Comment va évoluer l’infection à coronavirus ? Moi, je sais !

Etudier le passé et le présent, scruter les courbes et les interpréter, tout cela pour en déduire l’avenir de l’évolution du coronavirus, c’est devenu, pour plein de médecins, de biologistes, de chercheurs, et de journalistes, La Passion de l’été

Comme si, de fait, la médecine moderne était si moderne, que juste en analysant le passé sur 6 mois et en regardant les courbes journalières et leurs fluctuations, on pouvait prédire ce qui va advenir d’ici quelques jours ou semaines, à la lumière, bien sur, de lecture attentive et scientifique d’une presse digne de ce nom (ou pas), mais aussi du temps qu’il fait aujourd’hui, du pied dont on s’est levé, et de sa propre conception d’esprit.

Et donc, plus d’un savant d’y aller de ses hypothèses. Ca chauffe sur twitter, ça chauffe sur les ondes, ça chauffe dans les journaux. Sachant que c’est la première pandémie de ce genre croisée par de nombreuses générations, et qu’il ne peut y avoir de vraie valeur d’expérience à tirer de la grippe de 1919, ou de celle de 1968, aucun de ceux qui émettent des prédictions n’a de réelle connaissance de la pandémie de SARS COV2. Pour prédire, ils s’appuient sur les publications, observations, courbes, statistiques et découvertes, quasi quotidiennes, et souvent contradictoires. A partir de cela, ils partent dans une libre interprétation, largement influencée par leurs croyances personnelles issues bien sur d’une expérience sur le terrain meilleure que celle des autres. Au final, ils nous sortent un bel horoscope prédisant , dans un délai proche ou lointain, c’est selon, un avenir pandémique plus ou moins radieux, plus ou moins catastrophique.

Il y en a au moins un qui doit bien se marrer, c’est le Coronavirus. Parce que, lui, pour réussir à contaminer la population planétaire aussi vite et aussi efficacement, ça doit faire un bon moment qu’il paufine sa génétique, et qu’il fait discrètement des tests d’infectiosité. Avec ardeur, il a finalement réussi plusieurs exploits, et pas des moindres.

Le premier exploit du Coronavirus, c’est d’être transmissible avant même que la personne malade n’exprime les symptômes, belle manière de tromper la méfiance des humains.

Son second exploit, c’est d’épargner les enfants. Pourquoi ? on en sait encore rien mais c’est tant mieux parce que si des enfants en mouraient autant que les vieux, ce serait une révolution de l’humanité. Mais, ce que l’on ignore, c’est: est-ce que le virus épargne les enfants justement pour mieux les utiliser comme vecteurs innocents ?

Son troisième exploit, c’est d’être hautement contagieux, et donc, comme toute bestiole depuis des siècles de répondre à une finalité, probablement la même finalité de toutes les maladies humaines, tuer le maximum de gens pour que la population humaine ne continue pas à augmenter exponentiellement. Si on ne peut pas prédire l’avenir, il est facile de se retourner sur le passé, et d’observer que les pandémies ont invariablement décimé les populations durant des siècles et des siècles, tant que la médecine n’avait pas trouvé de parade médicamenteuse ou vaccinale.

Une chose est donc sure. Ce virus a des armes que nous ne connaissons pas, que nous découvrons jour après jour. Et nous ne sommes que de pauvres humains, qui doivent rapidement lutter à main nues, et sans médicaments, contre une maligne bestiole qui a bien su s’adapter à nous, et dont nous aimerions bien connaitre les intentions. Nous ne disposons d’aucune de nos armes habituelles, médicaments, vaccins. Dans une telle situation, totalement imprévue, jamais vécue par aucun d’entre nous, voila que la seule chose qui nous reste pendant que la recherche s’active à trouver une solution, eh bien c’est de faire preuve de souplesse et d’adaptation. D’évidence, la seule parade qui nous permettra au début de contrer cette vilaine bestiole, ça va être , en attendant la solution thérapeutique, de gagner du temps. Et s’accrocher à ce qu’on sait faire: mettre en place des actions efficaces à partir des déductions que l’on a pu faire en observant. D’être juste un peu malins, quoi, collectivement, tous les humains à la fois (et la on réalise que c’est pas habituel, ça, comme concept !)

En réalité, cette maladie n’a rien d’exceptionnel dans sa transmission. Elle se transmet d’humain à humain, par contact rapproché, et même sans se toucher. Pire que le Sida ou fallait au moins mettre son zizi dans un autre zizi. La, il suffit de se parler. Mais la protection est la même. Sauf qu’au lieu de mettre un masque sur le zizi, faut le mettre sur la bouche et sur le nez. C’est pas très esthétique, c’est plutôt étouffant, mais l’efficacité est démontrée. Faut pas non plus mettre ses mains dans les plats de virus, puis dans la bouche. Faut se les laver, les mains ! En fait, rien ne marche mieux en médecine que les idées simples quand elles sont appliquées.

Et ensuite ? que va-t-il se passer la semaine prochaine, le mois prochain, l’hiver prochain? . La seule chose que l’on peut prédire à coup sur, c’est une crise économique. En revanche, concernant la bestiole, toute prédiction alarmiste ou rassurante repose sur une analyse unipersonnelle, souvent basée sur le dernier patient rencontré,  et sur les croyances du prédicateur. Certains affirment à la lumière de leurs lectures que le virus est devenu plus atténué, d’autres au contraire que sa virulence augmente. Certains pensent qu’il y aura moins de formes graves, d’autres disent au contraire qu’une réinfestation pourrait être dramatique. Certains plaident pour une immunité de groupe déjà largement acquise, peut-être par un simple rhume antérieur, d’autres sont convaincus que presque personne n’est immunisé et qu’on reste tous potentiellement cibles de l’infection. Certains disent que le chaud le stoppe, que le froid le réactive, ou le contraire…

Alors moi, la certitude quand à l’évolution de l’infection à Coronavirus, je l’ai et je vous la donne : l’absolue certitude, c’est qu’on n’en sait strictement rien. On ne sait pas si dire si les quelques cas en augmentation actuelle sont les prémices d’une seconde vague ravageuse ou d’un simple frémissement de courbe plate qui ne remontera jamais.

La certitude, c’est que nous sommes acculés, tous les humains, à un truc incroyable. Nous devons juste faire avec nos pauvres petits moyens pour gagner du temps, le temps de trouver une parade. Et notre seul pauvre petit moyen actuellement, c’est de se coller un préservatif sur le nez et la bouche.

En tous cas, un fait est certain: l’avenir de cette pandémie à la fin de l’été est l’aubaine des prédicateurs en tout genre, mais aucun humain n’a jamais réussi à prédire l’avenir, c’est pas maintenant que cela va commencer.

Utilisons au moins le seul moyen qu’on a trouvé, nous, pauvres 2 pattes, pour ralentir la bestiole : gardons un truc sur le nez et la bouche, mettons un masque, même si c’est moche et chiant, et gardons les mains propres.

7 réflexions sur “Comment va évoluer l’infection à coronavirus ? Moi, je sais !

  1. Bien d’accord avec l’esprit et les commentaires de ma consoeur le Dr Lagneau, gastro-entérologue comme moi, retraitée comme moi. Mais la forme de son discours relève de la conversation familière, parfois vraiment triviale. Mais je dois être trop vieux et trop penser que ce qu’on veut faire passer doit relever d’une langue française correcte et élégante. Cela dit, je partage tout à fait son avis sur la pandémie et les moyens de la combattre. De plus je respecte les épreuves que ma consoeur a traversées et j’admire son engagement pour la télémédecine à condition qu’elle ne supprime pas le dialogue et l’examen clinique.

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    1. Oui, monsieur et cher confrère, j’écris sous forme familière pour que la lecture soit fluide et agréable. Je ne pense pas pour autant massacrer la langue française, mais il est sur que si vous cherchez des articles de haute littérature, relisez plutôt les classiques que mon blog.
      Je vous remercie néanmoins de votre intérêt et suis ravie que vous partagiez certaines opinions exprimées ici.

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  2. Madame,

    Un ami m’a permis de découvrir vos réflexions sur l’évolution du coronavirus lesquelles m’ont conduit à vouloir partager avec vous et vos lecteurs les miennes.

    Dans un premier temps je voudrais clarifier le concept de modèle qui y est décrié, alors qu’implicitement les éléments qui permettent de l’élaborer y sont mis en évidence.

    Un modèle est une estimation statistique. Exemple : avec un dé usuel, en principe non falsifié, ont peu prédire, avec une certaine marge d’erreurs, que sur 12000 lancers, l’as sortira à peu près 2000 fois. Mais on est pas en mesure de dire quoi que ce soit à propos du 8622 ème lancer, même sur la base des connaissances de 8621 précédent, sauf que si jusque là l’as n’était jamais sorti c’est que le dé offre une très haute probabilité de présenter un problème.

    De la même façon, un modèle ne peut rien dire quant à la situation d’un individu particulier, mais des études sociologiques ont permis d’obtenir différents paramètres : le taux d’interactions entre individus au sein d’une population donnée d’une part et la courbe de répartition des âges au sein de cette population.

    D’autre part, que le virus entre par la bouche, le nez ou tout autre orifice, on sait que (je vous cite ) :

    — il est transmissible avant même que la personne malade n’exprime les symptômes
    —le virus épargne les enfants (en partie du moins, d’après mes informations chez l’enfant il génère d’autres méfaits)
    —il est hautement contagieux

    Ceci permet de dire qu’en moyenne si dans une population donnée il se présente une personne infectée elle a une certaine probabilité d’en infecter une autre. C’est là le produit d’une donnée médicale et sociologique : médicale liée à la probabilité d’infecter un contact, sociologique liée au nombre moyen de contacts journaliers. Des expériences en ce sens ont été menées, en particulier en Grande-Bretagne, où un processus de contamination entre individus asymptomatiques était simulé par l’analyse des contacts au moyen d’une application téléchargée sur les téléphones portables des volontaires se prêtant à l’expérience.

    Tout comme pour prédire la moyenne de la sortie de l’as sur des lancers de dés, il ne faut pas connaître en détail la dynamique du lancer (c’est d’ailleurs impossible dans la mesure où c’est un problème hautement sensible aux conditions initiales: pensez à l’effet papillon, dont le battement ne génère pas un ouragan mais principalement joue de façon importante sur l’endroit où il se développera) il ne faut pas connaître le détail du mécanisme d’infection pour en inférer des conclusions au niveau de la santé de la population.

    Il est évident que ces prédictions se font dans un cadre donné. Si un nouvel élément intervient, comme la découverte d’un vaccin, les paramètres du modèles sont à revoir et les conséquences différentes.

    Bref pour prédire un taux de létalité de la population il n’est pas nécessaire de connaître les « armes » du covid-19, par contre c’est sans doute indispensable pour le contrer le plus vite possible et encore, si accidentellement (je pense à Fleming et ses moisissures) on remarque qu’il ne résiste pas à un agent, faisons en usage, empiriquement! Il sera toujours temps et utile par après de comprendre le pourquoi de la chose. La sérendipité est une heureuse alliée du chercheur.

    A quoi peut servir une telle analyse épidémiologique doivent se demander certains? A aider chacun à prendre conscience de ses responsabilités, que l’on soit parmi les citoyens ou les princes qui les gouvernent.

    Par ailleurs

    Je me refuse de prêter une quelconque intelligence à un virus ou soutenir toute forme de dessein intelligent, mais très certainement dans votre texte il s’agit à ce propos d’une figure de style. Pour ma part, je pense que l’évolution de notre société a participé à sa fragilité devant la pandémie. Le monde est devenu un village et très rapidement le virus a ainsi pu y être répandu, ce avant que des barrières efficaces aient pu être érigées. Les systèmes politiques, économiques et éducationnels (sans parler du religieux) ont également contribué à favoriser sa dissémination, principalement dans les milieux les plus défavorisés (structure sémantique qui démontre qu’une forme de favoritisme n’est pas l’autre).

    Je voudrais espérer (mais ne suis pas optimiste à cet égard) que cette pandémie va conduire à repenser nos habitudes et modèles de sociétés, mais je crains que sitôt le virus éradiqué on ne retourne vers des modes de vie assujettis aux profits immédiats, obligeant à toujours croître (ce qui dans un environnement fini ne peut que conduire au clash) plutôt que chercher à vivre dans une situation d’équilibre qui obligerait à repenser beaucoup de choses.

    Mais, et ici je me répète car c’est là aujourd’hui le plus important, je rejoins totalement les conclusions de votre texte : aujourd’hui l’important est l’hygiène des mains et le port le masque, à condition de le porter correctement (pas comme, ainsi que j’ai pu le voir dans un récent reportage télévisé, comme le portait M. Sarkozy, le nez non couvert).

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    1. Merci de ce long commentaire qui est très intéressant. Bien sur, c’est de la sémantique que de prêter de l’intelligence à un virus, néanmoins n’oublions pas que c’est la finalité de toute micro-bestiole infectante que de finir par obtenir la peau de son hôte ! ce n’est pas une intelligence, mais un paradigme.

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