Docteur… Pourquoi ci, Pourquoi ça ?

when-what-which-what-why-and-how-thumb15481011.jpgLe jour du serment d’Hippocrate, en secret, la faculté te grave sur le front un gros point d’interrogation indélébile. Tu as acquis le droit et le devoir de répondre à toute interrogation qui te sera soumise du moment qu’elle est posé par un patient. Pour toujours, la plus grande partie des gens que tu croiseras, en tous cas professionnellement,  débuteront et ponctueront leurs échanges avec toi par: Pourquoi ci, pourquoi ça ? 


 

A partir du  jour ou tu es devenu UN  docteur, tu es réputé posséder  les réponses à l’intégralité des questions qu’on te pose. Particulièrement  dans la sphère médicale, mais pas que. Tu es aussi réputé être toujours disponible avec patience, discernement et efficacité, pour fournir solution rapide, adaptée et acceptable  à l’ensemble des interrogations posées


Dans la vie de tous les jours, de nombreuses questions anodines restent sans réponse. Mais dès lors qu’il s’agit de santé,  aucune question n’est anodine. Elles valent toutes la peine d’être posées. Chaque patient que tu croiseras entend d’ailleurs  gagner à chaque consultation le record du monde du plus grand nombre de réponses obtenues en une seule séance.

Qu’ai-je ? pourquoi ai-je ? ou vais-je ?  quand vais-je ? comment vais-je ?

Qu’a-t-il ? pourquoi a-t-il ? ou va-t-il ? quand va-t-il ? comment va-t’il ?

Qu’a-t-on prévu ? qui fait ? que fait-on ? pourquoi fait-on ? ou fait-on ? quand fait-on ? comment fait-on ?


Bien entendu, c’est une évidence dont je ne veux pas oublier de parler, le docteur sait non seulement répondre à l’ensemble des problématiques médicales et scientifiques  qui lui sont soumises, mais également, par extrapolation,  il doit savoir apporter aussi une solution à l’intégralité de la logistique qui entoure son métier.  Qui, que, quoi, ou, quand, comment ? la sécu, la mutuelle, les remboursements, les médicaments, les papiers… .


 Un docteur doit tenir compte du fait que plus il y a de douleur, plus il y a de pourquoi ? Un docteur, même lassé d’un feu de questionnements, ne peut s’en tirer par une pirouette, ça ne passe pas… Pourquoi?  dit le patient. Parce que ! dit le médecin. Oui, mais pourquoi parce que ? rétorque alors le patient.


Un vrai docteur  doit donc en permanence être disposé et capable de répondre en temps réel au feu nourri des questions de ses patients et de toutes les personnes avec lesquelles il travaille. Secrétaires, infirmières, patients, tous questionnent le docteur. Sujets techniques, pratiques, scientifiques, alimentaires, psychologiques, voire philosophiques, du matin au soir, et parfois même du soir au matin, le médecin est face aux points d’interrogation.


Vous en connaissez beaucoup d’autres, vous, des gens autant questionnés toute la journée ?  

Dis, docteur, Pourquoi  parfois tu t’énerves ? why-me-question-29424003.jpg

5 réflexions sur “Docteur… Pourquoi ci, Pourquoi ça ?

  1. Docteur, Vous rendez vous compte que vous vous plaignez d’exister… Aux yeux d’une multitude de « fourmis peuplant la terre » vous êtes quelqu ‘un qui sait soulager les souffrances grâce au savoir que lui ont apportés  ses études et son expérience. Vous êtes écouté donc influent, respecté, à priori, à vous de nous prouver que vous êtes digne de cette confiance !!! Vous en avez fait des sacrifices pour en arriver là, des années d’étude, à un moment de la vie où justement on préfèrerait dépenser son énergie à autre chose de plus divertissant. Préféreriez-vous ne pas être écouté, ne pas être influent, regrettez vous d’avoir  fait les études que vous avez faites, si vous aviez la possibilité de revenir en arrière recommenceriez vous les même études ? Je suis juste curieuse de savoir ce qui vous passe par la tête lorsque vous écrivez ce genre de texte.   Signé : Une patiente qui n’a pas son BAC 

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    1. Chère Madame, Je vais répondre à votre question: qu’est ce qui me passe par la tête quand j’écris ce genre de texte ? Eh bien justement, madame, ce qui me conduit à rédiger ce genre de texte, soit dit en passant la rédaction n’en est pas agressive, eh bien ce sont toutes les idées reçues et les poncifs de votre commentaire. OK vous n’avez pas votre bac, et moi j’ai fait des études. Ok j’ai des connaissances et je suis influente et vous êtes manifestement complexée de faire partie du « peuple des fourmis ». OK j’ai des connaissances. En revanche, je ne suis pas du tout d’accord avec vos injonctions: « à vous de nous prouver que vous êtes digne de cette confiance !!! ». Pour quelle raison devrais apporter sans cesse des preuves de ma légitimité ? C’est un biais de pensée de votre part, Madame. Les médecins n’ont rien à prouver, ni à vous, ni aux autres patients. Ils ont un métier, celui de vous soigner le mieux possible, avec les données de la science. Ce n’est pas parce que c’est un beau métier, que nous commes  corvéables à merci par, je vous cite: le « peuple des fourmis », ni obligés de prouver du matin au soir notre  légitimité d’être médecin.

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  2. Je vous prie d’accepter Madame, mes plus plates excuses. Si j’avais imaginé un seul instant que mon commentaire puisse vous agresser, jamais au grand jamais je ne l’aurais écris. Si effectivement j’ai longtemps été complexée de ne pas avoir mon BAC (il est difficile en France d’être écouté lorsqu’on n’est pas diplômé), je le suis nettement moins aujourd’hui, par contre, pour ce qui est du peuple des fourmis, je ne le suis pas, c’est juste une constatation. En d’autre termes, je vous disais malheureusement avec des poncifs et des idées reçues mon admiration,  vous qui par votre énergie et votre intelligence, vous êtes élevé au dessus du peuple des fourmis.   La rencontre entre un médecin et un patient est une rencontre humaine et sensible, vous n’avez effectivement rien à prouver, mais moi, comme patiente, je dois savoir si vous m’entendez, me comprenez.

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    1. Merci de ce commentaire additionnel. J’avais en effet ressenti votre premier commentaire comme un peu dur. En passant, je vous signale que ma mère n’a pas son BAC … L’humain et l’humanité est, sachez-la, au coeur de mes préoccupations et de mon attitude face aux patients  

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  3. Je ne comprends pas du tout le commentaire qui stipule à la fin « une patiente qui n’a pas son BAC », je sens comme une sorte de complexe d’infériorité dans la phrase, pleine de reproche. Je ne pense pas que l’article soit une plainte de l’auteur sur son métier, je crois que c’est juste une évidence que l’on vit au quotidien. Et c’est vrai que les gens pensent que les médecins ont réponse à tout, or c’est un métier comme tant d’autre, rien qui relève du miracle.

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