La nullité de la communication sur les génériques.

En matière de santé,  le type même de l’achat peut-être à risque mais surement à bénéfice, c’est le médicament générique.  

 Dans la vie de tous les jours, des achats moins chers et peut-être pas bons pour soi, des achats à risque de santé, on en fait tous.  La boite de conserve à 2 euros alors que toutes les autres du même aliment en valent 6..  on imagine bien que cela cache un risque de santé potentiel. Idem avec le légume bradé de 6 jours pas encore pourri, surement traité avec des produits toxiques. Sans oublier l’objet déstocké, moins cher, certainement moins solide et potentiellement traité avec des produits dangereux.


Acheter est une démarche de type bénéfice/risque.  Si l’on accepte parfois de prendre un  risque de santé, c’est parce que le bénéfice est tangible, et immédiat : cela coûte moins cher.

 

Vous, moi, nous prenons donc en pleine conscience, dans notre vie quotidienne, des risques pour notre santé.


Or, en matière de santé,  le type même de l’achat peut-être à risque mais surement à bénéfice, c’est le médicament générique.


Un risque potentiel  des génériques est ressenti par les patients. Bien que l’on assure que c’est la même molécule, que les différences sont mineures, sans conséquence. Les médias ont bien oeuvré à ce ressenti. Et puis, la société de consommation nous a inculqué ce dogme : si c’est moins cher, c’est surement moins bien.

 

Un bénéfice des génériques est certain. Il est même important. On nous le rabâche à longueur de temps.  Mais il n’est pas un bénéfice de santé. Le bénéfice est présenté comme seulement financier. Prenez des génériques, cela génère des économies de santé. OK c’est moins cher.  Mais c’est moins cher pour qui ? pas pour celui qui estime prendre le risque, parce que lui, les économies, il ne les voit pas. L’organisation de la prise en charge de la  santé  est faite de telle manière que le patient ne sait ni ce qu’il coûte avec ses médicaments ni ce qu’il économise en acceptant d’en changer.


Pas besoin d’avoir de longues années de psychologie pour en déduire que la communication autour des génériques en France a été faite de manière catastrophique.

      

Les termes sont mal choisis : le médicament princeps est aussi appelé  « de référence » .  A l’heure des référents en tous genre,  garants d’expertise, personne n’accepte facilement de se retrouver avec un produit non référent par la force d’une substitution imposée.  


La justification matérielle comme seul argument, en matière de santé, est une idiotie. Pourquoi les génériques sont- ils présentés seulement sous l’angle de la logique commerciale. Cela n’aurait de sens que si l’économie était effective pour l’intéressé. Or elle ne l’est pas pour celui que l’on substitue.  De son point de vue, c’est lui qui prend un risque potentiel, mais un autre que lui, l’état, qui en tire bénéfice.


 On fait appel à la conscience collective du malade, mais en France, le malade est individu avant tout, et la société moderne de plus en plus individualiste.

 

Où est la responsabilisation du patient /sur sa santé / sur ses dépenses de santé ? 

 

Il ne sait ni  ce qu’il dépense ni ce qu’il économise. On l’oblige à prendre un médicament « différent » et qu’il estime souvent moins bien, voire à risque. Grâce à son implication, l’état fait des économies, mais il n’en perçoit pas la valeur.  Le générique n’apporte au patient aucun plus à titre personnel, ni sur  sa santé, ni sur ses finances individuelles.  Et il est cependant obligé de s’y conformer… Comment, sans argument positif pour l’intéressé,  la prise de conscience de l’intérêt en matière de santé publique peut- elle se faire, dans de si nulles conditions de communication ?

 


medicament-revolver.jpg

image Neal. Flick R

 

2 réflexions sur “La nullité de la communication sur les génériques.

  1. Merci pour cet article. Je suis allergique aux excipients des génériques des médicaments que je prends, et je suis obligée de prendre les princeps. Heureusement mon médecin qui le sait écrit pour les trois concernés, ‘non substituables’. Mais c’est vrai que les génériques apparaissent comme la carte forcée…

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