être malade, c’est du sport…

equilibre.jpgEtre malade est un sport que l’on peut débuter à tout âge. Contrairement à d’autres pratiques, on peut exceller en maladie y compris  si on ne le débute qu’à un âge avancé. 


Dans tous les cas, quel que soit l’âge d’entrée en maladie, se soigner relève d’un parcours sportif, et qui plus est un sport d’équipe. La première démarche est de trouver un sponsor,  qui acceptera de superviser votre carrière de malade et de la gérer au mieux de vos intérêts.  C’est ce sponsor à tendance généraliste qui décidera de votre carrière, et vous donnera les recommandations pour différents clubs plus spécialisés dans votre domaine.


Chaque club médical que vous serez amené à fréquenter en tant que marathonien ou de coureur d’endurance en maladie sera composé de spécialistes. Tout d’abord, il vous faudra accepter la charte de fonctionnement.  Vous ne pouvez pas adhérer sans un rendez-vous en bonne et due forme. Inutile d’être trop pressé, les délais d’attente sont parfois longs.  Sachez aussi que ce rendez-vous est payant, que vous n’en connaitrez le prix qu’au moment de passer à la caisse. Par contre, si d’autres débours financiers sont prévus par le président du club une fois passée la première rencontre,  pour toute action complémentaire ou chirurgicale que vous effectuerez avec lui, il est tenu de vous prévenir de ce que cela vous coutera.

 

Certains biens portants ont envie de tester avant l’heure un ou plusieurs clubs. Ils intègrent d’emblée l’équipe des hypochondriaques. Et s’ils aiment la pratique du surf, sur le net, c’est dans l’équipe des cyberchondriaques qu’ils seront admis.


Dans la majorité des clubs, on vous demandera de ne pas être un patient passif.  Les responsables de club pensent que vous n’avez pas aucune raison d’oublier de leur apporter les résultats de tous les tournois auxquels ils vous auront demandé de participer. Sous peine de sanction, vous ne devez donc pas oublier de rapporter les résultats des matchs chez le biologiste, le radiologue, les autres présidents de clubs de spécialistes.


Si le spécialiste apprécie votre proactivité pour lui communiquer les résultats de vos tournois, dans pas mal d’autres domaines, il est plutôt enclin à vous inciter de garder silence et tête basse afin de pouvoir faire de vous ce qu’il veut.  Vous aurez donc constamment à gérer les contradictions de votre entraineur spécialiste qui vous souhaite actif mais pas trop. A tout moment, gardez conscience que votre comportement peut le fâcher. Par exemple si vous faites preuve de trop de curiosité, si vous discutez ses avis, si vous prenez d’autres avis, si vous consultez des sites internet.


Tout au début de votre période sportive, il serait bon de tester différents réglages internes vous concernant. Le premier est votre voix, car vous aurez parfois du mal à la faire entendre, et encore plus de difficulté à la faire accepter.  De toutes manières, sachez que, même si vous arrivez à faire entendre votre voix, le responsable du club peut à tout moment

 

  •  Vous couper la parole
  •  Vous dire que vous n’avez rien compris à l’épreuve sportive que vous venez de passer
  •  Vous demander de faire des actions héroïques sans vous expliquer avant de quoi il relève
  •  Vous priver de manger et boire
  • Vous injecter un gaz anesthésique (ils vous aura prévenu), afin d’aller farfouiller dans vos recoins internes et d’enlevez des morceaux de vous que vous ne récupérerez jamais.
  • Vous piquer de tous côtés, voire vous introduire des trucs dans les orifices naturels , en vous prévenant que c’est risqué mais que vous n’avez pas d’autre choix.

 

Votre carrière  dans le sport de malade ne peut être anticipée facilement. Bien que l’on incite les responsables de club de cancérologie, par exemple, à vous donner un document traçant à l’avance votre parcours, sachez que c’est informatif, et que les horaires des rencontres peuvent varier à tout moment.

 

Vos matchs contre la maladie comporteront en permanence des hauts et des bas, des périodes d’attente et des grandes révélations.


Inutile de vous entrainer à être malade souvent,  dans ce sport, on ne s’améliore pas, le club parfait n’existe pas, et le nombre d’aléas ne baisse pas. Même si vous pratiquez beaucoup, vous ne deviendrez jamais un malade parfait, et tous les entraineurs que vous rencontrerez vous ne vous apporteront pas  la totale satisfaction dont vous rêvez.  Ils n’auront de toutes manières, jamais assez de temps pour écouter vos ressentis, refaire toute l’histoire du match avec vous. Ils vous aideront, certes, à panser vos blessures physiques, mais se préoccuperont assez peu de vos blessures à l’âme. C’est surtout le physique qui compte dans tous les clubs de spécialistes, et même chez votre sponsor généraliste. La maladie est un sport qui pourrait vous décevoir en terme d’écoute. Vous aurez constamment l’impression que l’on ne prendra pas assez en compte vos efforts physiques et que l’on n’aura quasiment jamais de considération de votre état mental. Pour autant, bien que vous ressentiez souvent l’envie de quitter le club, la plupart du temps la raison vous dictera de ne pas résilier votre adhésion jusqu’à obtention du résultat escompté.


Le plus important dans le sport de malade reste votre pugnacité : Aucun temps mort n’est permis. En effet, tout temps mort est irréversible, à moins d’avoir la chance unique de tenter ce temps mort pas loin d’un club de réanimation.  A défaut d’être mort, soyez passifs si vous le voulez, ce n’est pas apprécié, mais permis. Et dans tous les cas, prévoyez à terme de sortir du club des malades pour intégrer celui des guéris. C’est autorisé, et même conseillé, et même au plus vite. Tout en ayant conscience qu’en rejoignant le club des biens-portants,  vous intéresserez moins votre sponsor. Finalement, gardez à l’esprit qu’à tout moment, la réintégration dans l’équipe des malades est possible, notamment si vous ne suivez pas les bonnes recommandations de vos coachs médicaux.

5 réflexions sur “être malade, c’est du sport…

  1. C’est drôle, surtout parce que c’est vrai, tellement vrai! Merci, il parait que le rire est bon pour santé, autant en profiter.

    J'aime

  2. Excellent billet, tellement vrai et plein d’humour, comme je les aime. Bravo !! Comme quoi, (CQFD) la maladie et l’humour font bon ménage, s’il fallait encore l’argumenter… et qu’on peut être informatif, constructif, dans une neutralité bienveillante dans la relation Soignant-Soigné  Ravie d’avoir découvert votre blog, au plaisir de vous y lire à nouveau très vite. Kenavo de Bretagne.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s