Une sorte de tolérance au coronavirus ne serait t’elle pas en train de s’installer ?

L’angle de vision, le point de vue que l’on se fait du coronavirus et des actions pour le contrôler évoluent insensiblement, pondérés par de multiples paramètres. Le cheminement que je vais suivre va me permettre d’expliquer l’induction, à petit feu, d’une tolérance dont la dose semble augmenter de jour en jour.

Hiver et printemps 2020 : premier confinement

Vocabulaire guerrier, pour confiner, s’adressant à une génération entière de gens qui n’ont jamais vécu de guerre pour leur grande majorité. Qui ne l’ont pas vécue mais sont nés avec les stigmates et l’éducation qui allait avec une après-guerre. Tout comme les valeureux soldats partant au front en 14, persuadés de revenir une semaine plus tard avec la victoire, l’adhésion à la mobilisation a été forte.

C’est aussi parce que la quasi-totalité des gens croyaient que cette guerre serait gagnée en quelques semaines. Même s’il a fallu ajouter des semaines aux semaines. C’était une bataille pour la victoire. On ne pourra pas parler de la « fleur au fusil ». Mais les chamboulements induits par le brutal changement de vie de la population, conjugué à l’absence de visibilité et de connaissances sur la menace, ont occupé les esprits autant que cette maladie, que l’on pensait vaincre en se confinant.

Eté 2020

On compte les morts, mais en même temps on apprend aussi que plus de la moitié des décès concernent des personnes âgées, et notamment en EHPAD. On est arrivé à près de 30000 décès, dont la moitié sont des plus de 75 ans et des personnes dites à risque. Il y a comme une forme de soulagement : en fait, on peut y échapper, finalement, si l’on n’est pas vieux, pas faible. C’est l’heure des discours autour des probabilités. Les intervenants de plateaux donnent des avis divergents. Normal, ils sont la pour le spectacle, et manipulés parce que fiers de montrer leur tronche de spécialiste jusque la resté dans l’ombre. Ils ne voient pas le piège. Ils viennent émettre leur opinion personnelle et ne viennent en aucun cas donner aux gens les éléments de réflexion nécessaires à se faire une opinion. C’est cacophonique, dissonant, et comme cela s’adresse à des gens qui ne maitrisent pas la notion de risque, cette période commence à faire le lit des interprétations individuelles.  Sachant que la charisme est souvent une qualité des grands imposteurs comme des grands charlatans, c’est l’occasion pour toute sorte de gourous complotistes de se faire une place de choix dans les discussions. Car avec ces gens la, pas d’hésitation, on n’émet pas d’hypothèse. On émet une conclusion, et ensuite, dans la masse et le fouillis des publications, on trouve facilement de quoi les alimenter, grâce à la voltige d’une simple sélection d’informations.

Eté 2020, la vie est redevenue normale, ou presque. Surtout, on est au grand air, il fait beau, et on commence à croire que dehors le coronavirus ne se transmet pas. A moins que ce soit par temps de chaleur ? peu importe. C’est en sourdine, on nous en parle encore, mais l’idée est qu’il va rester une sorte de bruit de fond, qui tuera encore quelques grands-mères et grands pères, mais pas les nôtres, surtout si, comme dit mon petit fils, ils sont déjà très très morts. On se dit que c’est un moindre mal, et qu’on va juste être encore obligé de vivre quelques années avec cette bestiole et ses vaguelettes, forcément moins houleuses que la première.

Rentrée des classes 2020

Tout le monde à appris progressivement à lire et comprendre les courbes basiques qu’on nous présente sans relâche depuis des mois. Septembre, ça décolle un peu, mais pas de quoi en faire un congrès. Octobre, la courbe monte. Il y aurait un rapport avec la rentrée des classes ? les enfants seraient de grands transmetteurs ? les discussions vont bon train à ce sujet. S’alarment surtout ceux que les enfants sont susceptibles de contaminer, c’est-à-dire les enseignants et personnels scolaires. Mais qui pourra dire avec certitude que les adultes ont bien été contaminés par les enfants et pas dans leurs activités extérieures ? Un gros cluster épidémique lycéen et collégien , à Crépy en Valois, aux tous premiers jours de l’épidémie, fait enfin l’objet d’une publication. Elle est paradoxalement rassurante. L’Institut Pasteur a testé la sérologie de 661 personnes en lien avec l’un des lycées de Crépy-en-Valois, au coeur du cluster de l’Oise. Le quart des sondés ont été infectés. Dans une famille, quand un lycéen est infecté, le risque de l’être passe de 3 % à 21 % pour ses frères et soeurs, et de 9 % à 17 % pour ses parents. Chez les proches des lycéens, le taux d’attaque est de 11 %. Les chercheurs estiment qu’au moins 17 % des cas sont asymptomatiques.  Dans une famille, quand le lycéen n’a pas contracté le virus, seuls 9 % des parents ont été infectés, et 3 % des frères et soeurs. Ces données reflètent la circulation du Covid-19 en population générale, signalent les chercheurs. Elles sont cohérentes avec les relevés de l’établissement français du sang, avec 3 % de donneurs contaminés à proximité. La conclusion c’est : Etude sérologique menée dans l’Oise : «Le virus se transmet très peu entre enfants». Ca rassure sérieusement. Déjà, et heureusement que les enfants ne sont pas gravement atteints, et ça c’est un miracle, vous imaginez une maladie comme ça qui aurait tué autant d’enfants que de troisième âge

On est toujours convaincu que c’est pas si contagieux que ça en définitive. Le cerveau humain fait la sélection, oscille entre les messages réconfortants de ceux qui ne craignent pas de seconde vague et les messages alarmistes de ceux qui poussent à se protéger de suite. Il faut mettre en balance la vie des gens, leur moral, l’économie du pays. Alors on attend un peu

Automne 2020

Il faut se rendre à l’évidence. Toutes les courbes se dirigent vers le haut. Celle des cas positifs s’envole, alors que celle des hospitalisations et des morts monte doucement. Un coin de cerveau non cognitif se rassure. Aurait on fait des progrès thérapeutiques qui permettraient de soigner mieux. Dans ce cas, on pourrait peut-être laisser filer les contaminations puisqu’on guérit mieux du coronavirus.

Mais bon, l’étalon or du nombre de patients malades supportables est déterminé depuis le début. C’est le nombre de patients réanimatoires que peut absorber le système de santé. Sachant que l’on a autour de 5000 places de réa, ce chiffre ne doit pas être atteint, sous peine de se retrouver dans la situation de mars, avec des hôpitaux consacrés à une pathologie unique, le Covid, et tout le reste qui s’arrête. Il faut bien aussi soigner ceux qui ont d’autres maladies.

Mais on n’est qu’à la moitié des lits de réa pleins. On va donc se contenter de moitié de mesurettes. On confine mou. Toujours en termes guerriers, sans réaliser le trop plein et le ras le bol de ces obligations guerrières. Le couvre-feu … comme si les bombes coronavirales explosaient plus encore après 18h. En fait, on a du mal à faire capter aux gens, que les bombes à coronavirus, ce sont en réalité tous les autres humains qu’ils voient de trop près et en milieu clos et en se postillonnant dessus. Et qu’un masque ça se met à la fois sur la bouche et sur le nez.

Economie, économie, on ne peut pas laisser filer les dépenses induites par les fêtes de Noël. Alors, on relâche, mais les mises en garde ne sont pas prises en compte. Décidément l’humain refuse d’être un mouton quand on lui dicte sa conduite, en revanche il démontre un comportement grégaire à l’excès dès lors qu’on lui redonne la liberté. Aussitôt, il se regroupe en troupeau avec d’innombrables autres humains dans des grands centres commerciaux. Ou même dans des petits commerces qu’il ne visitait jamais mais qui, tout soudain, lui semblent indispensables.

On commence à nous parler de vaccin. Mais, étant donné que la situation, bien que pérennisée, parait se stabiliser, le vaccin, eh bien, une majorité se déclare opposée.

Noël 2020

On le sait, la bataille du confinement mou n’a pas été gagnée. La ligne d’horizon du nombre de cas infectés n’a pas assez baissé. On le sait, les brassages d’humains en mal de chaleur familiale vont expulser des bassines virussées à la tête des mamys et des papys qu’on attend de voir depuis des mois. Les mamys et les papys de la côte d’azur, partis chercher la douceur d’une retraite paisible au soleil du sud, prennent cher. Nice prend la tête incontestée du nombre de contaminations par habitants.

Janvier 2021

Ca dépend de quel point de vue on se place. Si on regarde le nombre de positifs quotidiens, ça monte, mais très doucement. Bien moins qu’en octobre. Le nombre de personnes hospitalisées, en réa et le nombre de décès quotidiens montent aussi en tendance douce. Bon d’accord, ça monte.  Mais il reste une consolation. C’est bien pire chez certains de nos voisins. En Israel, en Angleterre, en Belgique, en Irlande, les courbes sont parties à la verticale. Même les allemands, qui nous ont nargués avec leur perfection de mars à mai… Nous sommes de bons français, nous réussissons à contenir nos chiffres…

On nous parle à nouveau de vaccin. Ca devient même une réalité. Dans le même temps, un vent de panique souffle sur la planète. Certains disent que le virus est « intelligent ». En réalité, il a manifestement muté, (mais pas chez nous, na na nère). Le souci, c’est que la mutation semble le rendre plus contagieux. Il est à nos portes, plein de pays se reconfinent, mais nous on continue à ronronner autour de nos 20000 cas quotidiens en se convaincant qu’on va réussir à tenir comme ça. Et on regarde d’un œil averti l’Allemagne, ou la Belgique, largement dépassées par les infections, un genre de revanche, en somme de la période de mars à mai, durant laquelle ils géraient tranquillement. A notre tour de bien gérer.

Et voici le vaccin… enfin. LA solution est à notre porte. Et en bons gaulois que nous sommes, l’avis général bascule en quelques jours. Désormais, non seulement, le vaccin tout le monde est pour, mais aussi, tout le monde le veut dès demain. Les bonnes volontés médicales se mobilisent, dans le désordre, et sans suivre les directives organisationnelles préconisées. Chacun veut son centre, son vaccin, ses patients. Comme il n’y en a pas pour tout le monde, un plan de passage est établi. Ca cafouille, c’est la ruée, tout le monde le veut, maintenant, le vaccin. Un incident survient : en fait, des vaccins, il n’y en a pas pour tout le monde dès ce premier jour. Et même, il y en a en réalité pour très peu de monde, les firmes ne livrent pas, l’élan est freiné après à peine une ou 2 semaines.

Février 2021

On ne vaccine pratiquement pas, car toujours pas de vaccin.

Le variant de nos voisins a décidé de passer la frontière, mais quand on fait un test à grande échelle, chez nous en analysant tous les prélèvements d’un jour donné, il y a un problème technique et les données ne sont pas interprétables comme on l’espérait. On n’est pas en France pour rien !

Ca chauffe un peu plus chaque jour à l’hôpital. Et personne ne se rend compte du problème. Quand les hôpitaux ont été surchargés au printemps, il ne s’agissait que de quelques régions. Des soignants d’autres régions sont venus en renfort. Des soignants bien frais, pas fatigués.  Une année plus tard, toutes les régions de France sont concernées. Non seulement il n’y aura pas de vivier de soignants disponibles pour venir aider, mais en plus ceux qui sont sur le terrain sont littéralement épuisés par ces mois de lutte pandémique. Epuisés et décimés.  Le nombre d’infection chez les soignants est en constante augmentation. Et une autre maladie les atteint, et elle est grave. Le burn-out. La fatigue . L’épuisement moral auprès des patients tenus loin de leur famille, morts dans la solitude, pas accompagnés de leurs proches, enfermés dans des sacs sans toilette mortuaire post mortem. Un travail coronacentré, et des établissements de santé sanctuarisés. Contrôles d’entrée, pas d’accompagnants, pas de visite, pas de circulation dans les couloirs, insistance téléphonique des familles inquiètes. Les rangs sont éclaircis chez les soignants. Et donc, on a beau avoir toujours le même nombre de lits de réa, ils ne sont pas tous opérationnels parce qu’un lit de réa sans soignant ne vaut pas un clou.

Février 2021, la suite… ?

Une bonne idée. Fermer les centres commerciaux. Non pas seulement pour éviter à la foule moutonneuse d’aller s’y frotter les uns contre les autres. Aussi parce qu’ils s’en sont mis plein les fouilles depuis le début, en restant ouverts constamment, tandis que les petits commerces prenaient cher. La décision plait assez.

Confiner ? alors la, c’est une décision de plus en plus dure à prendre. Car depuis l’automne, on est déjà sous chape, et alourdir cette chape risque d’être lourd de conséquence.

Et puis, on voit poindre une sorte de tolérance. Une tolérance à 20000 cas par jour, une tolérance à 400 décès par jour. 

Une sorte de tolérance semble s’installer.

A partir de quand les gens qui s’esbaubissaient sur les 30000 morts de la première vague sont-ils devenus insensibles à l’augmentation du chiffre, et indifférents, anesthésiés, aux presque 60000 morts atteints à ce jour ?

Et si les gens devenaient tolérants, en se disant, par devers eux, rien ne sert finalement de se barricader pour faire face à un virus qui semble à tous les coups vouloir gagner la bataille à sa manière à lui et qui trouve des parades pour contourner nos efforts de protection.

Et si l’on devenait tous de plus en plus tolérants à la présence du coronavirus parmi nous ? Si, dans l’esprit de nombre de personnes, se développait cette idée que finalement, leur chance d’en mourir est très faible, et que les efforts déployés pour éviter cela ne valent pas l’investissement. Comme si, dans de nombreux esprits, se développait cette idée que finalement, ce sont les plus vieux et les plus fragiles qui en meurent, et que c’est la loi de l’existence. Et qu’ils n’ont qu’à se confiner, eux, et à laisser vivre tranquillement les jeunes qui ne risquent rien.

Et si certains se disaient que finalement, c’est jsute comme si c’était une sorte de loto, dont il ne faut pas tirer le gros lot, mais avec de si faibles chances d’en mourir qu’il vaudrait mieux, tout compte fait, reprendre la vie comme si de rien n’était.

Parce qu’en une année, on a eu le temps d’y bien réfléchir, à notre vie. La vie d’ermite n’est pas pour l’humain du 21è siècle. La vie est un partage d’humanité autour de toutes sortes d’activités faites en commun, et cette maladie qui force les humains à se séparer, à s’éloigner, à se protéger les uns des autres ne peut pas s’ancrer dans l’esprit des hommes comme un changement pérenne de comportement.

Vous n’avez pas cette impression qu’ insensiblement, une sorte de tolérance se développe vis-à-vis du coronavirus. Au nom de quoi, une nouvelle fois nous enfermer, se disent de plus en plus de gens, par devers eux souvent, mais aussi haut et fort pour d’autres. Se le disent et le mettent en pratique, en ne respectant d’ores et déjà pas les règles recommandées. Une sorte de tolérance parait se développer, alimentée par le terreau fertile de l’espoir d’une fin de partie proche grâce aux vaccins. Il va être, à mon sens, sauf explosion de la mortalité, très difficile d’imposer des règles de confinement strictes dans les semaines à venir, .

2 commentaires sur “Une sorte de tolérance au coronavirus ne serait t’elle pas en train de s’installer ?

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  1. La gestion étatique de l’épidémie de Covid est un mélange toxique d’ignorance de mesures collectives erratiques et vaines d’autoritarisme imbécile et de procrastination coupable.

    Je ne suis pas antivax et je suis même provax la plupart du temps. Cependant la vaccination contre la Covid dont on fait la pub et qui traîne paradoxalement pour ceux qui en ont besoin m’inspire les réflexions suivantes

    Dans une zoonose il est tout à fait improbable de contrôler la circulation d’un virus d’autant qu’on ne connait pas vraiment les hôtes animaux intermédiaires ni les mécanismes qui font franchir la barrière d’espèce à un virus animal à un moment donné.

    Je rappelle que les hôtes intermédiaires animaux qui ont permis ce franchissement de la barrière d’espèces ne sont toujours pas connus en dépit de ceux qui ont été évoqués. ( pangolin ,civette vison…etc)

    LES CONFINEMENTS AVEUGLES NE SERVENT A RIEN PAS PLUS QUE TOUTES LES MESURES COLLECTIVES ERRATIQUES QUI SONT PRISES. LE VACCIN N’A RIEN D’UNE SOLUTION MIRACLE.

    En fait on ne maîtrise RIEN ni bien sûr les mutations incessantes ni la circulation de ce virus. C’est d’ailleurs ce qui est en train d’être observé

    La Covid n’est pas la variole ni en nature ni en contagiosité ni en gravité et contrairement au Sars Cov2 les réservoirs de la variole sont uniquement humains La vaccination massive contre la variole était TOTALEMENT JUSTIFIÉE Celle contre la Covid ne l’est pas.

    CE QUI NE VEUT PAS DIRE QU’IL FAILLE PROCRASTINER DANS LA VACCINATION DES SUJETS FRAGILES QUI L’ACCEPTENT OU LA DEMANDENT.

    Il apparaît pertinent de séquencer tous les virus qu’on détecte pour probablement adapter les vaccins en fonction de ces données et de ne vacciner que les sujets pour lesquels la probabilité de présenter une forme grave de Covid est beaucoup plus grande que celle de présenter une complication du vaccin.

    Ensuite on peut etre d’un avis diffèrent et c’est le droit de chacun.

    Je signale que cela,n’a RIEN de négationniste de complotiste ou de conspirationniste.

    C’est un avis de médecin En dépit de ce que pensent les inquisiteurs suiveurs doxa et adeptes d’une police de l’opinion sur les réseaux sociaux, je n’ai pas forcément besoin d’une caution ou d’une autorisation quelconque pour avoir un avis.

    Le doute surtout s’il est raisonnable n’a rien d’un poison, il est le commencement de la sagesse

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  2. « la probabilité de faire une forme grave de Covid est beaucoup plus grande que de présenter une complication du vaccin »…
    Au dessus de18 ans, ça fait 100% (et possiblement en dessous). A nuancer, donc…

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