Tant et tant de vocation, tant et tant de pression..

Tant d’années d’études , tant d’abnégation, une longue et permanente motivation pour avoir les bonnes qualifications, obtenir toutes les validations, car faire de la bonne médecine est une vraie vocation et une véritable aspiration.

Puis tant d’inquiétudes sur le choix de la future affectation, sur les si nombreuses obligations, sur la nécessité d’être présent dans toutes les régions avec une bonne répartition.

Tant d’obligations, tant de contraintes dans la convention, tant de cotisations, tant de travail pour connaitre toutes les réglementations et les législations.

Tant de poids de l’administration, tant de papiers, d’attestations, de certifalacons.

La demande d’être toujours en connexion, la télétransmission, l’adhésion à la numérisation et à la téléconsultation.

Tant d’incitations à ne pas faire ce métier pour la rémunération, n’en attendre qu’une faible rétribution.

Tant de nécessité d’adaptation, d’optimisation, d’organisation, de planification , de programmation,  de prestations adaptées au service de la population.

Du parcours de soins assurer l’articulation, pallier tous les manques de coopération.

La nécessité d’une accréditation, d’actualisation de ses connaissances, l’impossibilité d’approximation, de se tromper la permanente appréhension. Toujours avoir les bonnes intuitions, prévoir les bonnes investigations, prescrire les meilleures médications, sans aucune hésitation.

Tant de modernisation, mais pour les patients, pas d’acceptation de la moindre imperfection, ni d’une imprécision, et de fortes pressions, sur la collaboration médecin patient,  et pour la satisfaction à 100% d’une excellente qualité de relation. C’est pour tout médecin une nouvelle obligation : Respecter les traditions tout en étant dans la modernisation.

La médecine est un travail de passion, mais souvent sous pression ou il faut savoir en continu garder sa concentration, répondre à toutes les demandes d’attention, sans prétendre à la distraction.

Le médecin est jugé sur la répercussion de la moindre de ses actions.

Grande est la crainte de l’extrapolation, quand de travers sont prises les allusions et les recommandations, quand il n’y a pas de concession à l’inconditionnelle obligation d’adhésion , d’appropriation, et d’approbation aux problèmes et aux demandes des patients.

Tant de perfection demandée dans la maitrise de la communication, dans la compréhension, dans la constante attention et pour l’argumentation des explications, tout en restant dans la modération, sans jamais de moralisation.

Tant de patients demandent qu’on adopte leur conception, qu’on comprenne  toutes les préoccupations sans attitude de domination, ni de décontraction, ni de dépréciation, ni de déresponsabilisation, ni de désapprobation, et jamais de minimisation.

Tant de demande de compassion, de compréhension, de compromission,  de consolation, de décisions prises en concertation, de co-construction.

Tant de demande d’approbation, d’attention, de considération fait de toute maladresse médicale une agression, dont les réseaux peuvent assurer l’amplification

Tant de précautions attendues , tant d’autorisations exigées, tant de temps de persuasion pour l’auscultation, la palpation, et pour toute exploration avec pénétration susceptible de passer pour une agression.

Le médecin ne doit jamais être dans la négation, doit être dans l’acceptation de toutes les demandes, de toutes les questions, ceci sans aucune intrusion, doit apporter toutes les solutions, accepter toutes les demandes de prescriptions, sinon c’est de la vexation, voire de la discrimination.  Faire aussi de la prévention, de l’éducation, mais sans infantilisation ni vulgarisation.

S’il ne s’y conforme pas en toute acceptation, il doit comprendre l’indignation, les protestations, recevoir et accepter toute dévalorisation, toute réclamation, récrimination,  mauvaise appréciation, et bien sur les condamnations fussent-elles publiques.

Certes, il y a eu quelques acclamations , de petites et brèves ovations,  parfois un peu d’admiration.

C’est passé, et on met sur les médecins la pression : ils ne doivent générer aucune frustration. Tant d’affirmations que toutes les obligations sont justifiées et que les soignants n’ont pour seule solution que la résignation à une entière acceptation.

L’ubérisation de la santé !

Faire du corps médical une sorte de bien de consommation plein d’abnégation servant de trait d’union, capable de surmultiplication et de toutes les acceptations,  pour une faible tarification.

En somme de la prestidigitation

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