Décision de cœur, ou décision de tête ?

Il y a plus de 20 ans, en m’installant, je pensais marcher sur les traces pépères de mes prédécesseurs. Alors, voila ton programme de médecin libéral : Tu t’installes dans un cabinet, au plus loin que tu iras, ce sera pour déménager vers un plus grand local dans le même corps de bâtiment ou la rue voisine. Tu constitueras une solide clientèle, des correspondants que tu connaitras de mieux en mieux au fil des années, et tu te fidéliseras pour tes examens dans une clinique proche, ou on te déroulera le tapis rouge, eu égard aux euros que tu as la bienveillance de rapporter grâce à tes actes techniques si grassement rémunérés.

 

Ce schéma s’est avéré tout à fait improbable !

 

A peu près toutes les cliniques dans lesquelles j’ai eu l’occasion de bosser ont définitivement été englouties dans les recompositions hospitalières. Dont certaines méritaient largement la faillite, avouons le. J’ai déménagé, d’abord, comme prévu, en face, puis dans la ville d’à côté pour m’installer dans une très grosse clinique privée. La mise en place de toutes les contraintes liées aux actes, l’importance des frais inhérents à ceux-ci, m’ont rendu totalement dépendante de la structure. Plus possible de jouer sur la menace d’aller en face… en face, c’est fermé depuis longtemps !

 

Un jour, l’établissement dans lequel je bossais m’a demandé de monter un journal. Normal, durant des années, j’avais été rédac chef d’un petit journal qui marchait bien. Sans me douter de la suite, mais qui pouvait la prévoir, j’acceptai, avec enthousiasme. Ca a été un succès, vraiment, un journal adressé à tous les acteurs médicaux de la région, avec un tirage de plus de 8000 exemplaires. 18 numéros jusqu’à ce que l’établissement déclare forfait pour raison financière en 2008.

 

Si on avait conscience, en acceptant une mission aussi plaisante, que l’on est en fait en train de mettre le doigt dans un engrenage de changement ! Du journal, ou mon travail a convaincu, il n’y avait qu’un pas vers l’embauche dans l’équipe médicale de la direction. A quelques % de temps, puis plus, puis à mi-temps…. Puis…..

 

Et puis demain, je vais me trouver au pied du mur. Rencontre avec la direction. Proposition d’embauche temps plein. En gardant une activité médicale, certes, mais qui serait différente, et salariée, et partagée avec du management… Laisser derrière moi le libéral, et sa liberté, enfin, sa sensation de liberté ? devenir salariée temps plein, un passage qui fait peur, parce qu’a la clé se trouve le spectre d’être alors non seulement assujeti a une autorité, mais aussi potentiellement virable ? Oui ?, non ? Dans chaque colonne , du pour, du contre. Comme toute importante décision, seul l’avenir permettra de confirmer la validité de la direction choisie.

 

Qui sait me dire ce qu’est une « Bonne décision » ?. Celle qui est instinctive (dans ce cas là je dirai plutôt Oui) ou celle qui est réfléchie (dans ce cas, je dirai plutôt Non) ?

 

J’espère que les propositions que l’on me fera vont faire pencher facilement la balance entre la décision de cœur ou celle de tête… pour une prise de choix qui me soit agréable à vivre dans les années à venir, ce qui est en fait mon souhait, et le seul.

5 réflexions sur “Décision de cœur, ou décision de tête ?

  1. Ouh la bonne question que voilà… Je suis et ai toujours été salariée. J’en connais quelques travers : – la soumission à une instance supérieure qui a toujours un veto plus gros que le nôtre quelles que soient notre compétence et l’intelligence de nos propos, – l’instabilité : certes, on peut être licencié mais pour cela il faut un motif (en principe). Et après ? Si l’on a la compétence pour soi, on pourra toujours se refaire plus loin, non ? – et globalement : la perte de l’indépendance que donne le statut de libéral. C’est la question je crois. Votre caractère vous permet-il de savoir vous soumettre sans en souffrir ? Et pour les questions à se poser ? – le but de ce changement : réaliser de belles et nouvelles choses, changer, retrouver du dynamisme dans sa pratique du métier, c’est important surtout lorsqu’on a l’impression d’être arrivé à un niveau qui ne nous apporte que le « confort et l’habitude », – aimer et savoir encaisser le changement, – et éviter de penser au lendemain du lendemain (cela viendra en son temps si cela doit venir). Et pour finir, vous dites « que choisir entre la décision instinctive et la décision réfléchie ». Ne serait-ce cependant pas la même décision puisque instinctivement vous diriez oui mais éprouvez le besoin d’en parler pour affiner ce oui et en faire une décision réfléchie. Dire non d’office : est-ce vraiment une décision réfléchie ? Je ris sous cape car après 10 années de salariat, je rêve d’indépendance libérale… Comme quoi 🙂

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  2. J’ai tendance à penser que le coeur reste le meilleur des conseillers alors que la tête elle se laisse emportée par des tas de considérations qui sont souvent secondaires.. et voire même viciées par la société, le statut social, et autres sentiments pas toujours porté par la vérités mais surtout par nos craintes, peurs du changement, et milles autres encore… Le coeur devrait être plus pur que l’esprit je pense… Bon choix à vous Carole M

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  3. Vous n’avez pas de confrères salariés qui pourraient vous aider à prendre la bonne décision? Se trouvent ils bien ds leur situation de « salarié » ou au contraire rèvent ils de « liberal » …? Il semble que les jeunes médecins préfèreraient une activité salariée….

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    1. Comme vous savez dany, on rêve un peu toujours de ce que l’on n’a pas ! Et chacun pense que c’est mieux chez l’autre Je vais négocier financièrement, et je verrai bien. Si la proposition me permet de gagner en salaire ce que j’ai en libéral, cela va abattre bien des obstacles !!

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