En fait, on ne nous aime pas tant que ça…

Les médecins, nous nous trompons grave.

Nous nous nourrissons de l’intime conviction que notre investissement pour les autres est susceptible de faire l’objet 1- d’admiration, 2- de respect, 3- d’éloges, 4- de soutien.

 

La lecture de la presse médicale nous conforte dans la confortable idée que la population, autrement dit nos patients, nous estiment et nous soutiennent.

La réalité nous donne tort, hélas.Grand nombre d’articles de la presse grand public parlent de médecin, de médecine, ce sont des sujets à émotion garantie.. Quel que soit le contenu, du moment qu’il est ouvert aux commentaires, on y découvre derrière l’article un tsunami de réflexions, de reproches, de critiques.

On a beau chercher, aucun écrit sur les coiffeurs, les plombiers, les notaires, ne suscite une telle logorrhée de désaccords, de frustrations, de virulentes attaques.

Sortons de nos lectures habituelles, quotidien du Médecin, JIM et Egora, etceteran cessons de nous réconforter de la lecture des messages syndicaux, et allons faire 3 petits tours dans le manège des réalités de ce que lisent et de ce commentent les patients.

Journalistes sur la Iatrogénie

Un article comme il en existe beaucoup, petit coup d’épée aux pratiques des médecins, histoire de sensibiliser les lecteurs :

« Seniors: mieux contrôler les médicaments pour éviter les accidents » (La Parisienne Santé)

Selon cette enquête, croisée à des données de l’assurance maladie, l’utilisation de médicaments inappropriés, souvent liée à la polypathologie (maladies multiples), est constatée chez 53,5% des patients de plus de 75 ans, démontrant que « la lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les seniors est un enjeu de santé publique », relève le Leem.

Mauvais relationnel

Les journalistes écrivent : « Les médecins ne parlent pas assez » (psychologies.com)

« Pourquoi les médecins sont si peu psychologues » (psychologies.com) :La science a beau avancer à pas de géant, les patients restent toujours aussi angoissés face à la maladie. Formés pour soigner les corps, les médecins sont le plus souvent incapables de rassurer les esprits. Un chapitre est même titré : “On leur apprend la médecine, pas à être médecin”

Les patients s’épanchent sur l’épineuse question relationnelle :

  • « Lorsque vous allez voir votre médecin, il faut savoir ce que vous avez, ce que vous voulez, et vous avez effectué les 3/4 de la consultation qui dure à peine 10 mn ! voici comment je vois la relation patient-médecin à l’heure actuelle !! »
  • « il est certain que le médical a perdu de sa valeur, 10 mn consultation, carte vitale, paiement, même pas le temps de poser des questions
    ou sont passés nos vrais médecins de famille ?
    l ‘argent est roi , dans tous les domaines »
  • « c est des consultations de plus en plus vite ils en sont à recopier l ordonnance précédente prendre la tension et voilà cela vous coute 33 € à domicile je pense qu’il me laisse son ordonnancier j ai un appareil pour la tension et la SS fait des économies Prise à 100% je n’ai mëme pas besoin de lui pour les spécialistes »

Contestations libres de la qualité médicale

  • « je suis d’accord avec la personne qui propose de faire une liste noire des médecins (et chirurgiens, radiologues…). Je suis bien placée pour savoir qu’elle serait bien utile puisque je travaille dans un hôpital ».
  • « Bon nombre se comporte en épicier, à vendre des médicaments inutiles, à faire un chiffre. D’autres ont un chrono dans la tête, à vous guider vers la porte les 15 minutes atteintes. Le corps médical a totalement dérapé, il est devenu un gros problème de santé public. »
  • « j’estime que les médecins ne s’intéresse pas vraiment à leurs patients. J’ai plutôt l’impression d’être du bétail et on se sent jugé au lieu d’être écouté. Ce qui fait que moins j’y vais, mieux je me porte…un non sens ».
  • « le peu ou je suis allée chez le médecin j’ai eu l’impression d’y aller pour rien. Il faut revenir pour être pris au sérieux et il faut encore revenir pour avoir droit à un examen qui pourrait leur dire ce qu’on a. Si ça ne suffit pas il faut revenir encore une fois pour faire un autre examen et ainsi de suite… Sauf que ça ne donne pas envie de revenir, donc on attend que ça empire pour revenir. On perd facilement des mois ou des années comme ça. J’ai l’impression que les gens qui vont sans arrêt chez le médecin, souvent pour un rien, sont mieux servi que ceux qui n’y vont que quand ils ont vrai un problème de santé. »
  • Et pas que les patients : Réflexion d’auteur : La médecine est devenue inhumaine

« Des malades négligés sur leur lit d’hôpital, humiliés, maltraités parfois. Inacceptable ! » s’insurge Marie de Hennezel dans son nouveau livre “Le Souci de l’autre”. Si elle déplore le manque de personnel et de formation en psychologie, elle rappelle cette évidence : soigner passe aussi par de petites attentions, un geste, une parole, un sourire. (psychologies.com)

Le tarif des consultations

Ils gagnent bien assez comme ça

  • « 23€ la consultation , ça fait quand même autour de 92€ de l’heure » ………..
  • « Si le médecin n’était pas intéressé par l’appât du gain, la médecine se porterait beaucoup mieux !
    Passer 7 à 8 patients dans l’heure, c’est de l’abattage !
    Heureusement, il y en a encore qui font bien leur « boulot », mais ils deviennent de plus en plus rares »
  • « Mon médecin les seuls mots qu’il connait c’est « 23€ et la carte vitale s’il vous plait » »
  • « Ce qu’ils veulent en pratique, c’est les billets qui circulent dans leur cabinet, au moment de la consultation. Ca les rassure … Moi ca m’inquiète que l’argent ait autant d’importance pour les médecins…. »

Pour ce prix la, on n’en a pas pour son argent

  • « la qualité d’un généraliste ne changera pas quand bien même on lui donne 30 voir 50 euros ! soit il est déjà bon soit c’est faiseur de fric !! car a 23 euros le prix est déjà trop haut compte de la qualité moyenne des médecins! »
  • « Les médecins pour  » beaucoup trop » … surtout les Spécialistes, sont de nos jours des commerçants de santé !!!… »

Sur les médecins appelés à prendre 25 euros

  • « A la différence près que je ne décide pas de mes augmentations, le problème est bien là! »

Les médecins vivent grâce à la sécu

  • « la sécu a fait la richesse des médecins: avez-vous oublié le sort des médecins de quartier d’ avant-guerre? Quand à l’accès aux traitements coûteux, avez vous oublié les premières années du Sida? Il serait temps que les médecins acceptent ce qu’ ils sont: des personnels formés dans le public rémunérés par la sécu qui prélève obligatoirement des cotisations sociales. On ne peut pas avoir le beurre et l’ argent du beurre. »
  • « Les médecins refusent le tiers payant car il ferait apparaître au grand jour le vrai lien de dépendances des professionnels de santé avec notre système de protection sociale. Ces messieurs ou dames préfèrent se voir libéraux. Mais qui aurait les moyens de payer leurs honoraire sans la sécu? Et l’argument de la non responsabilisation du patient, ne prend pas en compte que celui ci a déjà été prélevé sur son salaire et ses revenus pour financer tout cela. »

Les Délais d’attente

  • « ophtalmo indiqué sous 9 jours … j’indique souffrir de rétinopathie (donc je suis prioritaire !) RDV JANVIER 2016 ! Alors c’est quoi ? De la pub médicale déguisée ? C’est juste un tout petit peu ILLEGAL .. ».
  • « d’expérience : des spécialistes disponibles à condition de ne pas voir à la dépense et aux dépassements d’honoraires. Depuis le temps que la gauche nous met en garde contre la possibilité d’une médecine à deux vitesses nous y sommes arrivés à pieds joints ! »
  • « Pour résoudre ce problème il faut imposer un lieu aux nouveaux diplômés sortant de la faculté avec obligation d’y rester 5 ans . »
  • « en province rurale l’attente est de 6 mois pour les rv les plus rapides……et quand on obtient un rv il faut l’accepter tel que proposé…sinon on rajoute 6 mois….Honte à notre pays! »
  • « A Gr.., aucun ophtalmo ne prend de nouveaux clients. Temps d’attente = infini »
  • « Pour résoudre ce problème il faut imposer un lieu aux nouveaux diplômés sortant de la faculté avec obligation d’y rester 5 ans. »

Le tiers payant

  • « Le tiers payant n’est pas respecté surtout par les médecins spécialistes dont les honoraires sont chers et souvent en dépassement.
    Je trouve que ces médecins se comportent en irresponsables : en fait leur refus d’adopter le tiers payant se retourne surtout sur les patients qui eux, doivent attendre les remboursements de la SSle pendant 3, 4 semaines et même plus, alors que ces médecins ont encaissé leurs honoraires de leurs clients qui attendront donc leurs remboursements !!. »
  • « 1- Le tiers payant mettra en évidence au client les dépassements d’honoraires, qu’il sera obligé de régler sur le champ en sachant que ceux la sont pas récupérables : mauvais pour les médecins qui dépassent; les clients vont les fuir …. -2- La sécu aura un moyen de pression direct sur les médecins qui ne pourront plus prendre leur client en otage. La liberté médicale (terme pompeux pour dire que le médecin fait ce qu’il veut sans se préoccuper de santé publique et en faisant des conneries sans rendre de compte) donc la liberté médicale disai-je, ca va en prendre un coup et c’est un progrès pour la santé en france. »
  • « Ne pourrait on pas rémunérer le patient qui va voir son médecin ? En effet, c’est le patient qui est malade. On pourrait envisager non seulement que le patient ne paie pas mais que le médecin le rétribue en lui donnant non seulement les médicaments (c’est déjà le cas par le pharmacien) mais aussi une rétribution de quelques euros pour le récompenser de sa fidélité et le dédommager d’être malade. Ce serait le TIERS GAGNANT GAGNANT. Si l’on adopte cette mesure, les cabinets seront pleins. »
  • « Les médecins refusent surtout le contrôle qui est rendu possible désormais par le tiers-payant. Mais il faut bien comprendre que le montant des dépenses de santé n’est plus compatible avec les ressources de la France et depuis longtemps. Il faudra donc bien en venir à supprimer le paiement à l’acte, générateur d’une surconsommation médicale sans amélioration des soins. Et passer à un paiement forfaitaire. Mais c’est si simple de s’enfermer dans la revendication corporatiste… »

Droit de regard avec le tiers payant

  • « le tiers-payant ne fait pas disparaître les dépassements d’ honoraires qui vont au contraire apparaître directement: embêtant pour les médecins qui oublient que c’ est la sécu qui a fait leur fortune. Quand l’état et les organismes sociaux prélèvent 53% de le richesse nationale, le citoyen comme l’assuré social sont en droit de demander un retour, ce qui ne concerne ni le coiffeur, ni le téléphone portable »
  • « d’expérience : des spécialistes disponibles à condition de ne pas voir à la dépense et aux dépassements d’honoraires . Depuis le temps que la gauche nous met en garde contre la possibilité d’une médecine à deux vitesses nous y sommes arrivés à pieds joints ! »

Agression des médecins

  • « 4,5 pour mille ! C’est un pourcentage totalement insignifiant qui ne mérite pas qu’on s’y arrête ! »
  • « Oui …Je pense que chaque métier a des avantages (très peu) , mais beaucoup d’inconvénient !
    Pensez aux chauffeurs de bus , de taxis , contrôleurs de trains , policiers , douaniers , etc …. »

Sur la loi de santé

  • « Ne laissons plus le monopole de la santé au privé. Trop de médecins aux gouvernements et dans toutes les instances et assemblées parlementaires; de ce fait ils font ce qu’ils veulent et sont intouchables. Repassons la médecine dans le public dans sa grande majorité. »
  • « je donne raison à Mme TOURAINE car après tout pourquoi les médecins devraient avoir tout les droits. Un salarié doit attendre la fin du mois pour être payé!!! Par ailleurs il me semble inconcevable que la SS continue de faire des prélèvements. »

Les économies de santé

Baromètre d’opinion Drees 2014 – publication Avril 2015

  • « La solution préférée des Français pour réduire le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale est la limitation des tarifs des professionnels de santé (84 %) , et la taxation des fabricants de médicaments (81 %) » .
  • « Une large majorité des Français souhaitent également jouer sur le comportement des médecins : 68 % souhaitent qu’ils prescrivent moins de médicaments et d’examens , et 56 % que soit rendue obligatoire la prescription de médicaments génériques »

————————–

On le voit par ces extraits et commentaires issues de la presse grand public, on le confirme dans l’enquête annuelle de la DREES, il circule beaucoup d’écrits incroyablement négatifs, voire carrément vitriolés, envers le corps médical. Ces textes libres ne doivent pas être sous-estimés. En effet, ils pourraient correspondre à une partie émergée de l’iceberg des pensées souterraines de pas mal de patients. A lire ces écrits librement rédigés, sans contrainte et sans contrôle, on réalise que, secrètement, quelque part au fond d’eux, nombre d’utilisateurs du système de santé ressentent pas mal de pensées négatives envers leurs médecin, et semblent en large partie d’accord avec ce qu’on leur inflige. Ce qui permet, in fine, de réaliser que les actions des médecins contre la loi de santé recueillent de l’hostilité, voire de l’indifférence, mais pas de véritable soutien de la part des patients. Nombre d’entre eux pensent que les médecins libéraux méritent ce qui arrive.

 

Citations issues de commentaires en ligne sur les sites : Notre temps , 20 minutes, Psychologies.Com, Le monde, Le parisien, Le figaro

7 réflexions sur “En fait, on ne nous aime pas tant que ça…

  1. Ce sont des commentaires de bien portants quand ils seront malades et un jour viendra je vous donne mon billet que le discours changera;;; courage.Gastroentero liberal depuis 35 ans je me sens toujours utile et pas démotivé peut être grâce à’une clientele rurale .Je jetterai quand même l’éponge en fin d’année accessibilité tiers payant obligent! Avec des regrets…

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  2. je pense sérieusement qu’il faut arrêter d’essayer de se faire aimer / faire notre boulot epicetou essayer de nous justifier face à une partie de nos patients est un sport épuisant et source de souffrance morale pour le médecin/ si j’arrivais à être le médecin « malraitant » qu’ils décrivent je ne serais pas limite dépression. les tueurs à gages n’ont pas d’état d’ame et parfois j’ai des regrets sur la route choisie 🙂

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    1. Il est en effet important pour les médecins de comprendre que l’on n’est pas la pour être aimé des patients, mais pour leur rendre service. Ce post se projetait sur le point de vue des médecins en général. J’ai quand même le sentiment d’une quête quand on se mobilise pour défendre les intérêts des médecins, et je trouve que le point de vue des patients est un assentiment mou, et que par derrière, ils sont relativement en phase avec tous ces commentaires négatifs.

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  3. votre relevé est biaisé ! vous rapportez des commenaires de blogs , sites etc…et les intervenants ne représentent en rien LA population francaise . Ces remarques démotivent les médecins et donc atteignent leur but : pourquoi en faire la promotion ? Vous donnez de l’importance à quelques aigris : la minorité agissante. Si vous entrez en « politique » , vous savez pertinemment que > 50% des électeurs seront contre vous, de principe : et pourtant il y’a plein de candidats !! Alors qqes avis négatifs sur les médecins ne signifient rien sauf si on leur donne de l’importance …et qu’on a déjà perdu un peu de confiance dans ses propres qualités. Cdlt

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  4. Hélas! Dans un monde en crise, malade, il faut trouver un bouc émissaire. Le médecin semble tout désigné puisqu’il est censé résoudre les problèmes. Il est aussi le plus facile à atteindre et parfois certainement en attente de reconnaissance. Mais nous, médecins, i avons laissé la situation se dégrader, persuadés, à juste titre d’ailleurs, que la société ne pourra pas se passer de nous et souvent drapés dans notre dignité et notre corporatisme. Nous savons bien que quelques uns d’entre nous sont à l’origine de cette désaffection, nous constatons au quotidien leurs manquements et nous fermons les yeux et la bouche. Les relations « incestueuses » avec les industries du médicament, depuis trop longtemps, ne sont pas étrangères non plus à ces critiques.Il est évident que beaucoup de patients sont en confiance avec « leur » médecin. Il n’en reste pas moins que nous aurions tout intérêt, et très vite, à remettre de l’ordre entre nous d’abord pour ensuite faire reconnaître correctement nos compétences et notre engagement.

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  5. Discours parcellaires certes mais bien réels. Bien sur à tempérer par la propension à protester plus qu’à approuver sur les forums, mais une réalité présente. Nous en sommes en partie responsable. Le discours sur les revenus, les risques de non paiement, la charge de travail ont réduit le médecin à un gestionnaire de ses revenus. Il l’est bien sur mais si la corporation met en avant ces éléments, qu’elle ne s’étonne pas de les voir repris par certains.

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  6. Ma chère Consœur, vous feignez de faire totalement abstraction de ce qui est une de nos missions = jouer les boucs émissaires. Psychologiquement, lorsqu’il est malade, l’adulte redevient un enfant. Il veut tout, tout de suite, en ayant que très peu la notion de la valeur des choses. Dans la relation médecin-malade, nous jouons souvent de rôle de l’adulte qui relativise, et « recentre » l’enfant. Comme de surcroit on entretient le mythe de la médecine toute puissante, il est fréquent que la frustration soit au rendez-vous. Et c’est là que le médecin apparaît comme le responsable désigné de cette frustration. C’est ce qui s’exprime dans votre collection de commentaires de patients. Ajoutons à cela que seuls les mécontents s’expriment. Un patient content de nos services, classe le dossier et passe à autre chose, Dix ans après, il aura complètement oublié le nom du médecin qui l’a opéré. Si par contre il n’est pas content, dix ans après, cela peut rester son sujet de conversation favori. Les associations de patients ne peuvent être que des associations de patients mécontents. Les malades contents n’ont pas de temps à perdre pour fonder une association de malades contents. Le problème est que l’on laisse un pouvoir décisionnaire à ces associations de mécontents, et qu’on n’octroie tout au plus qu’un pouvoir consultatifs aux médecins. La démagogie est une vieille recette qui marche toujours pour être élu. Je rejoins notre confrère: Faisons notre boulot, et ne nous soucions pas trop d’être aimés, laissons cela aux politiques.

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