alors une navigation non coordonnée entre plusieurs intervenants successifs. Celui qui le voit en urgence, celui qui réalise les examens, celui qui le revoit pour les résultats, celui qui est sollicité si cela ne va pas mieux, etc.
- Chaque étape entraine une perte considérable d’informations, la redondance d’examens, du retard diagnostique. Chaque praticien sollicité n’ayant pas le temps de prendre connaissance de l’ensemble du parcours clinique et de tous les résultats des différents examens. Il y aurait bien le DMP. Mais dans sa forme actuelle il n’est pas bien placé pour l’urgence : trop lent, incomplet.
- Les problèmes non résolus occupent les pensées, c’est humain . La recherche d’explications claires, de synthèse qui mette fin aux inquiétudes conduit de nombreux patients dans un parcours labyrinthique.
Quelles solutions d’apaisement du soin aigu ? :
D’abord, un constat lucide, l’inefficacité de la prise en charge aigue des patients (éclatée, redondante, anxiogène). Le patient est une balle de ping-pong ballottée à l’aveugle d’un avis à l’autre tant que son problème n’est pas résolu.
Répondre à ces errances en répartissant mieux le temps médical ? Une consultation de synthèse de 30 voire 40 minutes, plutôt que 4 consultations hâtives de 10 minutes ? Par exemple, une consultation de synthèse obligatoire après plus de 2 ou 3 consultations pour le même symptôme ?
Réorganiser le système par le bas, autour des vraies problématiques de parcours patients sur le terrain est une question de choix opérationnels et de tarification incitative (au temps passé ? pourquoi pas) pour 1/ des consultations plus longues et 2/ du travail de coordination
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