Un nouveau concept: la maladie masquée…

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L’effet blouse blanche, tout le monde en a entendu parler. L’émotion induite par une consultation médicale peut provoquer une poussée de tension. Connue de longue date, la poussée de tension lors d’une consultation concernerait un patient sur 4. Y compris quand le médecin reçoit en habits de ville.


Voici, à l’inverse, une étude transcendante qui vient admirablement nous démontrer que 40% des personnes âgées présentent une hypertension artérielle à domicile mais pas chez le médecin. Un effet blouse blanche inversé, en quelque sorte. Cette anomalie a été dénommée HTA masquée. Pour faire cette constatation, on a équipé des seniors de 73 à 97 (!) ans au moyen d’appareils d’automesure tensionnelle. C’est une étude sérieuse, réalisée par une unité Inserm.

 

Qu’est ce qui explique donc cet étrange croisement tensionnel entre le cabinet médical et le domicile. Ainsi, la tension normale de certains monterait en pénétrant dans un cabinet médical, alors qu’à l’inverse la tension élevée d’autres se normaliserait en présence du représentant officiel de la médecine ?

 

A lire ce genre de constatations hors de ma spécialité, je ressens comme une impression disons..bizarre. Une impression que l’on veut un peu créer de la pathologie ou il n’y en a pas ou pas encore. Un sentiment diffus, un je ne sais quoi qui me susurre que déceler de la maladie ou de l’avant-garde de maladie, est surtout un process générateur d’indication de traitement. Je me remémore le bon sens populaire qui dit toujours que , passé un certain âge, il vaut mieux avoir une tension plutôt haute que trop basse. J’aimerais que l’on prouve qu’il est grave d’avoir une hypertension masquée à 97 ans (âge maximum des patients de l’étude), je voudrais que l’on m’affirme qu’un traitement d’HTA est plus efficace que délétère en première intention passé un certain âge.

 

Ces constatations se mélangent dans mon esprit avec celles du baromètre santé d’AXA, publié en 2012, qui nous informe que seulement 27% des Français sont vraiment en pleine forme.

 

Ces recherches cliniques et ces études populationnelles tendraient vers une démonstration unique: la bonne santé serait un leurre tant chez les jeunes que chez les vieux. On peut à ce propos faire du mauvais esprit, et se laisser à penser d’aucuns ont grand intérêt à ce que toutes les composantes d’une population soient considérés en mauvaise santé… Les malades sont bien plus rentables pour l’économie mondiale du médicament que les biens-portants. Donc, en traitant par un antihypertenseur une personne de plus de 80 ou 85 ou 90 ans, on génère un bénéfice. Mais à qui ? Au patient (le malade, pardon), ou bien à celui qui vend le médicament ?

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