Inégalité de médias…

Décembre 2014 … Le  corps médical semble réussir l’incroyable pari depuis longtemps oublié : se mettre en ordre de bataille pour faire une grève très suivie.

Malgré des  points de vue cacophoniques, des consignes variées, des dates erratiques de grève, qui pour  les MG, qui pour les spécialistes, qui pour la FHP.

Sur la communication de cette grève, on pourrait dire bien des choses en somme.

Il apparait cependant qu’une des armes de guerre d’une grève, à savoir la communication, ne se fait pas à armes égales ….

Les médecins bataillent plus par écrit, utilisent le net et les mails. Mais hélas, ils communiquent prioritairement  entre eux, et d’autre part passent des messages discordants. Du coup, la communication médicale  circule mal en direction du grand public… De l’autre côté, les politiques profitent de leurs accès aisés aux ondes pour répéter à l’infini des slogans monomaniaques aux électeurs que sont les patients.

En piochant dans la presse médicale (Quotidien du Médecin, Egora, Mediscoop, Jim), ça donne :

Chacun « SA » revendication

Patrick Bouet, président du Cnom, s’inquiétait que « l’Etat [soit] en train de transformer le médecin généraliste en super administrateur multitâche, au détriment de sa mission première ».

La FMF rappelle qu’il ne faut pas se tromper de combat: ce projet de loi est le préalable au démantèlement de notre système solidaire de soins

CSMF Le projet de loi de Santé vise à organiser l’étatisation du système de soins et à briser l’exercice libéral. Le Gouvernement affiche désormais de façon très claire sa préférence pour l’hôpital », analyse la Confédération, La CSMF porte deux revendications :d’une part la réécriture complète du projet de loi pour faire de cette réforme un texte utile au développement de la médecine libérale, et d’autre part une revalorisation tarifaire. La CSMF exige l’ouverture d’une grande négociation tarifaire, dont la première étape doit être la revalorisation de la consultation de base C et CS à 25 €

SML Pour défendre votre liberté de choisir les professionnels de santé qui vous accompagnent au quotidien, mise en péril par le projet de déréglementation

Jeune SNJMG : Risque de démantèlement du métier de médecin avec les infirmières cliniciennes et la vaccination confiée à d’autres professions, consultation bloquée à 23 euros, mauvaise gestion des ressources de santé sont les principaux griefs portés par le SNJMG pour expliquer la grève du 6 janvier.

Remplaçants : Grève : une date peu opportune pour les remplaçants, qui se démarquent
            Le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) et le regroupement         autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (REAGJIR), ont refusé de        s’associer à la grève contre le projet de loi de santé, critiquant la date retenue pour la   fermeture des cabinets.

CSMF encore : L’accord des urgentistes illustre la préférence du gouvernement pour l’hôpital, estime la CSMF

Les médecins commentent les articles sur la grève dans les journaux on line : non académique

Citations

Yaquafautkon : « Il faut convaincre que c’est la FAUTE du MINISTRE s’il y a la grève, et pas la faute des médecins ni des patients »

Réaliste : « Il y a un quiproquo autour du mot ‘libéral ». La vraie médecine libérale est celle qui est affranchie de la Sécu (..) . Il faut arrêter de revendiquer à cor et à cri une liberté d’exercice tout en profitant des avantages du conventionnement.  (…) Il faut donc trouver un deal avec ceux qui nous conventionnent, et arrêter de brandir un « droit » à la liberté qui n’existe en fait que dans nos têtes. Et certainement pas dans les faits »,

Gros râleur tous azymuths : «  Les vexations multiples : tiers payant OBLIGATOIRE ; assez de la coercition. NS à la main, harcèlement des caisses sur les IJ, délégation de tâches à « l’aveugle », sans concertation, ni visibilité à terme, ni compensation pour les médecins : que ferons nous demain ? Paperasse, gardes, arrêts de travail, bons de transport.
Assez du « disease management » des caisses, SOPHIA et autres PRADO qui coûtent une fortune sans que l’on puisse en évaluer la pertinence. Assez du manque de moyens, du manque de personnel, des conditions d’exercice qui deviennent intenables. »

Défaitiste : « Syndicats ou pas, le Waterloo médical approche et nous n’aurons plus qu’à dire le mot de Cambronne avant que la garde ne meure ».

Pédant : « Tout cela est grotesque et indécent… »

Dramatique : « Exit la sécu et l’ordre des médecins . Les instances tierces républicaines sont dégagées du pouvoir. Les syndicats sont morts. Il n’est plus temps de faire semblant. Le système sanitaire français va passer aux mains de non professionnels et la régression consécutive va exposer la France à des catastrophes que nous ne connaissions plus. Pour commencer, demandez aux collègues chirurgiens combien de temps ils vont pouvoir rester sur le territoire si on leur interdit les compléments libres du secteur 2. Et le scandale des génériques par qui va t il être exploré ? Etc.. »

Méditatif : Journal médical (JIM) : Derrière ce discours militant, l’unanimité n’est pas totale et tant la forme que le fond de cette contestation entraînent quelques critiques et grincements de dents.

Toujours de bonnes raisons : le besoin de se justifier de ceux qui ne veulent pas en être 

« Les dates choisies sont complètement absurdes. La presse va s’empresser de faire l’amalgame grève = vacances. De plus, la plupart des médecins se font remplacer lors de cette période. Les remplaçants ne feront pas grève. » 

« Et enfin, une semaine entière ? Comment ne pas culpabiliser auprès des patients ? J’ai bien peur que cela ait un mauvais impact sur la population et nous avons besoin du soutien de la population pour sauver notre profession. Une journée de grève en pleine semaine hors vacances scolaires est plus judicieux et mobilisera plus de médecins.. »

La mauvaise foi , moteur des discours monomaniaques de ceux qui ont un accès facile aux médias

MST : Le TPG bon pour la justice sociale

Tous ceux qui auront besoin de consulter un médecin seront pris en charge »,assure le ministère de la Santé

Marisol Touraine a rappelé qu’elle est « prête à discuter » du tiers payant avec les médecins libéraux « à la rentrée » mais « pas maintenant » 

Président de la Mutualité :

          La généralisation du tiers payant facilite l’accès aux soins,

           « les syndicats de médecins spécialistes n’ont pas intérêt à ce que le tiers payant généralisé soit mis en place car il sera un redoutable révélateur des dépassements d’honoraires »

          Etienne Caniard, président de la Mutualité française, notant que Le ministère de la Santé assure que la fermeture des cabinets de médecins libéraux du 23 au 31 décembre 2014 et l’arrêt d’activité des cliniques à compter du 5 janvier 2015, ne seront pas un obstacle à la continuité et à la permanence des soins

 

Valls :c’est le Premier Ministre Manuel Valls qui s’est exprimé au sujet de la fronde du monde médical. « D’une manière générale, la porte du gouvernement, de la ministre, est ouverte à la discussion, à la négociation »

 

Des faux-gentils qui arrivent après la bataille pour dire qu’on n’aurait pas du procéder ainsi : « un nouveau ténor socialiste spécialiste de la santé regrette l’absence de concertation du corps médical lors de l’écriture du projet de loi de santé. « On ne fait pas une réforme du système de santé contre les médecins. Il y a eu un problème de méthode. Si le ministère avait mieux concerté, nous aurions évité des psychodrames… », explique ce lundi au « Figaro » le député PS de Haute-Garonne, favorable à une ouverture de négociations sur les tarifs des généralistes. »

CISS : « Vous savez, même dans le milieu médical, on appelle ça faire la grève à Megève, ironise l’ancien président du Collectif interassociatif, Christian Saout sur la santé (CISS),dans un entretien avec « La Dépêche du Midi ».

Et pour (ex)terminer une grève médicale,  des gros mensonges faciles quand on a un accès ouvert aux  aux ondes et à la presse.

le président de la Mutualité : La généralisation du tiers payant facilite l’accès aux soins, affirme le président de la Mutualité. Il est déjà pratiqué par près de 100 000 professionnels de santé en France, de manière volontaire et à la satisfaction de l’immense majorité d’entre eux et des patients. »

Le président de la Mutualité, persuadé que la mise en œuvre du tiers payant généralisé peut se mettre en place sans nouvelle charge administrative pour les praticiens.            

Le ministère de la Santé tente de rassurer les médecins en indiquant que le dispositif pratique sera «simple, rapide et sécurisé».

MST : Je suis prête à discuter sur les modalités de mise en œuvre pour garantir, bien sûr, que les paiements interviendront rapidement et simplement. »

Olivier Véran, député PS et rapporteur du texte à l’Assemblée, souligne ainsi : « Je veillerai à ce que toutes les garanties soient données quand le texte sera présenté au Parlement. Il faut que nous démontrions que le dispositif n’alourdit pas les tâches administratives des médecins ».

Heureusement, de ci de la, quelques grains d’humour médical

A l’adresse d’un politique : « Souhaitons-lui simplement une gastro carabinée pour Noël sans médecin de garde et avec une attente de 8 heures aux urgences ».

Motivation aux confrères  « 1/ Vous êtes bobologue de 1er recours : pas besoin de faire grève 2/ Vous êtes médecin : pas d’autre choix que faire la grève.  A chacun de savoir à quelle catégorie il appartient…… »

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