Un psy ? non merci !

Il  Y A un truc que plein de gens ont déjà fait, moi jamais ou presque : voir un psy..


Pour être honnête, il serait faux de dire que je n’ai « jamais » évoqué ma vie avec un psy.  Cet évènement se produisit 2 fois. Après y avoir conduit  mes enfants lors de  moments  difficiles, 2 psy ont, bien entendu, demandé à voir la mère. On s’interroge d’ailleurs: pourquoi est-ce la mère qu’ils veulent rencontrer en premier… Ayant accepté de me plier à la sacro-sainte loi de la faute maternelle, même réaction de la part des 2 praticiens, à l’écoute des heurts et douleurs qui ont jalonné mon enfance ballotée par des familles en discorde et un père gravement malade. Frottage de mains, roucoulements d’aise, position d’ élan. Enfin du lourd, et vierge qui plus est de tout labourage psychologique.


Les 2 me firent aussitôt savoir que mon  cas les intéresserait vivement,  je déclinai poliment leur invitation. Enfin tout de même, la seconde fois, j’eus envie de voir la sensation procurée par une suite,  et osais quelques semaines plus tard une seconde tentative. Quoi, c’est vrai, tant de gens vont chez le psy, et je voulais me convaincre. Finalement, pourquoi pas moi ? Cette démarche, je la conseille bien à certains patients , leur argumentant combien parler est générateur de prise de distance et d’amélioration de leur état psychosomatique.


J’allai donc revoir la seconde psy une seconde fois. A reculons, il faut dire, mais poussée par la raison. Ce fut une véritable Bérézina. Elle me demanda de lui parler de mon père. Dommage, c’est vraiment le seul sujet dont je n’ai aucune envie de parler à quiconque. N’ayant à ce propos aucun bon souvenir, ayant sagement occulté les moins bons,  de longue date j’ai acquis la conviction que ce serait pour moi fortement délétère de remonter à la surface un passé poussiéreux, voire fangeux. Ayant intimé à la psy que non, je ne souhaitais pas disserter de ce sujet, elle comprit aussitôt que ceci constituait une véritable épine irritative que son boulot de jardinier de l’âme consistait à essayer de remuer. Tant et si bien que nous nous fâchâmes de manière définitive en une seule consultation !

Je repartis donc sans avoir évoqué des évènements peut-être porteurs de blocage, mais tellement récents qu’elle n’y voulut pas consacrer d’énergie. Par exemple, le handicap de mon conjoint ne l’intéressait pas. En vrai bonne psy, seule le passé lointain était manifestement d’importance, et il  m’était expressément intimé de cesser de l’occulter. . J’en conclus sans vergogne tout d’abord à la nullité psychologique de cette consultante, et d’autre part à l’effet béton  des  murailles bâties autour de mes souvenirs.


Les murailles emprisonnant les émotions sont elles une solution aux douleurs psychologiques ?.  Le choix de ne pas évoquer le passé et  son empreinte avec  un professionnel est acceptable.  Beaucoup de personnes ont un peu ou beaucoup mal à leurs souvenirs, et tout comme moi, ne sont pas convaincus  qu’en parler est la manière de s’en libérer voire de s’en défaire. La meilleure manière d’avancer est celle qui est la moins douloureuse. Il n’y a ni bonne ni mauvaise méthode, seulement le choix de chacun. Ne pas exhumer ses souvenirs, les tasser bien au fond de son cerveau est une des manières d’aller de l’avant sans se sentir trop freiné par un poids à trainer. Ainsi écrasés dans les recoins de la mémoire, même sans digestion secondaire, les réminiscences du passé sont certes toujours la, brutes, pas décoffrées, mais, bien au fond, elles ne prennent qu’un petit coin, pas toute la place. Un psy ? … non merci ! 

2 réflexions sur “Un psy ? non merci !

  1. Tant mieux pour toi si les souvenirs sont tassés dans un coin et ne prennent pas la place. Ou du moins, tu en es persuadée. Les souvenirs anciens sont là et téléguident des réactions parfois délétères (échecs conjuguax, éducation des enfants, choix d’un métier,..). Pourquoi y amener tes enfants alors? Qui est en train de leur construire leurs souvenirs? Et comment?

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    1. C’est gentil d’évoquer la construction des souvenirs de mes enfants, mais ils sont maintenant adultes ou presque tous, et j’évoque dans ce post des souvenirs datant de plus de 15 ans. Pas de doute qu’ils en ont a trimballer, et d’ailleurs le petit dernier est suivi par une psychologue et cela lui fait du bien; cchacun sa méthode pour avancer, en pratique, probablement aucune méthode n’est meilleure qu’une autre.

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