Le temps du métabolisme psychique.

tourbillon.jpg  On ne s’étonne pas assez de ce que l’on a tous les jours entre les mains.


 De petites choses qui font le quotidien. Un nid douillet, un Noël en  famille. Le temps de la santé.  Quand tout va bien, on se dit que cela va toujours être ainsi.  


 Les biens portants ne s’étonnent pas d’avoir la santé..  Tant qu’elle est sans faille, on en profite, sans y penser. Quand c’est moins bien, on prend patience. Mais le jour où elle n’est plus, commence un voyage dans l’inconnu. Une autre dimension de vie. Le chemin qui mène ou non à la guérison est une perpétuelle attente.


 Les médecins, eux aussi, ne s’étonnent pas de ce qu’ils ont tous les jours entre leurs mains. Des  plateaux techniques performants qui accélèrent les diagnostics, des durées d’hospitalisation raccourcies, de nombreuses  contraintes extérieures qui interfèrent, des décors hospitaliers non hospitaliers mais voués à l’efficience.


 Il est loin le temps ou les étudiants apprenaient par cœur « Redécouvrir l’examen clinique, clé du diagnostic  – Olivier Blétry, XII tomes, disponible dans ma bibliothèque ». Nous vivons une époque de survalorisation des soins techniques. Et de quantification et de traçabilité de toutes les tâches médicales. Face à cette technicité, les malades sont dans une forte demande  relationnelle et psychique.  Il  s’indignent souvent d’être bien traités médicalement mais, de leur point de vue,  maltraités psychiquement .


 Une explication à cette incompréhension mutuelle: Le temps médical n’est pas le temps du métabolisme psychique.


 Le malade apprécie certes les apports de la science, de la technique, des progrès médicaux. Il souhaite être guéri le plus efficacement et le plus rapidement possible. Néanmoins, la faiblesse liée à la maladie survalorise la dimension symbolique de son attente, et exacerbe ses demandes psychiques.

 

 Le médecin met en oeuvre sa médecine technicisée pour apporter la réponse la plus rapide et la plus appropriée à la demande de soins. Sans négliger le psychisme de son patient, quoi qu’en affirment certains, il manque de temps pour approfondir cet aspect du problème, et ne comprend pas que ses routines soient perçues comme des agressions.


 On a tous entre les mains le même temps, il  file et s’enfuie à la même vitesse pour tous. Pourtant, la tolérance au temps est différente selon le point vue duquel on se place. Le temps du malade  n’est pas celui du soignant. Du point de vue des médecins, conscients des contraintes, la qualité du soin prime, et le reste est une « option+ », dont on peut se passer. Du point de vue des patients, qualité médicale et qualité de l’environnement de prise en charge doivent constamment être parallèles.  Les prismes de points de vue sur le temps induisent différentes perceptions du même moment, et génèrent de nombreux orages émotionnels.

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