Paradoxe à résoudre: plus de médecine, moins de dépenses

Exact, il faut dépenser pour la santé: préserver ou conserver la santé d’une population a un coût.

Le soin  vu par le prisme des caisses de l’état: des dépenses, des dépenses, encore des dépenses! des actes, des prescriptions. Chaque prise en charge= une colonne sur la ligne des dépenses.

Les caisses se vident mais ne se remplissent pas ? si bien sur, qu’elles se remplissent. Facile d’oublier que beaucoup d’argent entre malgré tout dans les caisses :  les cotisations de tous ceux qui travaillent. Mais : celui qui engrange et celui qui dépense ne font pas bien la corrélation entrée/sortie comme dans une comptabilité classique, ce ne sont pas les mêmes organismes. Et puis, les gens en bonne santé cotisent, certes, mais s’il faut les conserver en bonne santé, il est déjà nécessaire de dépenser avant même qu’ils soient malades.

Sauf quand il est personnellement concerné, le politique focalise toujours sur la colonne des dépenses.  Le problème est donc simple selon lui  :

Trop de dépenses de santé => Si problème, il a auteur du problème. => Logiquement, c’est simple aussi de désigner le coupable : le prescripteur.

Et d’ancrer dans l’image populaire le dogme : tout acte médical est une goutte de plus de ce gouffre de dépenses.

Accusé vous prescrivez trop : trop de médicaments, trop d’explorations, abus d’arrêts de travail. Certaines  études estiment à 30% votre quantité de  surprescription.

Accusé, cessez de vouloir vous justifier

En assurant que vous n’êtes pas les seuls responsables. En assurant que vos « surprescriptions » viennent pour la plupart d’une dérive sociétale. Que les gens veulent être rassurés en temps réel, et donc consulter autant qu’ils veulent, faire plein d’examens censés leur garantir qu’ils sont en bonne santé.  Que les gens sont stressés, et veulent calmer leur anxiété en s’arrêtant de travailler.

En essayant de faire comprendre la complexité de votre position :  l’obligation de soigner le moins cher possible, avec le moins d’examens possibles, en donnant le moins de médicaments possibles, tout en offrant des garanties de bon diagnostic et de traitement rapide et efficace et en laissant les gens au travail.

En parlant de santé publique. Pire en employant des mots très éloignés de l’argent, des gros mots comme humanité, émotion, observations de terrain. Et le mot le plus galvaudé, le mot temps. Le temps qu’on vous demande, le temps que vous aimeriez consacrer, mais pas offrir. Ce temps dont vous manquez, parce que justement, le temps, c’est de l’argent. Et qu’on vous pousse à multiplier les actes.

–        Pourquoi donc devrait on vous payer pour des consultations «  banales » , du « presque rien ». (rhume, arrêt de travail, renouvellement d’ordonnance, examens « pour être sur »),

–        Pourquoi devrait être payée une consultation dont on sort sans ordonnance

Votre valeur perçue est et reste la valeur humaine. Sauf que, l’humanité et le temps consacré au bien-être de l’autre n’est pas chiffrable, pas mesurable, pas excellisable, et donc pas rémunérable.

Valoriser l’humanité, cela serait faire moins d’actes, mettre en avant et rémunérer correctement l’acte long sans prescription pour que ce soit financièrement supportable par les praticiens. Mais pas question de rémunérer du temps consacré à autrui, quelle drôle de demande est-ce la, ah ah.

En pratique, la seule méthode utilisée à l’heure actuelle, c’est un double discours:

–        tarifs bloqués au motif de contenir les dépenses.    Maintenant c’est même (PFLSS 2026), tarifs diminués.

–        Versus pressions permanentes sur les médecins pour que les patients aient accès à un soin médical en toute circonstance.

–        Au final faire de plus en plus d’actes et de moins en moins chers, ce que les médecins sont obligés d’accepter s’ils veulent atteindre et maintenir un revenu correct et satisfaire le plus possible d’utilisateurs.

Parler prioritairement de ce sujet c’est apporter une mauvaise solution à  un vrai problème

Et si on changeait de paradigme ? et si on passait à d’autres filtres de vision ?  Et si on parlait de société ? de la sociologie du vivre ensemble ? de santé ? de santé publique ? de philosophie du soin même.

Les propositions des économistes s’empilent et encombrent le placard des regrets. Regrets que la valeur de la santé soit en premier la valeur fric . C’est une vision inappropriée.  Qui n’apporte qu’une mauvaise solution à un vrai problème.

Nous sommes nombreux à être certains que l’on peut certainement faire beaucoup mieux en dépensant beaucoup moins,  grâce à des solutions pragmatiques. Nous sommes nombreux  à souhaiter aborder vraiment les innombrables questions de fond et les mesures de simplification, d’organisation, piétinées par l’obsession de la dépense  (par exemple, prévention, organisation, accès, conditions de travail des soignants).

Alors, écoutez nous !

Laisser un commentaire

Un Site WordPress.com.

Retour en haut ↑