Le projet de loi de finance de la sécurité sociale 2026 n’a rien de surprenant

Le politique qui prépare les lois de finance continue de voir le médecin sous l’angle de la productivité. leur vision repose encore et toujours sur les principes de Taylor du début du 20è siècle : travail doit mesurable, standardisé, rendement individuel quantifiable.

Or, les médecins ne sont pas « rentables » Ils ne produisent pas des biens, mais juste du bien, une valeur non commerciale, non négociable et intangible.

Pourquoi l’application de normes de productivité et de rentabilité à la médecine sont elles des échecs ?

La somme de connaissance nécessite des années d’acquisition et n’est ni captable ni organisable par le « management », comme dans une usine, ou le management dispose d’une grande partie du savoir et standardise le travail des N-1 -2, situés sous leurs ordres.

L’éthique et le relationnel n’étant pas standardisables, l’encadrement se contente donc de mettre en place les règles qu’il peut et les critères de productivité qu’il imagine : tarif des actes, codage des actes, protocoles, quotas d’actes (à dépasser), quotas de prescription, et maintenant quotas d’arrêts de travail et délégation à des travailleurs moins chers.  Mais la résistance est forte, car une consultation ou un acte médical n’est pratiquement jamais standard et se prête mal à la découpe en somme de conduites et de règles.

Comment mesurer financièrement la qualité du soin , l’écoute, la confiance, la qualité de vie ? La performance d’un médecin n’a pas de valeur marchande mesurable.

Seule la prévention aurait une valeur mesurable, à un détail, c’est sur le long terme,  et donc cela n’intéresse pas le politique car il sait qu’il ne sera plus la pour en récolter le bénéfice .

On mesure ce que la santé coute, pas ce qu’elle rapporte

Dans la logique du travail tel qu’il est vu actuellement, un médecin apporte est du travail immatériel. S’il ne peut être mesuré, il ne peut être considéré comme rentable.

Il n’y a donc rien à mettre dans la colonne des bénéfices

Seules  les sorties sont mesurables, et elles sont élevées, on le sait.

Rien qui entre, et beaucoup qui sort =  pas de profit pour le payeur

Peu importe la raison de ces dépenses, le médecin devient mathématiquement un générateur de dépenses

N’entrant pas dans un modèle classique de rentabilité du travail, la productivité sociale sociétale et économique des médecins, le maintien de l’état de santé présent et futur de la population,  ne rentre pas dans les comptes nationaux.  

Cela devrait être considéré comme un investissement, mais non tout ce qu’on voit des médecins c’est : Plus il soigne, plus il coûte ! : telle est la seule conclusion.

Il est simple d’en déduire que le médecin doit donc logiquement être rémunéré le moins possible pour son activité. Il est simple de clamer qu’il doit en faire plus avec moins d’argent, puisqu’il ne rapporte que du désagrément aux comptes de la nation.  Il est simple de clamer qu’il doit son temps à la société qui a pris la peine de le former. Il est simple de clamer qu’il doit se satisfaire de s’occuper des autres.

Du coup, les médecins deviennent des générateurs de dépenses « à maitriser », des délinquants économiques, Chaque acte devient un acte de trop, chaque dépense devient un « dépassement », chaque euro de plus est un euro qui n’ira pas dans la consommation. S’il en fait vraiment trop, s’il dépense plus que son voisin, le médecin deviendra un délinquant statistique

Il n’y a donc rien de surprenant dans les mesures annoncées du PFLSS 2026.  Ce sera ainsi tant que le raisonnement se fera en couts immédiats et pas en investissement en santé.

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