Une fanfare de surinformation : médiatiser sans savoir, sans pouvoir faire cet impossible aveu : « nous ne savons pas encore répondre »

Les quelques cas actuels d’infection à Hantavirus soulignent de manière dramatique ce qui se passe dans un monde ou l’on veut informer les gens sur tout, en temps réel, en continu 24 heures sur 24, alors même que l’on ne dispose que de quelques connaissances, et pas assez pour répondre au feu des questions pratico-pratiques.

On convoque des médecins, on les interroge, on les cuisine.
En réalité, chaque personne aimerait connaitre la réponse à peu de questions, mais importantes pour lui : son risque personnel, celui de son entourage proche et le tournant que doit prendre sa manière de vivre, s’il doit modifier ses habitudes, ses déplacements.  C’est seulement avec cette exacte connaissance que chacun peut mettre en place et accepter des mesures de prévention et de protection adaptées.

Le souci est le suivant : pour bien informer, encore faut-il savoir

Or, à quoi assiste t’on ?

A des interviews de personnalités médicales et scientifiques connues et reconnues, à des articles publiés par des journaux sérieux, à une inondation d’informations se voulant en temps réel, mais discordantes. Agrémentée du réveil des complotistes qui sont déjà aller vérifier dans leurs placards la date de péremption de leurs molécules fétiches et ont préparé les cons crédules à les avaler.

En réalité on assiste à une fanfare d’information en continu totalement cacophonique, ou même les plus motivés et les plus sachants ne réussissent pas à tirer une connaissance utilisable en pratique.

Les scientifiques disent ce qu’ils savent. Ce qu’ils connaissent , c’est le passé, l’historique du virus, les quelques épidémies antérieures, les possibles modes de contamination déjà identifiés, la gravité de la bestiole déjà connue.

Sous le feu des questions des journalistes, sous l’obligation de publication en temps réel, ce que ne disent pas les scientifiques, car on leur interdit de le formuler ainsi, c’est « ce que nous ne savons pas encore » . Ils ne peuvent pas savoir dire le futur de l’histoire,  car ils n’ont pas les éléments ni les arguments pour prévoir la manière dont cela va évoluer dans les prochains jours ou semaines.

Ce qu’ils n’osent pas dire, ce qu’on leur interdit de dire probablement aussi, c’est « on ne sait pas », « on ne peut pas savoir ».

Ce qu’ils n’osent pas dire et qu’ils devraient peut-être dire, et seulement dire, c’est : « comme on ne sait pas, mettons en place déjà des protocoles de prudence simples et temporaires. Portons un masque dans un lieu confiné, isolons nous si nous avons des symptômes en particulier au retour d’un voyage.

Au lieu de cela, selon les débats et les personnes interrogés,  ils sont faussement rassurants, ou faussement alarmants, voire suffisamment flous pour ne rien dire . Il y a les alarmistes et les nuancés, et il en ressort une communication chaotique, cacophonique, et au final absolument pas informative.

Le temps médiatique et le temps scientifique sont en décalage. Cependant, une fois encore on demande aux scientifiques des informations et surtout des directions et des directives qu’ils sont bien incapables de fournir en l’état.

Cette surabondance d’informations non informative et non pratique génèrera alors chez certain une grande anxiété, et chez d’autres une grande indifférence. Et chez tous une grande difficulté à avoir et à utiliser la bonne information au bon moment

2 commentaires sur “Une fanfare de surinformation : médiatiser sans savoir, sans pouvoir faire cet impossible aveu : « nous ne savons pas encore répondre »

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  1. le diagnostic a été servi sur un plateau, pour un virus connu, qui se transmet par contact proche: on se calme, on accueille, isole et surveille les contacts et ça va bien se passer…

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