Où s’arrête la médecine et où commence la #MAD ‘médecine alternative/douce’

 

La médecine, si on se réfère à son étymologie latine, médica, signifie art de guérir. C’est un art, basé sur des données scientifiques, et qui a pour objet l’étude, le traitement, la prévention des maladies; art de mettre, de maintenir ou de rétablir un être vivant dans les meilleures conditions de santé possibles

A l’heure actuelle, il semble bien que la délimitation de ce qui est médecine et de ce qui ne l’est pas soit source de débat

Dire que toute acte, geste, ou personne qui remédie à certaines souffrances, qui réconforte, aide, est une personne faisant de la médecine est inexact. C’est pourtant une extrapolation, une métaphore, une extension de définition, souvent utilisée,  qui autorise d’interprétations et mène directement à diverses prestations de remédiation de souffrance, effectuées par des médecins hors contexte de leur formation initiale, ou par des non-médecins qui argumentent du caractère médical de leur pratique.

De tout temps, les malades ont cherché dans beaucoup de directions des remèdes à leurs maladies, à leurs souffrances, à leur mort. De la pierre philosophale, aux guérisseurs, aux sorciers, aux médecines alternatives ou douces #MAD , la quête de la santé, du bien-être, et l’éloignement de la mort se font au-delà du médecin, et avec une certaine constance inhérente à la nature humaine. Les malades veulent un remède, et ils continuent à chercher un remède magique avant de s’adresser à la science, car l’expérience prouve, depuis des siècles, que la médecine n’empêche ni la maladie ni la mort. Elle remédie à certaines maladies, prolonge la vie, c’est déjà beaucoup de progrès, mais pas éblouissant aux yeux de certains, qui veulent plus de garanties. Eh oui !  même médecins, nous n’avons pas le pouvoir de guérir tout, nous n’évitons pas la maladie, nous reculons parfois l’échéance sans jamais éviter la fin… cela remet en cause pour certains la médecine telle qu’elle se pratique à l’heure actuelle, dans la continuité de ce qu’elle a toujours fait. Cela remet même en cause pour certains de grandes avancées de la médecine moderne, à titre d’exemple les vaccins, dont l’impact extraordinaire en matière de santé publique est décrié par de plus en plus de gens, (ce qui est pour moi, assez consternant, au vu des progrès que cela a apporté à l’humanité entière)

C’est peu à peu, véhiculée par les échanges faciles d’idées et en particulier par les réseaux sociaux, grands pourvoyeurs d’oreilles et d’yeux chercheurs d’autres visions, que se faufile l’idée que la médecine ne peut pas tout. Et bien sûr, il y aura toujours et encore des pratiques alternatives à la médecine pour cultiver cette conviction chez les gens.

La médecine s’intéresse aux maladies avant tout. Un des arguments des autres pratiques de « soins » serait de s’intéresser plus à la personne. Mais, il y a dans ces pratiques alternatives 2 choses sur lesquelles j’ai envie de donner mon avis (c’est mon avis personnel , que certains pourraient partager et d’autres non)

  • Primo, la première chose que je trouve (très) ennuyeuse, c’est que des médecins s’adonnent à des pratiques alternatives en disant que cela fait partie de la continuité de la médecine. Je ne suis pas d’accord et pour une raison basique: ces pratiques ne font pas partie de l’enseignement qu’ils ont reçu, et apparemment, il semble que ce soit à juste titre : elle ne sont pas enseignées dans le cursus médical parce qu’elles n’apportent aucune preuve scientifique de la guérison d’aucune maladie. 

Par exemple, les homéoptates répliquent qu’ils ne soigneraient pas une maladie, mais la personne qui a la maladie et lui donneraient un traitement adapté à plein de paramètres personnels que je ne connais pas. Ils le disent, on est bien obligé de les croire, vu qu’on n’a pas appris ça en médecine. Ils disent aussi qu’ils escomptent l’effet placebo des granules. 

Idem avec les médecins nutripathes, ceux qui disent qu’ils adaptent l’alimentation à la personne, mais finalement font la même chose pour la plupart des consultants, supprimer les trucs à la mode, lait, gluten, etc. Est-ce de la médecine, que de priver les gens du plaisir de manger sans argument clinique ni biologique.

L’ argument de ‘traitement’ adapté à la personne, est aussi, à bien y réfléchir celui des guérisseurs de tous ordres. Le discours : soigner la personne et pas la maladie,  ne vient t’il pas tout simplement du fait qu’ils ne disposent d’aucun traitement pour les maladies? 

Un autre argument des #MAD, c’est qu’ils font une médecine « lente ». Alors la, je les arrête de suite. La médecine lente n’est pas  la médecine douce et pas besoin d’être alternatif #MAD pour consacrer du temps aux patients. L’important pour les patients c’est qu’ils aient le temps qu’il faut.. Et, la, les médecins français assurent pas mal, à ce qu’on lit des stats sur les durées de consultation.

  • Secondo, la seconde chose que je trouve (très) ennuyeuse, c’est que plein de non médecins pratiquent des #MAD,  « médecines » dites alternatives, douces, ou ce que vous voulez.

J’ai trouvé un site de prise de rendez-vous spécifique,  https://www.medoucine.com présentant une charte déontologique.  C’est une bonne idée.  En effet, toute personne s’adressant à ces filières est potentiellement en état de demande de soins, donc de faiblesse, et il est bien de veiller à ce qu’ils ne tombent pas aux prises avec des pratiques abusives.

Notons avec intérêt les pratiques recensées par ce site, et surtout la présentation dont la formulation est… hélas, « pratiques de médecines douces ». Voici les options de rendez-vous possibles pour personnes en recherche de mieux-être, médecine douce… :  Acupuncture traditionnelleAnalyse transactionnelleAnalyse transgénérationnelleAromathérapieArt-thérapieAuriculothérapieAyurvedaChi Nei TsangChiropraxieCoachingCohérence cardiaqueDiététique chinoiseEFT (Emotional Freedom Technique)Fleurs de BachGestaltHypnoseHypnose EricksonienneHypnose HumanisteMassageMédecine Traditionnelle ChinoiseMicronutritionMouvements Oculaires (EMDR etc)NaturopathieNeurofeedbackNutritionOligothérapieOstéopathiephytembryothérapiePhytothérapiePleine conscience – MéditationPNLPsychologiePsychonutritionPsychothérapiesQi GongRéflexologieRelaxationSexothérapieShiatsuSophro-analyseSophrologieTabacologieTai Chi ChuanThérapies BrèvesTIPIYogaYoga, Qi Gong, Tai Chi

En lisant la déontologique de ce site, notons qu’elle parle de médecine et pas de médecins. On est en pleine illusion d’une médecine sans médecins, vu qu’aucun des pratiquants recensés sur ce site n’est médecin. Notons surtout que ladite charte écrit 7 fois le mot CLIENT et jamais les mots patient, malade, maladie

Donc tous ces gens faisant clairement un truc qu’ils appellent médecine alternative et douce #MAD  n’ont clairement rien à voir ni de loin ni de près avec la médecine.

Ce n’est pas le seul site sur lequel les médecins ou la médecine sert de caution pour l’argumentaire. Par exemple celui-ci « Les médecins se tournent de plus en plus vers les antibiotiques naturels, sans risque de résistance, ni effets secondaires. ». L’article ici fait la pub pour les pépins de pamplemousse, la propolis, le vinaigre de cidre, l’ail. Pas top médecine, cela, et pourtant le mot fait bien partie de l’introduction, car ce mot donne confiance, et suscite adhésion…

Les médecins soignent des patients. Ceux qui font de la #MAD en médecine douce ou alternative,  ont des clients. A ne rien dire, à laisser ces formulations vaseuses basées sur la notion de médecine sans médecins, les médecins à pratique alternative sont d’accord pour qu’on les amalgame avec tous ceux qui font de la médecine douce, car les patients ne font pas vraiment bien la différence ;  Le problème est de savoir à quel moment toutes ces pratiques hors champ de l’enseignement de la médecine, passent du soin du patient à la prise en charge de clients. A partir du moment ou on ne soigne pas des maladies, ne s’adresse t’on pas plus à des clients ?  Des clients qui ne viendront jamais vous reprocher de ne pas les avoir guéris, car ils savent avoir consulté des gens qui ne soignent pas leurs maladies… En cas d’échec,  ils se diront qu’ils ont essayé, et tenté, et raté, d’éviter les soins médicaux normaux, pour finir quand même par se rabattre vers la vraie médecine, puisque c’est la seule manière de guérir leurs maladies.

La médecine est une chose bien trop importante pour être mise à toutes les sauces, et accompagnée de toutes sortes d’adjectifs. Je n’ai rien contre toutes ces pratiques, mais j’ai quelque chose contre le fait qu’on les assimile à de la médecine. Laissons la médecine aux médecins, et appelons autrement ceux qui sont des adeptes de pratiques alternatives, fussent t’ils médecins. A partir du moment ou on ne se réfère plus à des faits publiés et vérifiés, à partir du moment ou l’on sort de son rôle de médecin pour entrer dans celui de guérisseur de la personne et pas de sa maladie, on ne peut plus dire que l’on fait de la médecine, en tous cas pour cette partie de la pratique. Et on ne peut non plus accepter que les produits ainsi prescrits soient appelés médicaments, et que les consultations ainsi réalisées soient appelées consultations médicales.

Je propose de lancer une grande concertation. Comment appeler autrement les médecines douces et alternatives, en enlevant toute référence à la médecine. Une solution pour mettre un peu au clair dans l’esprit des … clients, les pratiques dites alternatives et douces, les #MAD, tout ce que la faculté ne considère pas comme du champ de la médecine et, pour cette raison, ne l’enseigne pas dans le cursus. 

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