Vies finies, tristesse infinie.

Putain t’es là tu vis tu ne réfléchis pas à la vie tu te plains tu as mal tu n’es pas content il pleut il fait soleil mais tu ne vois pas les jours où il y a du soleil. Et soudain, la vie vient brutalement rappeler sa finitude, et les vacances perdent leur saveur, le soleil pâlit. Frédéric se tue en tombant de son bateau. Hervé fait un infarctus et les pompiers de mettre 45 minutes à arriver sur sa plage Corse. A leur arrivée il est mort.

Ce sont 2 hommes qui faisaient partie de ta vie. Frédéric tu l’as vu deux fois et beaucoup apprécié sa vivacité, sa chaleur humaine. Et puis tu travailles avec lui en télémédecine depuis bientôt 2 ans, les échanges sont incessants, d’ailleurs son dernier mail reçu date de la veille de sa tragique disparition. Hervé  c’est une autre dimension.. tant de souvenirs, tant d’images qui reviennent. Des moments que tu ne cherches pas à faire resurgir tant que tu sais les partager avec une autre personne en vie. Des images, des souvenirs dont tu deviens soudainement le seul porteur de mémoire. Ton enfance, ton adolescence avec Hervé. Les premiers émois, les premiers baisers, son si beau sourire, ce si  beau garçon. Toutes ces vacances, les week-end à la campagne. Inséparables. Que de temps passé ensemble, que de découvertes avec toute la bande de copains.  Les maisons voisines, quand on allait les uns chez les autres, la piscine, les boums, les nuits blanches, les baisers et plus si affinité dans ces années 70 de liberté. Plus tard, la vie nous a  éloignés, mais jamais vraiment séparés car tu restais très proche, tu étais quand même le cousin germain de mon cousin germain. J’avais des nouvelles de toi régulièrement. Et, tu m’envoyais, au début, les cartons d’invitation au vernissage de tes tableaux, je n’avais jamais le temps d’y venir. Alors tu ne m’as plus envoyé les invitations.  J’ai pourtant quelques tableaux de toi chez moi.
Il y a des gens que l’on n’a pas forcément envie de voir ou de toucher, mais que l’on tient à savoir vivants. Partager la même planète, respirer le même air. Je ne peux accepter que toi, Hervé, que toi Fréderic, tu ne respires plus,  la souffrance se fait aiguë à penser que ces 2 disparus de l’été ne feront plus plaisir à leur famille, à leurs enfants, ne parleront plus, n’auront plus de projets. Et que plus jamais je ne les verrai. Et qu’ils vont manquer pour toujours à ceux qui les aimaient. Je suis triste…

Ces êtres qui font partie de ta vie, même si tu les côtoies pas tout le temps, leur mort crée une énorme absence. Deux morts en deux semaines… Cela vient me rappeler aussi la fragilité de l’existence humaine. Médecin habitué à la souffrance, mais pas aux disparitions soudaines en l’absence de maladie. C’est le moment de se souvenir que les humains ne peuvent rien contre la mort. La maladie ou l’accident, ou la mort brutale viendront à bout de nous tous. En fait nous sommes si fragiles, la vie qui semble une évidence est en réalité un fil qui peut en un instant se casser. Et puis, les années passent, et forcément la fin se rapproche. Tu sais combien tu n’as pas envie de quitter tout cela, combien tu n’as pas envie que les autres quittent le navire, tous ceux que tu aimes. Tu réalises que tu ferais bien d’être plus souvent heureux. Juste et prioritairement content de vivre, content de respirer, content d’avoir des amis, une famille. Content d’être un humain chaud et empli de vie et d’émotions. Ces 2 disparitions d’homme en pleine force de l’âge, Fred 47 ans, Hervé  60 ans, te rappellent ta finitude, et celle de tous ceux que tu chéris. Te disent bien fort que tu n’as pas envie de quitter ça, et que tu ferais mieux d’être  plus souvent satisfait, juste parce que tu as l’immense chance d’avoir la vie. Parce que ça se perd facilement, la vie. Cela peut s’arrêter si vite et de manière si imprévue et toi tu vis sans y penser comme si tu allais vivre toujours. Alors, tout en pleurant à chaudes larmes, tu te fais une promesse, celle d’être la plus aimable possible, et surtout, celle de participer au bonheur de ceux qui te sont proches. Parce que la vie est imprévisiblement parfois plus courte que prévu.

 

In memoriam

Frédéric Dussauze

Hervé Half

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10 réflexions sur “Vies finies, tristesse infinie.

  1. Toutes mes pensées et prières vont à la famille et aux proches du docteur Frédéric Dussauze qui m’a suivi et soigné pendant 15 ans. Ayant appris cette nouvelle ce matin, je suis sous le choc. C’est une perte inestimable. Merci pour tout, Docteur : l’écoute, le sérieux, le sourire.

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  2. Effroyable nouvelle que le depart de Frederic Dussauze.
    Le medecin de notre famille depuis bientot 20 ans . Chaleureux , à l’ecoute, drôle et tres professionnel.
    La rentree est terrible.
    Pensees a ses enfants.

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  3. Je viens d’apprendre … Un grand merci pour toute l’aide que vous avez apporté à ma famille, docteur . Timothée, Emma, Rodolphe et moi même vous garderons dans nos mémoires . Nous sommes bouleversés, sans voix. Quelle gentillesse et professionnalisme . Presque 20 ans dans nos vies.
    Toutes nos pensées à votre famille
    Victoria Percy

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  4. Quelle tristesse ce matin en apprenant le décès du dr dussauze. Je me souviendrai toujours du jour où j’apportais les radios de mon père au dr Dussauze en lui expliquant que depuis samedi soir quelque chose n’allait pas mais personne ne savait quoi. Ni les pompiers venus le samedi soir, ni un médecin d’urgence venu le consulter à la maison ni le radiologue ni le laboratoire… Aucun professionnel de santé n’avait détecté la raison de ce changement de comportement brutal…et c’est alors que j’apporte au dr Dussauze les radios et bilan sanguin en cette fin de journée de lundi. En quelques questions et sans consulter mon papa il me dit que c’est peut être dans la tête que ça ne va plus … Il appellera une ambulance qui conduira mon papa à l’hôpital et le scanner confirmera le diagnostic du Dr Dussauze : mon père faisait un AVC…
    Merci Dr nous ne vous oublierons jamais. courage aux proches. Sincères condoléances.

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  5. Aujourd’hui jour de Pâques 2017, je faisais une recherche sur google au sujet du dr Tom Dooley. A peine avais-je tapé les 3 lettres d o c, est apparu : docteur Frédéric Dussauze et je suis tombée sur ce bel article que j’avais déjà lu avec émotion…

    Première fête de Pâques depuis son départ. Toutes ces premières fêtes familiales sont dures à vivre, sans sa présence, son amour, sa délicatesse, sa sagesse, sa tendresse, son humour et son rire qui résonnera toujours à nos oreilles….
    Oui nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu un être cher beaucoup trop tôt. Deux jours avant lui des enfants, des jeunes, des parents, des amis etaient fauchés sur la Promenade des Anglais à Nice.
    Il faut continuer de les faire vivre, d’une autre façon…

    Frédéric vit à travers ses enfants à qui il a donné des bases solides.
    Il vit aussi à travers Medecindirect qu’il a cofondé. Il s’est donné à fond pour que ça marche, sans compter son temps, avec passion.
    Il vit aussi grâce à ses écrits. Son blog « toubib92  » est une mine de sagesse, d’amour, d’émotion, d’humour… il l’a écrit pour lui, mais surtout pour sa famille, ses patients, et les jeunes médecins, afin que son expérience puisse servir ! Il avait encore tellement à dire …. mais satisfaisons nous de ce qui est écrit, en espérant que certaines de ses pensées seront utiles à l’un ou à l’autre et feront boule de neige.

    Frédéric vit encore différemment 💞

    Sa maman

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    1. Madame, je ne peux pas oublier Frédéric. En effet, je ne sais si vous avez fait le lien, mais j’ai été amenée à lui succéder en tant que Médecin chef chez MédecinDirect. Toute l’équipe reste fidèle à ce qu’il a initié et mis en place, et nous parle souvent de lui. Frédéric disait que, Frédéric pensait que, Frédéric voulait que… Nous ne l’oublions pas.
      Bien à vous.
      Marion

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    2. Madame Dussauze,
      merci pour vote message.
      Que vous dire, si ce n’est que j’ai été suivi pendant une quinzaine d’années par votre fils Frédéric. Merci. Je l’ai toujours appelé ‘Docteur’ par respect pour son travail son engagement, et sa position mais au fond de moi je rêvais de l’appeler par son prénom, le même que le mien (En général, les Frédéric sont gentils, et ont de l’humour entre autres qualités 🙂 …), du fait de sa bonté et de sa bienveillance… Pâques est tout juste passé, je partage les termes de votre message plein d’espérance. Frédéric Lestang

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